Standblog

Tristan Nitot sur les standards du Web, les navigateurs et la technologie

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jeudi 4 mars 2010

En vrac

jeudi 28 janvier 2010

iPad : du bon et du très mauvais

Donc voilà. L'iPad d'Apple est sorti hier soir (heure de Paris). Pour faire simple, c'est un iPod Touch géant. Comme toujours chez Apple, il y a du bon et du mauvais. Petit tour de ce que j'ai pu comprendre en lisant la presse ce matin :

Négatif

  • Encore un connecteur propriétaire, pas de connecteurs USB, sauf à acheter un adaptateur pour appareil photo qui ne fonctionnera que pour ça.
  • résolution d'écran très ordinaire : 1024x768. Je doute de la possibilité de lire confortablement des livres sur cet écran, comparé à ceux des eBooks comme le Kindle
  • Pas multi-tâches. Copier-coller un commentaire de blog dans un mail ? L'horreur. Faire tourner sa messagerie instantanée en même temps que son email et une appli Web ? Impossible.
  • Vais-je pouvoir installer Firefox sur cette machine ? Probablement pas.
  • La bidouillabilité est inexistante sur cette machine. Tout doit être pré-approuvé par Apple à l'avance, moyennant finances. Le logiciel libre ? A la trappe ! (mais il reviendra par la fenêtre… du navigateur !)
  • DRM sur les livres et les films. Autrement dit, si un jour on décide de quitter l'iPad, on perd toutes les oeuvres achetées
  • Ecran brillant. Pour regarder les films un peu partout ? Ca me parait délirant… (c'est peut-être personnel, mais les écrans brillants, surtout pour des appareils nomades, m'est insupportable).
  • Pas la possibilité de changer la batterie. On est censé se débarrasser de l'iPad au bout de 18 mois quand elle ne tient plus ?
  • Nécessite iTunes sur l'ordinateur (donc Windows ou Mac, et rien d'autre).
  • Pas de Flash. Donc un contenu Web forcément limité. Pas de Dailymotion ou de Vimeo. Vos vidéos ? il faudra les acheter chez Apple ou les regarder dans l'application dédiée Youtube.
  • L'absence de caméra.

Positif

  • Possibilité de recharger via USB (même si ça nécessite un câble propriétaire).
  • Ils ont pensé à l'accessibilité (même si je me demande à quoi ça ressemble en vrai, mais elle semble pas mal fichue sur l'iPhone, d'après mon collègue Marco)
  • Pas de système de fenêtrage (il n'est pas nécessaire car il n'y a pas la possibilité de lancer plusieurs applications à la fois), ce qui simplifie grandement l'usage, ce qui peut rendre le système attractif pour une nouvelle population d'utilisateurs réfractaires à l'informatique
  • Simplicité générale. Ce qui est important souvent chez Apple n'est pas ce qu'ils ont rajouté, mais ce qu'ils ont osé retirer. Ici : la souris, les fenêtres, et d'une certaine manière les menus.
  • Pas de Flash (donc pas de pubs envahissantes, pas de CPU bouffé par elles). Flash devient un peu plus obsolète, Youpiie ! (oui, l'item "pas de Flash" est aussi dans la partie négative de ce billet).
  • Possibilité de connecter un clavier dédié (rahhh, dédié ? ''Mise à jour : d'après les commentaires, n'importe quel clavier bluetooth devrait faire l'affaire, mais le clavier dédié est le plus sensé.)
  • Un lancement comme seul Apple sait faire (6104 articles sur Google Tech News US à l'instant où j'écris ceci…)
  • Un écran tactile multi-touch de 9,7 pouces. C'est une prouesse technologique à l'heure actuelle.
  • Suite bureautique iWork (Pages, Numbers et Keynote) dont les 3 éléments sont vendus 10$ pièce.

Quelques sources :

Ce qui me préoccupe le plus, c'est l'absence de bidouillabilité de la chose, un peu comme si Apple nous disait : "N'essayez pas de vous approprier l'objet, vils manants, laissez Apple et ses partenaires vous vendre ce dont vous avez besoin. N'oubliez pas, vous n'êtes que des consommateurs !". L'objet est intéressant, il faut voir avec le temps les usages qui vont se dégager, mais la perspective de cantonner les utilisateurs dans un rôle de consommation passive va clairement à l'encontre du monde numérique que j'essaye de construire...

Et vous, que pensez-vous de l'iPad ?

mercredi 16 décembre 2009

En vrac, tôt le matin

Aujourd'hui, Google a une vision de ce que vous faites lorsque vous utilisez ses services. Mais il ne développe pas de mécanismes pour vous tracer à partir de votre PC via Internet Explorer, Firefox ou son navigateur Chrome, bien qu'il y ait eu débat sur le sujet. En revanche, si vous utilisez ses serveurs DNS, il sait où vous passez, même si les sites ne lui appartiennent pas. Il sait même ce que vous faites, car en analysant les adresses demandées, on peut facilement comprendre s'il s'agit d'un site web, d'un service de webmail, d'un site Intranet... Dès lors, Google saura encore plus de chose sur vous.

Notes

[1] Mise à jour : après vérification de la privacy policy de Google DNS, je suis plus rassuré que Jean-Michel (à condition que les termes de confidentialité ne changent pas !). Merci à Neokraft pour les précisions sur ce sujet.

mercredi 2 décembre 2009

En vrac

mardi 17 novembre 2009

De la liberté du Web mobile

Joe Hewitt est un développeur d'exception. Il a un palmarès impressionnant : il était aux débuts de Firefox, a créé l'excellent Firebug (extension Firefox pour les développeurs) et DOM Inspector. Il est ensuite passé chez Facebook, où il a développé Facebook pour l'iPhone. Rien que ça.

Et puis d'un coup, Joe a plaqué le développement pour l'iPhone et s'en est expliqué auprès de TechCrunch. En substance, il ne supporte plus qu'Apple décide quelles applications sont autorisées sur l'App Store ou rejetées. Il veut participer à un système Libre, le Web mobile.

Locked - G7Locked

Cadenas verrouillé, photo par Daniel Y. Go, utilisé sous licence Creative Commons BY-NC-SA

Dans un billet sur son blog – On middle men ("à propos des intermédiaires") – Joe Hewitt rentre dans les détails. J'ai traduit le plus important :

Nous sommes à un moment critique de l'évolution du logiciel. Le Web est toujours là, toujours fort. Tout le monde peut encore publier de l'information ou des applications sur un serveur Web sans devoir demander l'autorisation, et tout le monde peut encore y accéder juste en tapant une URL. Ça n'est que récemment que j'ai réalisé à quel point tout cela est important. Plus personne ne construit de systèmes de ce genre, ou du moins peu d'entre eux ont connu le succès. Le Web est apparu suite à un incroyable concours de circonstances. Ça serait une honte que de laisser cette liberté disparaître.

Je ne veux pas combattre les fabricants de téléphones mobiles qui veulent créer un écosystème logiciel tout en se comportant en garde-barrières de cet écosystème. Ce que je veux faire, c'est me battre pour la viabilité du Web mobile. Les développeurs se précipitent pour faire des applications natives, délaissant leurs applications Web mobiles (j'ai moi même eu cette attitude). La technologie Web est relativement faible et s'améliore lentement. À ce rythme, à quoi ressemblera le Web mobile dans 10 ans ? Va-t-on se réveiller un jour en réalisant que la nouvelle génération de créateurs de logiciels font de très puissantes applications natives, mais les sites Web mobiles ne sont rien de plus que des pages "A propos" ?

En bref, le Web mobile a besoin de meilleurs outils, de meilleurs standards, de meilleurs navigateurs et il en a besoin rapidement, avant que les seules technologies qui comptent soient celles qui sont contrôlées par des garde-barrières.

Chez Mozilla, nous sommes très conscients de cet état de fait. C'est pour ça qu'on développe Firefox for Mobile, dont la version 1.0 pour le Nokia N900 approche à grands pas. Ça, c'est pour le coté "meilleur navigateur". En effet, Firefox for Mobile dispose du même moteur que Firefox 3.6, qui sortira très bientôt. Il ne faudra pas non plus oublier nos concurrents du Web mobile. Autant certains laissent à désirer (suivez mon regard), autant Safari sur l'iPhone et le navigateur d'Android, ainsi qu'Opera Mobile[1] sont modernes et respectueux des derniers standards.

Pour les meilleurs standards, c'est en cours. HTML 5, la vidéo native, bientôt la 3D native avec WebGL, les progrès au niveau CSS3, tout cela avance à nouveau. Il y a bien sûr des obstacles, mais ils sont surmontables.

Au niveau des outils enfin, il reste des choses à faire. Bespin est un pas dans la bonne direction. Il y a quantités d'outils libres (ou non) qui sont complémentaires.

Le futur des applications mobiles reste à inventer. Pour ma part, je fais tout ce que je peux pour qu'il soit basé sur des technologies Web, histoire qu'on se retrouve plus tard avec plus de choix qu'on en a aujourd'hui sur les PC, où deux systèmes d'exploitation représentent près de 99% des utilisateurs.

Notes

[1] La mention d'Opera Mobile a été rajoutée par la suite. C'était un oubli : Opera a été un pionnier du Web mobile.

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