jeudi 31 décembre 2015

En vrac de fin d'année

2015 se termine ce soir, et c’est tant mieux. En attendant, quelques liens pour avoir de la lecture pendant ce week-end prolongé.

  • Accusé d’optimisation fiscale, Apple dénonce des « foutaises ». La situation d’Apple est très étonnante. Elle dispose 187 milliards de dollars de trésorerie hors des USA (oui, vous avez bien lu). Mais comme cet argent n’est pas aux USA, Apple est réduite à emprunter de l’argent (américain) pour rémunérer ses actionnaires. Elle a beau avoir plus de 200 milliards de cash en tout (dont 90% en dehors des frontières US), elle a dû emprunter environ 50 milliards. Bien sûr, Apple pourra rapatrier l’argent aux US, mais elle trouve que le taux d’imposition sur les sociétés est trop elevé. En effet, Apple ne paye que 2,3% d’impôts à l’étranger, il lui faudrait donc s’acquitter de 32,7% d’impôts; et ça, Apple ne le veut pas. Source : Citizens for Tax Justice ;
  • Quelques jours plus tard, on apprend qu’Apple consentirait à régler une ardoise de 318 millions d’euros au fisc italien. On notera que ça ne représente qu’une partie (36,2%) ce que réclamait le fisc italien (879 millions d’euros).
  • À la conférence 32C3, @Taziden (FDN) et Adrienne Charmet (La Quadrature) ont fait une présentation en anglais intitulée “One year of securitarian drift in France” / “Un an de dérive sécuritaire en France”.
  • Edward Snowden, ‘celui qui s’en est sorti’, un portrait par Jérémie Zimmermann ;
  • Dénonciation par les voisins ;
  • L’Inde suspend le service Internet gratuit de Facebook, et c’est bien, même si c’est contre-intuitif ;
  • How the Internet of Things Limits Consumer Choice, où l’excellent Bruce Schneier revient sur le scandale autour de Hue, le système d’ampoules de couleur intelligentes de Philips. Dans l’Internet des Objets qui est en train d’être inventé, à quoi vont nous mener les méthodes lamentables des constructeurs qui veulent nous forcer à utiliser seulement les systèmes qu’ils commercialisent, aux dépends de leurs concurrents ?
  • Dans la même veine : How the Internet of Things Got Hacked ;
  • Etat d’urgence : des juges administratifs appellent à la prudence. Les juges administratifs, qui à l’occasion de l’état d’urgence, se retrouvent avec plus de cas à traiter, mettent en garde : « l’équilibre entre ordre public et libertés publiques se déplace. Et nous nous retrouvons, juges administratifs, dotés d’une responsabilité accrue sans avoir véritablement les moyens de l’assumer. C’est pourquoi il nous paraît extrêmement dangereux de constitutionnaliser hâtivement l’état d’urgence, sans avoir préalablement tiré pleinement les leçons de cette première expérience, en termes de dangers pour les libertés comme d’efficacité pour la sécurité. »
  • Je réponds à la question de La-Croix.com : Pourquoi Twitter veut-il limiter les propos « violents » ;
  • Prendre les conditions générales d’utilisations d’iTunes et les mettre en BD, voilà pourquoi j’aime Internet ;
  • The End of Internet Advertising as We’ve Known It, un édito où Doc Searls (connu pour sa participation au Cluetrain Manifesto) explique qu’on pourrait passer de la publicité ciblée (de plus en plus boycottée) au modèle VRM (Vendor Relationship Management) où le consommateur publie les sujets qui l’intéressent du point de vue publicitaire. Doc Searls est par ailleurs en charge de ProjectVRM ;
  • Un excellent édito : De l’état de droit à l’état de sécurité par le philosophe italien Giorgio Agamben :
    • Historiquement, l’État d’urgence est le dispositif par lequel les pouvoirs totalitaires se sont installés en Europe (on pense bien sûr à Hitler qui avait instauré et maintenu un État d’exception).
    • l’État d’urgence s’inscrit dans le processus qui est en train de faire évoluer les démocraties occidentales vers l’État de sécurité (« Security State », en anglais).
    • Dans l’État de sécurité, l’État se fonde durablement sur la peur et doit, à tout prix, l’entretenir, car il tire d’elle sa fonction essentielle et sa légitimité.
  • Reframing Your Way To Happiness At Work. Un article qui résume le travail de Shawn Achor, que je recommande vivement. Le truc le plus contre-intuitif que j’ai pu lire est : “le bonheur est un choix”. Ca parait fou (voire insultant pour ceux qui sont malheureux), et pourtant c’est vrai : les neurosciences démontrent que nous avons la possibilité d’influencer notre niveau de bonheur avec des outils simples (méditation, sport, gratitude, en repérant les petits bonheurs). J’explique ça dans les premiers articles de ma rubrique Life Hacking.
  • Les vœux de paix d’Océanerosemarie sont pur troll de haute qualité. Magnifique !

Ah, et je ne résiste pas à l’envie de vous annoncer une bonne nouvelle : j’ai tenu ma résolution et j’ai fini la rédaction de mon livre sur la surveillance de masse et la vie privée ! On peut le commencer par l’avant-propos et continuer la lecture avec la table des matières qui est dans la colonne de droite…

vendredi 25 décembre 2015

En vrac de Noël

Un peu de lecture en ce jour de fête (Noël / solstice d’hiver / Mawlid, cochez l’option que vous préférez.)

samedi 19 décembre 2015

En vrac du samedi

Dessin de Steve Jobs portant un Mac et un baluchon, dans la jungle de Calais, réalisé par l'artiste Banksy

Dessin de Steve Jobs portant un Mac et un baluchon, dans la jungle de Calais, réalisé par l'artiste Banksy

Steve Jobs était le fils d’un migrant syrien, rappelle le street-artiste britannique Bansky, qui a signé un pochoir représentant Steve Jobs, un Mac à la main, un baluchon sur l’épaule, au milieu des tentes de réfugiés, de la « jungle » de Calais.

Son père avait fui Homs, la troisième ville syrienne. Fils d’un immigré syrien étudiant aux État-Unis et d’une jeune femme dont les parents, en « bons » catholiques, refusaient un mariage mixte, Steve Jobs fut adopté par un couple californien. « Je pense que s’il avait vécu en Syrie, il n’aurait rien pu réaliser de tout ce qu’il a fait, ou alors il aurait choisi de quitter la Syrie » déclarait un jeune de Damas, à la mort de Jobs.

mardi 15 décembre 2015

2 astuces pour rester serein

Ça fait des mois que je pense à écrire un article sur l’hygiène mentale, mais c’est Adrienne Charmet qui a su me convaincre en touittant ceci :

Vous croyez que 2016 va être moins pourrie que 2015 ? Parce que là, perso j’en peux plus, sur tous les plans. :( #ChercheEspoirDésespérément

Nous sommes nombreux dans ce cas-là, surtout des gens comme Adrienne, qui ont un travail lié à des sujets “pesants”.

J’expliquais sur Twitter que j’ai deux règles de vie pour bien vivre. Cela mériterait un long article bourré de détails et de précisions, voire de précautions oratoires. Mais voilà, si j’attends que le billet soit vraiment bon, il ne sortira jamais. Voici donc, sans autre forme de procès, les deux règles de vie qui évitent de finir en sanglots ou pire, au bout d’une corde, dans les moments difficiles.

1 - Regarder ce qui va bien dans la vie.

Regarder ce qui va bien dans ce monde. Pas facile quand on a tendance (surtout en France ?) à avoir un regard critique. Le problème, c’est que notre cerveau prend l’habitude de ce regard critique, au point qu’on regarde tout ou presque avec cette perspective, en jugeant (négativement) ce qui nous entoure. Parfois aussi ceux qui nous entourent. Et aussi trop souvent nous-même. Alors il faut s’habituer à regarder ce qui va bien autour de nous. Au début, ça demande un peu d’efforts, mais ça en vaut le coup, histoire d’être plus heureux au quotidien.

Exercice : repérer et noter les 3 kifs chaque jour

Un super exercice pour réussir à changer ses habitudes consiste à prendre un carnet et chaque soir, à noter trois instants plaisants de la journée. Ca peut être insignifiant, mais peu importe du moment que c’était un moment positif. Ca peut être un un sourire dans le métro, un morceau de ciel bleu qu’on n’attendait pas, un geste généreux d’un collègue… On les note, on se les remémore, et puis on se surprend le lendemain à chercher ces petits moments positifs, histoire de ne pas se retrouver face à une page blanche le soir. Pour que ça fonctionne bien, il faut le faire pendant 3 ou 4 semaines, pour que l’habitude prenne racine.

Les lecteurs parlant anglais et ayant une très haute tolérance au style américain chercheront dans leur moteur de recherche préféré les mots clés “Celebrate what’s right with the world” de Dewitt Jones (qui a malheureusement tendance à faire un énorme business sur ce sujet, avec des DVD à 795$ le bout).

2 - Choisir ses combats

C’est un principe qui m’est venu en écoutant Sinead O’Connor, et particulièrement sa chanson Feel so different, qui commence ainsi :

God grant me the serenity to accept the things I can not change / Courage to change the things I can / And the wisdom to know the difference

En français, ça pourrait donner ceci :

Seigneur, donne moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer / Le courage de changer ce que je peux / Et la sagesse pour faire la différence.

Wikipedia a d’autres versions et tout l’historique.

Il ne faut pas se détourner de cette citation sous prétexte qu’elle a la forme d’une prière : son message est essentiel ; tous les combats ne se valent pas, et il faut choisir ceux dans lesquels on veut s’engager, ceux sur lesquels on va se concentrer et qu’on a des chances de gagner car on est concentré.

Pour aller plus loin

J’ai lu quantité de livres sur ces sujets (et celui du bonheur en particulier), et le meilleur d’après moi est Comment devenir un optimiste contagieux (il vient de sortir en poche !). J’ai aimé au point d’en faire une série d’articles, c’est dire !

En français, il faut mentionner 3 kifs par jour de Florence Servan-Schreiber, ne serait-ce que parce qu’il a pour titre le fameux exercice ci-dessus. Je trouve Shawn Achor meilleur pour ma part.

En ce moment, je relis Positive Intelligence de Shirzad Chamine, qui existe aussi en français : L’intelligence positive. Dès que j’ai le temps, je vous en fais un compte-rendu !

En vrac du mardi

- page 2 de 898 -