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vendredi 21 décembre 2012

Adieu Instagram

Comme beaucoup de gens, j'ai supprimé mon compte Instagram suite au changement de leurs conditions générales d'utilisation. En effet, un récent changement à ce contrat stipulait qu'ils pouvaient vendre mes photos et les utiliser de façon commerciale et publicitaires sans m'en avertir outre mesure. Plus que jamais, on réalise que sur les services gratuits comme Instagram, on n'est pas le client mais le produit vendu.

'Bay bridge at dawn' une photo prise avec l'application Flickr pour Android

Depuis, Instagram a annoncé faire marche arrière, mais qu'importe. La confiance n'est plus là, et Flickr (avec un modèle d'affaire bien défini, puisque je paye pour en étant utilisateur "pro") a sorti une application mobile qui fait plutôt mieux qu'Instagram. Pas bête, Flickr a aussi posté un billet qui fait mal : At Flickr, your photos are always yours ("chez Flickr, vos photos vous appartiennent"). Mais Flickr, aussi bon soit-il, reste un système centralisé, un genre de Minitel 2.0. Vivement que des systèmes comme Libres et a-centrés OpenPhoto soient suffisamment matures pour offrir une alternative crédible !

Mise à jour : On me rappelle qu'il existe un logiciel Libre d'hébergement de photos d'origine française, Piwigo.org. Un service d'hébergement payant (comme il se doit), reposant sur ce logiciel, existe : Piwigo.com.

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lundi 20 février 2012

Sarkozy censurerait Twitter ?

Non au Minitel 2.0

C'est le buzz du moment : l'équipe de Nicolas Sarkozy aurait demandé à Twitter de suspendre des comptes parodiques. Les twittos commencent à crier à la #SarkoCensure, et on imagine déjà des têtes (virtuelles) portées triomphalement au bout de cyberpiques, et on s'indigne qu'une pareille chose arrive au pays des droits de l'homme.

Pourtant, les règles de Twitter sont claires, quand on lit Parody, Commentary, and Fan Accounts Policy. Twitter autorise des comptes comme "@FauxNicolasSarkozy", mais pas (ou plus) "@_NicolasSarkozy", car c'est sujet à confusion. (On notera que cette règle est récente, il y a encore peu de temps un tel compte était autorisé, à condition qu'il soit précisé dans la courte bio Twitter qu'il s'agissait d'un compte parodique ou de fan). Le propriétaire du nom ou son représentant légal peut donc demander la suspension du compte parodique. Mais ça n'explique pas le zèle malvenu de Twitter pour fermer des comptes comme @SarkozyCaSuffit ou @DehorsSarkozy, qui ne peuvent pas raisonnablement être pris pour des comptes officiels du candidat Sarkozy.

Je suis moi même très préoccupé par ce problème de censure sur Internet. Mais il y a une chose que tout le monde semble oublier en criant à la censure : on pense que Twitter, c'est du Web ouvert, mais non. Twitter, c'est l'exemple type du Minitel 2.0 : un machin centralisé, contrôlé par une société commerciale qui décide de ce qui s'y passe.

J'aime beaucoup Twitter, j'ai plusieurs amis qui y travaillent, mais il ne faut pas prendre ce service propriétaire, centralisé et commercial pour ce qu'il n'est pas, à savoir un protocole ouvert et décentralisé, comme le sont http (le Web) ou smtp/pop/imap (le mail), pour lesquels n'importe qui peut avoir un serveur et participer sans demander l'autorisation à qui que ce soit...

Du coup, si on n'est pas d'accord avec Twitter, on n'a qu'a fermer sa gueule et/ou quitter le service. Mais pour aller où ? L'intérêt de tels réseaux sont justement dans le fait que leur intérêt croit avec le carré du nombre d'inscrits (Loi de Metcalfe). Comme il n'existe pas de concurrent, et qu'il est improbable qu'il s'en crée un jour, on a le choix entre arrêter d'utiliser ce service ou bien fermer sa gueule.

Il faut se souvenir qu'à choisir des services centralisés de ce genre, on donne à des organisations commerciales (Facebook, Google, Twitter, Apple, etc.) des pouvoirs inouïs sur nos vies numériques. Mais à vouloir choisir le service branché, on réalise trop tard qu'on lui a attribué des vertus qu'il n'avait pas. Le réveil n'en est que plus difficile…

Pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, je vous encourage à visionner ou à lire l'excellente conférence Internet libre ou Minitel 2.0.

Mise à jour : Bon papier du monde.fr : Twitter : le camp Sarkozy a signalé des comptes pour 'usurpation d'identité'.

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mercredi 26 mai 2010

À propos de l'iPad

L'iPad, nouveau Minitel 2.0

Il y a trois semaines, j'ai acheté un iPad pour le bureau. Trois semaines à le faire passer de main en main, à discuter de la chose, de ce qu'on aime ou qu'on déteste... La liste est longue, car le moins que l'on puisse dire, c'est que la machine ne laisse pas indifférent ! Je vais dans un premier temps parler de l'utilisation de l'iPad, et je compte parler des dangers de la politique d'Apple dans un prochain billet, qui risque fort d'être moins flatteur.

La première impression de l'iPad est positive pour à peu près tout le monde. J'ai l'exemple d'une amie qui commençait à en dire du mal de peur que son mari ne veuille en acheter un, et puis qui est tombée sous le charme... L'objet est beau. Apple sait s'y prendre pour susciter l'envie des consommateurs ! Quelques applications toutes simples d'utilisation démontrent la puissance de l'interface utilisateur : Photos, Plans et Safari sont un bonheur à utiliser et font une forte première impression. On perçoit le potentiel d'une interaction tactile avec l'ordinateur, surtout pour les utilisateurs les plus âgés. Tout parait simple !

Pourtant, sur une longue durée, les sources de frustrations se font nombreuses, et elles rendent très frustrante l'utilisation sérieuse de l'iPad. Par exemple, il n'y a pas de gestionnaire de mots de passe dans Safari (ou s'il y en a un, je n'ai pas réussi à m'en servir). Du coup, impossible de se connecter à des applications Web professionnelles avec le même niveau de confort qu'un Netbook. La saisie de texte dans l'application Notes (non, pas Lotus Notes !) nécessite un nouvel apprentissage. La saisie est certes rapide, mais si vos fautes d'orthographe ne sont pas corrigées à la volée par l'application, on se retrouve à devoir faire de l'édition avec un outil très rudimentaire, donc très frustrant. La saisie des accents est difficile (ils ne sont pas visibles sur le clavier tactile, il faut donc laisser le doigt appuyé pour faire apparaitre une "pop-up") et déplacer le curseur au doigt est pénible et lent. La saisie de texte est pourtant moins pénible qu'on aurait pu le croire au départ. La preuve, ce billet est saisi sur l'iPad !

Aucun doute, la machine fait preuve d'un WOW factor d'autant plus fort que les gens à qui je la montre en ont entendu parler mais n'en ont jamais vu "en vrai". Mais une fois passé cette étape, est-ce vraiment un outil qui peut remplacer un ordinateur portable, un Netbook ou un e-book ?

Probablement pas. Pour moi, l'iPad vient se glisser entre Netbook et e-book, sans avoir l'avantage de ces deux catégories.

Ça n'est pas un ordinateur[1], c'est un bel outil de consommation de contenu, sans pour autant offrir le confort de lecture d'un e-book comme le Kindle d'Amazon. Par contre, la lecture vidéo, l'affichage des photos et de contenu interactif (cartes, pages Web) est assez fascinant.

Au final, je dirais que l'iPad est un outil impressionnant au premier abord par sa facilité d'apprentissage, surtout pour ceux qui ont déjà eu un iPhone entre les mains. Pourtant, à l'usage, on sent bien que le produit n'est pas vraiment fini, car on bute trop souvent sur ses limitations. Il est très probable qu'une version prochaine du système d'exploitation résoudra une partie des ces problèmes, mais je doute que tous seront résolus, car la volonté d'ultra-simplicité fait que l'ajout de fonctionnalités ressemble à autant de verrues (ceux qui ont vu arriver le copier/coller sur l'iPhone comprendront de quoi je parle)...

Conclusion

Damien Douani déclare sur Twitter

je joue avec mon iPad depuis 1 mois, j'encourage les autres à faire la queue vendredi pour obtenir ce magnifique objet pour geeks.

J'ai une opinion très différente sur l'iPad, qui vient du fait que Damien et moi avons une définition différente de geek. Si un geek, c'est quelqu'un qui est dans l'accumulation des derniers gadgets pour le plaisir, alors oui, il faut acheter un iPad. C'est d'autant plus vrai si c'est pour consommer du contenu (vidéos, applications vendues exclusivement sur l'AppStore, consultation de pages Web, utilisation en tant que cadre photo).

Si au contraire vous voulez acheter un outil utile pour remplacer un Netbook et produire du contenu, être productif et multi-taches, créatif et innovant, alors l'iPad n'est pas pour vous, comme il n'est pas pour moi. J'ai du plaisir, comme tout le monde à vivre un instant dans le futur, mais je sens bien que cet objet n'est pas fait pour moi, et son manque totale de bidouillabilité n'est qu'une des raisons, même si ça n'est pas la dernière. Si vous êtes comme moi, débrouillez-vous pour taxer un iPad à un pote, ça vous économisera 500 ou 600 Euros pour un joli device à l'obsolescence programmée (il sera remplacé par un modèle plus abouti dans moins de 18 mois) et à la batterie non rechargeable remplaçable.[2]

Alors, pour ou contre ?

Limitations de l'iPad

  • Plantages fréquents de l'application photo lors de manipulations de photos en haute résolution (21 Mpix dans mon cas)
  • nécessité de le connecter à un ordinateur "maître" pour beaucoup de choses
  • pas de multi-taches pour l'instant, ce qui est probablement un atout pour les seniors et les personnes peu habituées aux ordinateurs
  • les opérations d'édition de texte (sélection, copier/coller, déplacement dans le texte) sont fastidieux
  • les traces de doigts sur l'écran sont très visibles et ça gâche l'esthétique du gadget
  • le poids de l'iPad est trop élevé, ce qui le rend fatigant à la longue
  • la forme de la coque fait que l'étui de protection Apple — qui permet d'incliner l'iPad - est presque indispensable
  • à l'usage, on sent que le système manque de maturité, ce qui n'est pas surprenant.
  • je n'ai pas encore compris à qui cette machine se destine. Probablement pas à moi, en tous cas... Les seniors, les enfants, sûrement...
  • on ne peut pas développer sur cette machine, et c'est regrettable. Si les ordinateurs des années 80 avaient eu ce défaut, s'ils avaient été aussi fermés, on n'aurait jamais eu les informaticiens d'aujourd'hui, de Richard Stallman à Bill Gates, de Linus Torvalds à Valentin Lacambre. (J'ai prévu de parler ce ceci dans un prochain billet).
  • Les applications iPhone peuvent tourner sur l'iPad, mais c'est soi très frustrant (car c'est réservé à un tout petit bout de l'écran), soit ça donne la migraine (car tout est flou). On peut espérer que les applications seront mises à jour pour bénéficier de l'iPad et devenir vraiment utilisables.

Les points positifs

  • c'est beau et rapide !
  • on a un peu l'impression d'utiliser l'ordinateur du futur
  • l'autonomie est excellente (8 ou 10h, je ne suis jamais allé jusqu'au bout)
  • c'est suffisamment simple pour les gens qui ne se font pas à l'ordinateur (jeunes enfants, seniors)
  • Ca va vous faire passer encore plus de temps dans votre canapé, vautré à consommer du contenu abrutissant. Ah zut, j'avais dit que je faisais un billet équilibré ! Ca va "révolutionner la consommation de contenu dans votre salon"

Notes

[1] Techniquement, c'en est un, mais le logiciel qui tourne dessus fait qu'il n'est pas possible de l'utiliser comme tel.

[2] Je me demande si au fond, ce que vend Steve Jobs, c'est pas une preuve (très temporaire) de coolness, comme certains fabricants d'automobiles vendent des 4x4 "statutaires" qui prétendent démontrer votre réussite sociale.

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