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Tristan Nitot sur les standards du Web, les navigateurs et la technologie

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mercredi 5 octobre 2011

L'Île aux Fleurs

L'ami Karl vient de me faire passer l'URL d'un documentaire de 12 minutes totalement incroyable et hautement WTF que je recommande donc chaudement. Il s'appelle L’Île aux Fleurs, il est brésilien et date de 1989. Oui, je sais, recommander un documentaire brésilien vieux de 22 ans peut paraître absurde. Attendez donc de l'avoir vu pour mieux comprendre ce qu'absurde veut dire !

vendredi 7 janvier 2011

Répartition des richesses

Je viens de tomber sur cet article, Americans Are Horribly Misinformed About Who Has Money (les américains sont horriblement mal informés sur qui a de l'argent"), rédigé sur la base d'un rapport intitulé Building a Better America, one percentile at a time (extrait, format PDF).

Imaginez qu'on trie la population américaine par ordre décroissant de fortune personnelle. Ensuite, on découpe le résultat en 5 morceaux de taille égale (des quintiles). 1er quintile = Les 20% les plus riches, 2eme quintile = ceux entre 20 et 40% (donc les riches), 3eme quintile = ceux entre 40 et 60% (classe moyenne), 4eme quintile = ceux entre 60% et 80% et enfin ceux entre 80% et 100% (les très pauvres).

Regardez le graphe. La barre du haut (nommée Actual) représente la fortune cumulée des différents quintiles. En bleu, on voit que les 20% les plus riches possèdent à eux seuls 84% de la fortune américaine. En rouge, les riches ne possèdent que 11% de la richesse du pays. La classe moyenne, au total, ne possède que 4% (en vert). Les moins riches et les très pauvres représentent tellement peu qu'ils sont invisibles sur le graphe (respectivement 0,4 et 0,1% de la richesse, donc 40% des américains les plus pauvres ne possèdent tous ensemble que 0,5% de la richesse américaine !). Cette première barre (Actual) représente la réalité économique telle qu'on a pu la mesurer.

Répartition des richesses aux USA

La 2eme barre (Estimated) est la répartition telle qu'elle est imaginée par les américains suite à un sondage. On voit qu'ils savent que les très riches sont effectivement très riches, mais ils surestiment incroyablement la richesse des 40% les plus pauvres. Ils estiment en effet que les 40% les plus pauvres possèdent ensemble 9% des richesse, alors qu'il ne s'agit que 0,5%, soit une erreur d'un facteur 18 !

Ensuite, on demande aux gens (pour la barre Ideal) ce qu'ils pensent d'une répartition dans un monde idéal. C'est la répartition souhaitée. Il faudrait - pour respecter la notion de "rêve américain" - que les gens qui travaillent dur soient récompensés pour leurs efforts. Les 20% les plus riches devraient donc posséder 33% des richesses, alors que 20% des plus pauvres ne devraient en posséder que 11%. Ainsi, on voit que les pauvres sont 100 fois plus pauvres en réalité que dans un monde idéal...

J'aimerais beaucoup avoir ce genre de rapport pour d'autres pays du monde, la France en tête. Quelqu'un sait si ça a été fait ?

Mise à jour :8

Merci à Merome, qui a laisse en commentaires d'excellentes sources d'info sur le sujet, en français, sur la situation française, issues du site de l'Observatoire des inégalités :

lundi 21 décembre 2009

Pendant le carnage, les ventes continuent

Fumer tue

Fumer tue

Alors que je n'arrivais pas à dormir cette nuit, je suis tombé sur un article fascinant qui recense les pires débâcles de la décennie en terme de relations publiques. Sur les 15 recensés, beaucoup sont drôles, mais en voici trois qui sont dramatiques, et qui démontrent à quel point certaines entreprises peuvent faire preuve de cynisme :

2010, c'est dans 10 jours, et cela signifie un changement de décennie. Je pense que les désastres vont continuer, mais leur nature va changer, avec l'arrivée d'au moins deux type de mensonges d'entreprises qui pousseront les consommateurs à rejeter des grandes marques :

  1. Le Greenwashing (tendance à présenter comme écolo un service ou un produit alors qu'il ne l'est pas du tout) ne sera plus toléré par les utilisateurs. La prise de conscience (encore trop limitée à mon goût) du problème écologique va faire que les consommateurs ne vont plus se laisser baratiner par les marques. Aujourd'hui, la démarche écologique des marques se trouve essentiellement au niveau de la communication, plus qu'au niveau de la production. Cela n'est pas sans rappeler ces publicités anciennes qui nous feraient hurler de stupéfaction si elles étaient publiées aujourd'hui, par exemple Camel, la cigarette préférée des médecins ou "Coca pour les enfants : il n'est jamais trop tôt pour commencer" Si, elles ont existé.
  2. Le respect de la vie privée par les services en ligne. Aujourd'hui, on se jette à corps perdu dans les services en ligne, moteurs de recherche et les réseaux sociaux sans mesurer les dangers de ces outils en terme de vie privée. On confie nos données au Cloud sans savoir comment on va pouvoir les récupérer, les effacer, les déplacer.

Je pense que la décennie 2010-2020 va révéler les premiers scandales sur ces sujets. Si tout le monde est conscient des enjeux sur l'écologie, il va falloir encore du temps pour mieux cerner ceux sur la vie privée. Quoi qu'il en soit, nous, consommateurs, seront en première ligne en tant que victimes de ce cynisme d'entreprise. Mais ne dit-on pas qu'un consommateur averti en vaut deux ?

edm08j15 Edmonton Car Accident, Scona Road 2008

edm08j15 Edmonton Car Accident, Scona Road 2008 par CanadaGood, utilisé sous licence Creative Commons CC-BY-NC-ND.

Quelques notes sur la culture et Internet

Vendredi soir, je participais à un débat à la mairie du 13° arrondissement initulé Monétisation des cultures libres, entre éthique et modèle économique ?. C'était passionnant. Voici quelques notes prises à cette occasion. C'est sans queue ni tête, je le reconnais bien volontiers, mais j'avais tout de même envie de partager.

  • Internet change radicalement les règles du jeu de la diffusion de l'information et des oeuvres :
    • Internet est une formidable machine à dupliquer à coût quasiment nul (quand vous demandez à consulter une page Wikipedia, on vous envoie une copie. Instantanément. Gratuitement ou presque[1]).
    • Ca donne une économie de l'abondance, là où on était avant dans une économie de la rareté
    • Nous sommes à une période charnière, là où les anciens s'accrochent à leurs fauteuils et n'arrivent pas (ou ne veulent pas) comprendre les changements apportés par le réseau.
  • Les anciens ont l'argent, le pouvoir, l'oreille des politiques (et une façon de voir qui est chaque jour plus challengée) :
    • Ils tentent de rétablir dans le monde des idées la rareté qu'ils ont connue dans le monde ancien
    • Les anciens, l'industrie des divertissements de masse n'ont pas vocation à faire vivre la culture. Ils ont vocation à choisir la poignée d'artiste qui vont rapporter beaucoup et surtout ne rien donner à tous les autres.
  • Les artistes doivent pouvoir vivre de leur art. Devenir millionnaire sera bien plus dur dans le monde de l'abondance numérique.
  • La technologie aidant, associée à l'augmentation du temps dédié aux hobbies donne naissance au mouvement Pro Am (les amateurs de niveau professionnel) qui peuvent produire gratuitement des œuvres de niveau professionnel
    • logiciels libres
    • photographie
    • œuvres musicales (home studio) ou autres (cinéma, courts métrages… l'exemple du moment, c'est Paranormal activity, tourné pour 15'000$ US et qui en a rapporté 100 millions)
  • La reconnaissance et la réputation sont le moteur des Pro-Ams (amateurs qui ont une production de niveau professionnel). Ils veulent partager, et peuvent le faire gratuitement, à condition de trouver de la reconnaissance.
  • Les licences Creative Commons redonnent le pouvoir aux artistes en leur permettant simplement de distribuer les œuvres suivant leurs conditions, sans avoir à faire à des juristes.
    • La clause "Non-Commerciale" permet de jouer sur les deux tableaux. Gratuité pour permettre le partage, mais possibilité de toucher une rémunération dans un cadre commercial (publicité, par exemple).
    • L'artiste a une palette de solutions juridiques pour décider comment partager, depuis le copyright intégral jusqu'à la licence CC-Attribution.
  • La valeur d'un bien culturel n'est pas que financière, mais surtout sociale (au grand dam de l'industrie des biens culturels qui voudrait nous faire croire que si ça ne rapporte pas énormément d'argent, ça ne vaut rien).
    • La musique, les histoires, l'art en général ont une fonction sociale essentielle.
  • Les produits dérivés (concerts) en tant que rémunération d'œuvres distribuées gratuitement.
    • Mais attention : ça rémunère les interprètes, pas les auteurs et compositeurs !
  • Idée de service payant, mise en œuvre par Jamendo : faciliter l'accès à du contenu gratuit sans prendre de risques juridiques.

Voilà, c'est très en vrac, je le reconnais. Peut-on faire quelque chose de tout cela ? C'est sûrement la base pour un paquet de billets futurs !

Notes

[1] Cout d'hébergement coté serveur réduit mais à couvrir par des dons et coût d'acheminement couvert par l'abonnement ADSL.

vendredi 24 juillet 2009

La rareté dans un monde où les copies sont gratuites

Je suis tombé sur un billet passionnant : The customer is the scarcity. Ce qui est intéressant dans ce billet, ça n'est pas tant le contenu que le titre ("c'est le client qui est rare", pas ce qu'on cherche à lui vendre) et les liens vers d'autres articles sur ce sujet, qui répondent en partie à mon précédent billet dans cette catégorie, * Economie des idées et rareté. Voici les articles (en anglais, malheureusement) qui abordent directement ou pas ce sujet :

Si vous avez une suggestion de lecture sur ce sujet, je suis preneur dans les commentaires. J'ai déjà lu et adoré Cause Commune, de Philippe Aigrain (il faut que je le relise, d'ailleurs).

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