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jeudi 5 juillet 2012

Pourquoi j'aime le Web

Cet article est une adaptation d'un article en anglais part simultanément sur mon blog official Mozilla, Beyond The Code

Page d'accueil de Mozilla Thimble

Je suis fan du Web pour quantité de différentes raisons, mais si je ne devais en retenir qu'une, c'est que tout le monde peut participer sans avoir à demander la permission.

Par participer, je ne veux pas juste dire "utiliser", non. J'entends aussi "créer" et "expérimenter". La beauté du Web, c'est qu'il n'est pas en lecture seule. On peut écrire, aussi. Contrairement à la radio et à la télévision, nous ne sommes pas cantonnés au rôle de consommateurs, on peut aussi jouer celui de producteur. On peut créer du contenu, des applications et ainsi inventer le futur du médium. Je m'explique :

Utiliser le Web est facile. On a besoin d'un PC, d'une connexion Internet et d'un navigateur (Firefox, au hasard). On peut aussi utiliser un smartphone (vous avez essayé Firefox pour Android ?)

Mais éditer et créer une page Web est aussi possible. On peut le faire façon hard-core avec un éditeur de texte (il y en a forcément un livré avec votre système d'exploitation) en complément de la commande "View Source" / "Afficher le code source de la page". On aura recours à la documentation de référence pour HTML, CSS et JavaSCript[1]

Heureusement, les choses sont devenues plus faciles, grâce à Mozilla WebMaker:

  • Mozilla Thimble est une excellente façon d'apprendre HTML et CSS
  • Les jeunes enfants vont adorer Hackasaurus, un cours en ligne fait exprès pour eux !
  • Pour voir ce qu'il y a sous le capot d'une page Web, on peut utiliser les Lunettes à rayons X de Hackasaurus.
  • Il est possible de participer à un événement SummerCode Party près de chez vous. (On peut aussi organiser soi-même un tel événement).

Tous ces outils et initiatives sont issues du programme Mozilla WebMaker. Mais pourquoi Mozilla fait-elle un chose pareille ? Parce que nous voulons améliorer le Web. Nous voulons aider tout le monde à mieux comprendre le Web, de façon à ce que chacun contrôle mieux sa vie en ligne.

Je suis sûr qu'avec cette approche, des enfants auront un de ces jours de grandes idées et vont créer des applications incroyables. Ils n'auront pas eu besoin de demander la permission à qui que ce soit pour cela. Cette approche permet la liberté, favorise l'innovation et ouvre de nouvelles portes pour le Web.

Voilà pourquoi je suis autant fan du Web ouvert...

Note

[1] On appréciera le fait que cette documentation est un Wiki, donc elle-même en "lecture / écriture" :-)

mardi 17 novembre 2009

De la liberté du Web mobile

Joe Hewitt est un développeur d'exception. Il a un palmarès impressionnant : il était aux débuts de Firefox, a créé l'excellent Firebug (extension Firefox pour les développeurs) et DOM Inspector. Il est ensuite passé chez Facebook, où il a développé Facebook pour l'iPhone. Rien que ça.

Et puis d'un coup, Joe a plaqué le développement pour l'iPhone et s'en est expliqué auprès de TechCrunch. En substance, il ne supporte plus qu'Apple décide quelles applications sont autorisées sur l'App Store ou rejetées. Il veut participer à un système Libre, le Web mobile.

Locked - G7Locked

Cadenas verrouillé, photo par Daniel Y. Go, utilisé sous licence Creative Commons BY-NC-SA

Dans un billet sur son blog – On middle men ("à propos des intermédiaires") – Joe Hewitt rentre dans les détails. J'ai traduit le plus important :

Nous sommes à un moment critique de l'évolution du logiciel. Le Web est toujours là, toujours fort. Tout le monde peut encore publier de l'information ou des applications sur un serveur Web sans devoir demander l'autorisation, et tout le monde peut encore y accéder juste en tapant une URL. Ça n'est que récemment que j'ai réalisé à quel point tout cela est important. Plus personne ne construit de systèmes de ce genre, ou du moins peu d'entre eux ont connu le succès. Le Web est apparu suite à un incroyable concours de circonstances. Ça serait une honte que de laisser cette liberté disparaître.

Je ne veux pas combattre les fabricants de téléphones mobiles qui veulent créer un écosystème logiciel tout en se comportant en garde-barrières de cet écosystème. Ce que je veux faire, c'est me battre pour la viabilité du Web mobile. Les développeurs se précipitent pour faire des applications natives, délaissant leurs applications Web mobiles (j'ai moi même eu cette attitude). La technologie Web est relativement faible et s'améliore lentement. À ce rythme, à quoi ressemblera le Web mobile dans 10 ans ? Va-t-on se réveiller un jour en réalisant que la nouvelle génération de créateurs de logiciels font de très puissantes applications natives, mais les sites Web mobiles ne sont rien de plus que des pages "A propos" ?

En bref, le Web mobile a besoin de meilleurs outils, de meilleurs standards, de meilleurs navigateurs et il en a besoin rapidement, avant que les seules technologies qui comptent soient celles qui sont contrôlées par des garde-barrières.

Chez Mozilla, nous sommes très conscients de cet état de fait. C'est pour ça qu'on développe Firefox for Mobile, dont la version 1.0 pour le Nokia N900 approche à grands pas. Ça, c'est pour le coté "meilleur navigateur". En effet, Firefox for Mobile dispose du même moteur que Firefox 3.6, qui sortira très bientôt. Il ne faudra pas non plus oublier nos concurrents du Web mobile. Autant certains laissent à désirer (suivez mon regard), autant Safari sur l'iPhone et le navigateur d'Android, ainsi qu'Opera Mobile[1] sont modernes et respectueux des derniers standards.

Pour les meilleurs standards, c'est en cours. HTML 5, la vidéo native, bientôt la 3D native avec WebGL, les progrès au niveau CSS3, tout cela avance à nouveau. Il y a bien sûr des obstacles, mais ils sont surmontables.

Au niveau des outils enfin, il reste des choses à faire. Bespin est un pas dans la bonne direction. Il y a quantités d'outils libres (ou non) qui sont complémentaires.

Le futur des applications mobiles reste à inventer. Pour ma part, je fais tout ce que je peux pour qu'il soit basé sur des technologies Web, histoire qu'on se retrouve plus tard avec plus de choix qu'on en a aujourd'hui sur les PC, où deux systèmes d'exploitation représentent près de 99% des utilisateurs.

Notes

[1] La mention d'Opera Mobile a été rajoutée par la suite. C'était un oubli : Opera a été un pionnier du Web mobile.