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Tristan Nitot sur les standards du Web, les navigateurs et la technologie

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jeudi 26 août 2010

De Mac vers Windows

Ceux qui suivent mon fil Twitter savent que je viens de changer de système d'exploitation sur ma machine principale, quittant Mac OS 10.6 en faveur de Windows 7[1]. Je vous explique pourquoi tout de suite : il y a à mon goût beaucoup trop de Mac au bureau, et il est important que plus de gens chez Mozilla utilisent Windows sur leur machine principale, histoire de voir ce que vivent vraiment plus de 90% de nos utilisateurs. Croyant au management par l'exemple, j'ai décidé de passer à Windows, après 1 an de Linux puis 5 ans de Mac en tant que machine principale. Oui, j'ai décidé de faire preuve d'abnégation ;-)

Dans les jours et mois à venir, je compte partager mon expérience sur le sujet et même, demander votre aide, si besoin est. Le sujet étant particulièrement générateur de troll et de guerres de religion, je vous demande la plus grande courtoisie dans les commentaires !

Notes

[1] Qu'on se rassure, j'ai toujours mon mon Netbook sous GNU/Linux...

vendredi 20 août 2010

Video+html5+Popcorn.js=hyper-video

You may have seen that Brett Gaylor is joining Mozilla (see also Mark Surman's post). For those who don't know Brett, he's particularly famous for his "Open Source documentary" Rip! A remix Manifesto[1].

One may ask why Mozilla has hired a film director[2], but it actually makes a lot of sense thanks to Mozilla Drumbeat, as Brett is working on a Drumbeat project called Web made movies.

Now Brett has been a Mozilla community member for quite some time, contributing with the good folks at CDOT / Seneca College to create popcorn.js, "a JavaScript library for merging video with semantic data". I understand that this is a bit of a mouthful, but don't close your browser window just yet! Popcorn.js is what I would describe as "hyper-video" ("hyper" as in "hypertext"): the ability to leverage data from the video and link to it, Web style. Such data include:

  • location. Where on earth was this video sequence made? Then display it on an interactive map
  • subtitles. What is being said on the soundtrack. Display it as text, and offer to translate it into the foreign language of your choice using an online translation service
  • license. Under which license is this video sequence made available? (Copyright, Creative Commons, etc.)
  • person. Who's on the screen? If we know, then link to his/her Twitter and Flickr streams in real time
  • topic. What is being discussed? Then link to the corresponding article in Wikipedia and in the news.

Screenshot of the demo

Go and see for yourself the PopCorn.js demo (in case you're stuck with an older browser that is not capable of running the demo, here is a video of the demo).

I think this is a very significant step further for video on the Web, which was until now a very TV-like, passive and linear approach, now merged with the hypertext nature of the Web (its ability to link to things in other places), so that users can click on links in order to learn more. Of course, this is just a demo. Tons of things need to be done, but I see this as a very cool way to show what HTML5 and its video element, combined with the power of JavaScript and mash-ups.

Notes

[1] I can't say how strongly I recommend watching this movie, starting with its trailer.

[2] It's actually the second one, as Henrik Moltke, co-author of Good copy, bad copy, is already working at Mozilla... on Drumbeat!

mercredi 26 mai 2010

À propos de l'iPad

L'iPad, nouveau Minitel 2.0

Il y a trois semaines, j'ai acheté un iPad pour le bureau. Trois semaines à le faire passer de main en main, à discuter de la chose, de ce qu'on aime ou qu'on déteste... La liste est longue, car le moins que l'on puisse dire, c'est que la machine ne laisse pas indifférent ! Je vais dans un premier temps parler de l'utilisation de l'iPad, et je compte parler des dangers de la politique d'Apple dans un prochain billet, qui risque fort d'être moins flatteur.

La première impression de l'iPad est positive pour à peu près tout le monde. J'ai l'exemple d'une amie qui commençait à en dire du mal de peur que son mari ne veuille en acheter un, et puis qui est tombée sous le charme... L'objet est beau. Apple sait s'y prendre pour susciter l'envie des consommateurs ! Quelques applications toutes simples d'utilisation démontrent la puissance de l'interface utilisateur : Photos, Plans et Safari sont un bonheur à utiliser et font une forte première impression. On perçoit le potentiel d'une interaction tactile avec l'ordinateur, surtout pour les utilisateurs les plus âgés. Tout parait simple !

Pourtant, sur une longue durée, les sources de frustrations se font nombreuses, et elles rendent très frustrante l'utilisation sérieuse de l'iPad. Par exemple, il n'y a pas de gestionnaire de mots de passe dans Safari (ou s'il y en a un, je n'ai pas réussi à m'en servir). Du coup, impossible de se connecter à des applications Web professionnelles avec le même niveau de confort qu'un Netbook. La saisie de texte dans l'application Notes (non, pas Lotus Notes !) nécessite un nouvel apprentissage. La saisie est certes rapide, mais si vos fautes d'orthographe ne sont pas corrigées à la volée par l'application, on se retrouve à devoir faire de l'édition avec un outil très rudimentaire, donc très frustrant. La saisie des accents est difficile (ils ne sont pas visibles sur le clavier tactile, il faut donc laisser le doigt appuyé pour faire apparaitre une "pop-up") et déplacer le curseur au doigt est pénible et lent. La saisie de texte est pourtant moins pénible qu'on aurait pu le croire au départ. La preuve, ce billet est saisi sur l'iPad !

Aucun doute, la machine fait preuve d'un WOW factor d'autant plus fort que les gens à qui je la montre en ont entendu parler mais n'en ont jamais vu "en vrai". Mais une fois passé cette étape, est-ce vraiment un outil qui peut remplacer un ordinateur portable, un Netbook ou un e-book ?

Probablement pas. Pour moi, l'iPad vient se glisser entre Netbook et e-book, sans avoir l'avantage de ces deux catégories.

Ça n'est pas un ordinateur[1], c'est un bel outil de consommation de contenu, sans pour autant offrir le confort de lecture d'un e-book comme le Kindle d'Amazon. Par contre, la lecture vidéo, l'affichage des photos et de contenu interactif (cartes, pages Web) est assez fascinant.

Au final, je dirais que l'iPad est un outil impressionnant au premier abord par sa facilité d'apprentissage, surtout pour ceux qui ont déjà eu un iPhone entre les mains. Pourtant, à l'usage, on sent bien que le produit n'est pas vraiment fini, car on bute trop souvent sur ses limitations. Il est très probable qu'une version prochaine du système d'exploitation résoudra une partie des ces problèmes, mais je doute que tous seront résolus, car la volonté d'ultra-simplicité fait que l'ajout de fonctionnalités ressemble à autant de verrues (ceux qui ont vu arriver le copier/coller sur l'iPhone comprendront de quoi je parle)...

Conclusion

Damien Douani déclare sur Twitter

je joue avec mon iPad depuis 1 mois, j'encourage les autres à faire la queue vendredi pour obtenir ce magnifique objet pour geeks.

J'ai une opinion très différente sur l'iPad, qui vient du fait que Damien et moi avons une définition différente de geek. Si un geek, c'est quelqu'un qui est dans l'accumulation des derniers gadgets pour le plaisir, alors oui, il faut acheter un iPad. C'est d'autant plus vrai si c'est pour consommer du contenu (vidéos, applications vendues exclusivement sur l'AppStore, consultation de pages Web, utilisation en tant que cadre photo).

Si au contraire vous voulez acheter un outil utile pour remplacer un Netbook et produire du contenu, être productif et multi-taches, créatif et innovant, alors l'iPad n'est pas pour vous, comme il n'est pas pour moi. J'ai du plaisir, comme tout le monde à vivre un instant dans le futur, mais je sens bien que cet objet n'est pas fait pour moi, et son manque totale de bidouillabilité n'est qu'une des raisons, même si ça n'est pas la dernière. Si vous êtes comme moi, débrouillez-vous pour taxer un iPad à un pote, ça vous économisera 500 ou 600 Euros pour un joli device à l'obsolescence programmée (il sera remplacé par un modèle plus abouti dans moins de 18 mois) et à la batterie non rechargeable remplaçable.[2]

Alors, pour ou contre ?

Limitations de l'iPad

  • Plantages fréquents de l'application photo lors de manipulations de photos en haute résolution (21 Mpix dans mon cas)
  • nécessité de le connecter à un ordinateur "maître" pour beaucoup de choses
  • pas de multi-taches pour l'instant, ce qui est probablement un atout pour les seniors et les personnes peu habituées aux ordinateurs
  • les opérations d'édition de texte (sélection, copier/coller, déplacement dans le texte) sont fastidieux
  • les traces de doigts sur l'écran sont très visibles et ça gâche l'esthétique du gadget
  • le poids de l'iPad est trop élevé, ce qui le rend fatigant à la longue
  • la forme de la coque fait que l'étui de protection Apple — qui permet d'incliner l'iPad - est presque indispensable
  • à l'usage, on sent que le système manque de maturité, ce qui n'est pas surprenant.
  • je n'ai pas encore compris à qui cette machine se destine. Probablement pas à moi, en tous cas... Les seniors, les enfants, sûrement...
  • on ne peut pas développer sur cette machine, et c'est regrettable. Si les ordinateurs des années 80 avaient eu ce défaut, s'ils avaient été aussi fermés, on n'aurait jamais eu les informaticiens d'aujourd'hui, de Richard Stallman à Bill Gates, de Linus Torvalds à Valentin Lacambre. (J'ai prévu de parler ce ceci dans un prochain billet).
  • Les applications iPhone peuvent tourner sur l'iPad, mais c'est soi très frustrant (car c'est réservé à un tout petit bout de l'écran), soit ça donne la migraine (car tout est flou). On peut espérer que les applications seront mises à jour pour bénéficier de l'iPad et devenir vraiment utilisables.

Les points positifs

  • c'est beau et rapide !
  • on a un peu l'impression d'utiliser l'ordinateur du futur
  • l'autonomie est excellente (8 ou 10h, je ne suis jamais allé jusqu'au bout)
  • c'est suffisamment simple pour les gens qui ne se font pas à l'ordinateur (jeunes enfants, seniors)
  • Ca va vous faire passer encore plus de temps dans votre canapé, vautré à consommer du contenu abrutissant. Ah zut, j'avais dit que je faisais un billet équilibré ! Ca va "révolutionner la consommation de contenu dans votre salon"

Notes

[1] Techniquement, c'en est un, mais le logiciel qui tourne dessus fait qu'il n'est pas possible de l'utiliser comme tel.

[2] Je me demande si au fond, ce que vend Steve Jobs, c'est pas une preuve (très temporaire) de coolness, comme certains fabricants d'automobiles vendent des 4x4 "statutaires" qui prétendent démontrer votre réussite sociale.

jeudi 15 avril 2010

En vrac

lundi 22 février 2010

Ecran de choix du navigateur : à vous de jouer !

Suite à l'accord entre la Commission Européenne et Microsoft intervenu en décembre dernier (pour plainte déposée par Opera), les utilisateurs de Windows (Seven, Vista et XP) vont se voir proposer dans les semaines à venir l'écran suivant :

Ecran de choix du navigateur

Ecran de choix des navigateurs pour Windows

C'est un événement important dans l'histoire du Web en Europe. Pour la première fois, près de 190 millions d'Européens vont devoir choisir leur navigateur. Mais on sait à quel point beaucoup d'utilisateurs ont du mal à cerner ce qu'est un navigateur. Nombre de fois, j'ai posé la question autour de moi : "quel navigateur utilisez-vous ?". Trop souvent, j'ai entendu "Orange" ou "Google". Alors, pour éviter que l'écran de choix ne se transforme en concours de beauté d'icône de navigateur, il faut sensibiliser les gens à l'importance du choix d'un navigateur, de leur navigateur.

À cet effet, mes collègues Mitchell Baker et John Lilly publient sur un site dédié — Open to Choice — une lettre ouverte.

Ici, je vous demande de parler autour de vous de l'importance du navigateur pour chacun. Souvenez-vous que le navigateur, c'est l'interface entre nous et notre vie en ligne. De sa sécurité, de sa fiabilité, de son respect de la vitre privée, de sa capacité à être personnalisé dépendent notre vie en ligne.

Parlez de l'importance du choix du navigateur. Dans la vraie vie, sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Identi.ca), sur vos blogs, expliquez pourquoi ce choix — que l'on n'avait plus il y a encore quelques années, avant la sortie de Firefox — est très important. Je ne vous demande pas d'articles élogieux sur Firefox ou sur tel ou tel autre navigateur. Mais j'aimerais voir des articles qui pourraient par exemple aborder les sujets suivants :

  • l'importance du choix pour chacun de nous
  • l'impact de l'état du marché des navigateurs sur le développement du Web
  • comment les standards ouverts et le logiciel Libre bénéficient au développement du Web
  • le futur du Web
  • l'impact du Web sur la création, l'innovation et la démocratie.

J'ai déjà écrit personnellement à quelques contacts francophones, en espérant qu'ils participeront à cette discussion importante, qui prend place à un moment particulier de l'histoire du Web.

Je compte sur vous pour qu'on sorte nos contemporains de l'apathie et du status-quo issu du monopole d'un certain navigateur obsolète. les futurs possibles de notre vie en ligne en dépendent.

D'avance, merci.

Quelques liens, pour plus de contexte

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