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mercredi 16 janvier 2019

En vrac du mercredi : climat et numérique

Cette fois-ci, j’ai fait l’effort de séparer les articles en deux sections, les deux sujets qui me taraudent en ce moment : le climat et le numérique. Je vous souhaite une excellente lecture !

En vrac sur le climat

En vrac sur le numérique

[…] la création d’une page Facebook enjoignant à l’Etat d’Alabama de bannir l’alcool (« Dry Alabama »). Cette page a été active à la fin de l’année 2017, au moment où se jouait l’élection pour un siège au Sénat, remportée de justesse par le démocrate Doug Jones face au républicain Roy Moore. Présentant l’alcool comme un ennemi, la page Dry Alabama affichait aussi son soutien à Roy Moore, laissant entendre que ses supporteurs (et donc sa base politique) pouvaient être en faveur d’une limitation de l’alcool au sein de l’Etat. Il s’agissait, en réalité, d’une page tenue par des démocrates, qui espéraient de la sorte démobiliser les électeurs de Roy Moore attachés à la consommation d’alcool

lundi 7 janvier 2019

En guise de vœux 2019

Portrait de Tristan Nitot avec son vélo de nuit

Nous sommes le 7 janvier et je n’ai toujours pas souhaité la bonne année à mes lecteurs… Il est temps que je m’y mette ! Plutôt que vous lister les bonnes résolutions pour 2019, je voudrais vous parler de celles déjà mises en place en 2018…

Comme vous le savez peut-être, après plusieurs années à parler du climat avec une régularité très variable, j’ai décidé de passer à l’action. On peut remercier au passage Nicolas Hulot qui, par sa démission, a su me motiver, combiné au dernier rapport du GIEC.

En 2018 :

  • J’ai changé mes habitudes alimentaires :
    • j’ai limité au maximum ma consommation de boeuf ;
    • Je mange végétarien presque tous les midis : j’ai trouvé un traiteur italien qui fait des salades (base pate ou salade suivant la saison) avec des ingrédients au choix.
  • Je limite au maximum l’utilisation de plastique jetable :
    • J’utilise une gourde à la place des verres en plastique et des bouteilles en plastique ;
    • je ne prendre plus de boissons à emporter le midi ;
    • Je limite au maximum les déjeuners à emporter et je mange sur place, ça limite l’utilisation de récipients et couverts jetables ;
  • J’ai pris des décisions en ce qui concerne mes transports :
    • J’ai décidé de ne plus prendre l’avion pour partir en vacances en 2019[1] ;
    • Je prends le train autant que possible pour le boulot (Nice et Toulouse : aussi jolies que vous soyez, vous m’êtes pénibles à privilégier l’avion !)
    • Je n’utilise quasiment jamais de véhicules thermiques (moto, voiture) pour aller au boulot, sauf cas de force majeur ;
    • Je suis devenu un fier vélotafeur[2].
    • Je pratique toujours l’éco-conduite, ça limite grandement ma consommation d’essence ;
    • Coté moto, j’ai ressenti un fort désintérêt pour la moto, jusqu’alors passion dévorante. J’ai revendu ma Harley au printemps. Je traine toujours les stigmates de ma collectionnite et j’ai donc toujours quelques vieilles bécanes au garage, mais la plus grosse est un modeste 650cc qui a 14 ans, et c’est aussi bien comme ça.
  • J’ai décidé de me documenter (ça se voit dans mes billets En Vrac) pour mieux comprendre le changement climatique, les moyens d’action, etc. et pouvoir en parler autour de moi :
    • J’ai changé les comptes Twitter que je suis : plus de vélotafeurs, moins d’emmerdeurs et moins de gens qui abordent les sujets qui me lassent[3] ;
    • J’écoute plus de podcasts sur l’environnement ;
    • J’achète et je lis plus de livres sur le changement climatique.
    • J’ai arrêté d’acheter des magazines de moto. À la place ce sont des magazines de vélo !

Pour 2019, je vais continuer dans cette direction. Et vous ? Vous avez des choses que vous comptez mettre en place ou que vous me suggérez ?

Notes

[1] Pour le boulot, ça va être beaucoup plus compliqué :-/

[2] Personne allant au travail à vélo.

[3] Si je ne vous suis plus, ne le prenez pas personnellement, vous faites sûrement partie de la 2eme catégorie ;-)

lundi 31 décembre 2018

En vrac de fin d'année

Environnement

La longue descente aux enfers de Facebook

Autres articles intéressants

Et meilleurs vœux pour 2019 !

vendredi 7 décembre 2018

Gilets jaunes, Facebook et le populisme

Les gilets jaunes manifestent à Avignon par Sébastien Huette — licence CC-BY-NC-ND

Ces derniers jours, j’ai parlé de 3 articles passionnants pris séparément. Mais pris ensemble, mis en perspectives, ils sont encore meilleurs et démontrent à quel point Facebook est devenu un élément détonnant dans un contexte explosif. Les voici :

  1. « Gilets jaunes » : un cas d’école de la polarisation du débat public ;
  2. « C’est comme ça qu’on s’informe » : au sein des « gilets jaunes », Facebook plutôt que le « système » médiatique.
  3. Après avoir Liké, les gilets jaunes vont-ils voter ? ;

De chacun de ces articles, je tire une idée (pas forcément la plus centrale de l’article). Les voici, dans le même ordre :

  1. Plusieurs facteurs dans le débat sur les gilets jaunes font qu’il y a polarisation comme jamais auparavant. Les politiques font des petites phrases, les sites parodiques balancent des énormités, les gens sur Facebook relayent tout ce qui va dans leur sens (biais de confirmation) sans trop soucier de vérité, la presse ne parle que des manifs qui dégénèrent et enfin Facebook affiche les articles le plus susceptibles de créer de l’engagement (comprendre : faire réagir le lecteur en bien ou en mal) ;
  2. Les gilets jaunes, rejetant les médias traditionnels, ont tendance à s’informer sur Facebook, quitte à s’abreuver de fausses nouvelles. C’est un peu comme le téléphone arabe de notre enfance, sauf qu’en plus chacun est en colère (ça amplifie les déformations) et que le média (Facebook) favorise les messages les plus outranciers, peu importe qu’ils soient faux.
  3. Facebook sait précisément, nommément, qui a lu, liké, partagé, commenté (en bien ou en mal) des messages et vidéos sur les gilets jaunes. Facebook propose des catégories publicitaires automatiques extrêmement fines. C’est ainsi que la firme de Mark Zuckerberg et de Sheryl Sandberg a vendu (sans le réaliser) de la publicité ciblant des gens “détestant les juifs”. Facebook reconnait avoir été utilisé par les russes pendant l’élection présidentielles américaine de 2016. Et ça a recommencé en 2018.

On peut très bien imaginer lors de prochaines élections en France, une campagne d’intoxication médiatique visant les supporters des gilets jaunes et financée par un pays étranger voulant déstabiliser la France (rappelons le soutien de Poutine à l’extrême-droite en France et aux USA). Facebook dispose de tous les ingrédients nécessaires :

  1. Audience : Facebook est déjà utilisé par cette population ;
  2. Intimité : Facebook sait tout des opinions de chacun des utilisateurs ;
  3. Polarisation : Facebook est incité à mettre en avant les contenus les plus outranciers, qu’ils soient vrais ou faux ;
  4. Ciblage : Facebook permet de cibler les gens très finement en fonction de leurs opinions ;
  5. Finances : Facebook a une forte incitation financière à le faire : son business model qui le pousse dans ce sens-là.

Tout est en place pour rendre “intéressantes” les prochaines élections en France. Voilà qui n’est guère rassurant pour l’avenir. En substance, tous les ingrédients pour un Cambridge Analytica français sur base de gilets jaunes sont présents.

Mises à jour

  1. Voici un dessin de Marc Dubuisson sur la radicalisation via Facebook fort à propos, comme souvent.
  2. Olivier Ertzscheid (auteur de l’article #3 ci-dessus) explique à la Tribune de Genève comment Facebook “survalorise des sentiments d’injustice”. Il ajoute : « Facebook est un outil formidable pour favoriser l’émergence et l’évolution des mouvements, mais il rend les conditions de la victoire impossible, puisque son intérêt n’est pas que la révolution aboutisse, mais que la machine à revendications tourne à plein régime. Son algorithme va constamment jeter de l’huile sur le feu, pour entretenir cette interaction permanente qui construit le modèle économique de Facebook. » ;
  3. Sur Twitter, où on peut remarquer que sur les 600 comptes qui relayent les vues du Kremlin, le hashtag #GiletsJaunes est le plus actif. Voir aussi Russian accounts fuel French outrage online et « Gilets jaunes » : les autorités enquêtent sur de faux comptes Internet.

mardi 20 novembre 2018

Le naufrage moral de Facebook

C’est le nouveau scandale Facebook : comment les patrons du réseau social ont tout fait pour ne pas porter le chapeau suite aux multiples scandales dans lesquels la firme était impliquée. Le New York Times balance, et ça fait mal !

  • Nier puis cacher l’utilisation par la Russie de Facebook en vue d’influencer la présidentielle américaine de 2016 avant de la minimiser ;
  • Refuser d’adresser la situation au Myanmar qui a mené au génocide des Rohingyas (l’ONU parle de “dizaines de milliers d’individus tués, violés ou agressés”) ;
  • Tenter de minimiser l’affaire Cambridge Analytica (ça n’a pas marché !) ;
  • Embaucher une agence de communication aux pratiques douteuses, Definers, en vue de dire du mal des concurrents pour dévier l’attention de Facebook, quitte à publier des mensonges. Definers a aussi accusé George Soros d’attaquer Facebook ;
  • Faire du lobbying de façon à ce que les concurrents Google et Twitter soient aussi entendus au Sénat de façon à ce que Facebook soit plus noyé dans la masse.

Parallèlement à cela, je tombe sur un article dont le titre est Facebook propose aux publicitaires de cibler les utilisateurs croyant au « génocide blanc ». Ca me rappelle quelque chose, je fais des recherches (dans Qwant !) et je retombe sur cet article de ProPublica de septembre 2017 : Facebook a permis à des annonceurs publicitaires de cibler des gens détestant les juifs (et aussi des gens voulant savoir “comment bruler des juifs”, entre autres). Très embarrassés par ces faits, les dirigeants de Facebook ont “promis de mieux surveiller la chose”. Tu parles Charles ! 14 mois après avoir fait des promesses, ils recommencent la même erreur et continuent à s’enrichir en vendant de la pub aux gens ciblant des racistes. Les mots me manquent.

Il faut dire que l’année a été compliquée pour Mark Zuckerberg, alors qu’en début d’année, il présente ses vœux et annonce que 2018 sera l’année où il mettra toute son énergie pour “réparer Facebook”. Quelques semaines plus tard, le scandale Cambridge Analytica éclate.

On peut envisager que Facebook, malgré ses moyens financiers démesurés, n’ait pas de temps à consacrer à modérer la publicité raciste et conspirationniste parce que trop occupé par les élections Midterm aux USA. Soit.

Et pourtant… le journal Vice a pu passer de la publicité électorale marquée comme approuvée par des candidats (comme Mike Pence pourtant pas au courant) et même… au nom de l’organisation Etat Islamique !

Vous imaginez le scandale qu’on aurait eu si de la publicité pour un candidat français passait sur les réseaux sociaux avec la bandeau “publicité approuvée par Daech” ? C’est pourtant exactement ce qui s’est passé sur Facebook aux USA.

Et pourtant, c’est le réseau social le plus important au monde, et on leur laisse gérer les communications entre plus de deux milliards d’êtres humains. Les bras m’en tombent.

Mise à jour :

Voici de quoi on parle avec les publicités… Une publicité proposée par un utilisateur nommé “Ratatouille pour le Sénat”, censé être approuvé par le candidat “Etat Islamique” (qui n’a pas approuvé la pub et n’est d’ailleurs pas un candidat), avec une image en plus tout à fait consternante (publicité créée par les russes pour influencer les élections américaines). Le WTF est total !

pub facebook pretendument sponsorisee par Daech.jpeg

Nouvelle mise à jour :

Le Washington Post publie une longue liste des fois où Mark Zuckerberg, patron de Facebook, a présenté ses excuses suite à des horreurs commises par son entreprises, jurant qu’on ne l’y reprendrait plus… avant de recommencer ! 14 years of Mark Zuckerberg saying sorry, not sorry.

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