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mercredi 16 mai 2012

En vrac du mercredi

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vendredi 28 mai 2010

À propos d'anonymat

Je suis co-signataire de l'Appel pour la défense du droit à l’anonymat sur Internet. J'ai décidé à titre personnel de ne pas être anonyme, car je pense que ça donne plus de transparence — et donc de crédibilité — à mon propos. Pour autant, l'anonymat est très important pour certains blogueurs. Evidemment, on pense en tout premier lieu à l'excellentissime Maître Eolas, mais aussi à tous ceux qui veulent séparer leur métier de leur vie privée, ceux qui veulent pouvoir parler de leur métier sans pour autant impliquer leur entourage professionnel. Idem, plus généralement, pour ceux qui veulent partager leur point de vue sans subir de pressions de leur environnement, pour toutes sortes de raisons (orientation sexuelle, religieuse, etc). À ce titre, la proposition de loi déposée par le sénateur Masson est dangereuse et liberticide.

Je vous invite donc à signer l'Appel pour la défense du droit à l’anonymat sur Internet.

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jeudi 4 juin 2009

A propos de gratuité (bis)

J'ai vraiment eu du mal avec le récent édito de Claude Allègre paru dans Le Point et intitulé Non à la commercialisation du gratuit. J'ai eu envie de faire une réponse, mais je sais au fond de moi que réagir à chaque fois qu'un internaute publie une connerie n'est pas la meilleure façon de prendre soin de mon hygiène mentale :-) (notez l'euphémisme).

Mais à quelque chose malheur est bon dit le dicton, et me voilà à écrire un billet sur la gratuité, sujet qui me trotte dans la tête depuis bien longtemps. Tellement longtemps que je l'ai déjà écrit en 2006 : A propos de la gratuité ! Je vous recommande de le lire avant que je ne continue sur le même thème. En substance, il y a différentes sortes de gratuité, par exemple la gratuité du bien matériel par opposition à la gratuité de l'idée. Et puis il y a aussi la motivation de celui qui utilise la gratuité. Est-ce une entreprise qui a vocation à gagner de l'argent, ou est-ce une organisation (association, fondation) à but non lucratif, ou est-ce juste un individu qui est purement dans une logique de don ? Pour rendre les choses plus complexes encore, on a le cas des journaux gratuits, qui sont un support matériel pour une information.

On se retrouve dans une matrice comme ceci (avec beaucoup d'approximations, merci d'utiliser les commentaires pour remplir les cases) :

Matrice gratuité
  But lucratif Non-lucratif pérenne Don pur
Bien ou service matériel Objets publicitaires Humanitaire/Educ. Cadeaux
Mix information / matériel Journaux gratuits   iPod plein en cadeau
Idée, information, logiciel Freeware & Open-Source, freemium, shareware Mozilla Free Software, blogs non commerciaux

Quoi qu'il en soit, on a à faire à plusieurs types de gratuités. Si c'est à but lucratif (comme c'est souvent le cas), il est essentiel de se demander comment est financé l'entreprise :

  1. Est-ce qu'elle est financée par la publicité (en échange de mon temps de cerveau disponible ?)
  2. Par l'utilisation de mes données personnelles qui seront revendues ?
  3. Par le lock-in qui va me pousser à acheter des services complémentaires à ceux qui sont gratuits ?

Je crois qu'il reste bien des choses à dire sur la gratuité, mais je vais m'arrêter pour l'instant. Si vous avez des idées pour affiner la matrice ci-dessus (elle en a bien besoin), laissez un commentaire !

PS : mon tableau est une horreur intégrale, mais je manque de temps pour en faire une version avec l'élément <table> (que j'ai tendance à détester, même si son utilisation est ici justifiée). Mis à jour avec un vrai tableau, merci à ceux qui m'ont donné un coup de main, c'est beaucoup mieux ! PPS : ne pas prendre ce billet comme un jugement de valeur en faveur du don et contre l'économie de marché, merci. (de même que je ne suis pas contre le monde réel ! ;-) )

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mercredi 31 décembre 2008

L'histoire des choses

Suite à mon billet sur le pic du gâchis, Pierre m'a donné l'adresse d'un site très intéressant, The Story of Stuff.

TheStoryOfStuff.com

The Story of Stuff est localisé en plusieurs langues, dont le français.

Ca fait plaisir de voir une vidéo explicative qui démontre des concepts que j'ai en tête depuis longtemps, autour de la société de consommation, de l'obsolescence programmée, de la dépendance à la croissance dans un monde fini. Tout cela est fort bien expliqué dans cette vidéo sous titrée en français intitulé l'histoire des choses, qui explique le cycle de vie des objets, depuis l'extraction des ressources naturelles, la fabrication, la distribution, l'utilisation et l'élimination. On y aborde le rôle des gouvernements, des grandes entreprises, le recyclage et l'importance de repenser beaucoup de choses dans ce cycle de vie.

Il y a des maladresses dans ce film (rien n'est parfait dans ce bas monde), mais il faut savoir passer outre pour mieux cerner les enjeux. Ca dure 20 minutes, et ça mérite très clairement votre temps.

Déchets informatiques chez Emmaüs

Déchets informatiques chez Emmaüs

Pour ceux qui le souhaitent, une retranscription en français (PDF, 277K) existe (mais le format la rend difficilement lisible). Je recommande la retranscription annotée anglaise (Format PDF, 602K). Pour ma part, j'ai fait une version améliorée de la traduction française qui se trouve ci-dessous. Le mieux, c'est encore de voir la vidéo et de la partager avec vos proches. Mes petits cousins, branchés iPods et marques de luxe en sont ressortis ébranlés !

The Story of Stuff : l'histoire des choses.

Version française.

Avez-vous une de ces choses (un iPod) ? Je suis devenue un peu obsédée par les miennes. En fait, je suis devenue un peu obsédée par toutes mes choses. Vous êtes vous déjà demandé d’où viennent toutes ces choses que nous achetons et où elles vont quand on les jette ? Je n’arrêtais pas d’y penser et j’ai donc commencé à chercher.

Les livres révèlent que ces choses évoluent dans un système : de l’extraction, à la production, à la distribution, à la consommation et enfin à l’élimination.

C’est ce qu’on appelle l’économie matérialiste. Alors j’ai décidé de fouiller un peu plus. En fait, j’ai voyagé à travers le monde pendant 10 ans pour comprendre d’où les choses viennent et où elles terminent. Et vous savez ce que j’ai découvert ? On ne nous dit pas tout. Il manque des bouts à leur histoire. À première vue, le système a l’air bien. Pas de problème. Pourtant, les faits démontrent que le système est en crise alors que nous vivons sur une planète qui a des resources limitées. Et on ne peut gérer indéfiniment un système linéaire sur une planète dont l’espace est limité. À chacune des étapes, ce système est en interaction avec la réalité. Et dans la réalité, ca ne se passe pas comme sur une feuille de papier blanc Le système interagit avec des sociétés, des cultures, des économies et l’environnement. Et donc, tout le long du parcours, il heurte contre des limites. Limites qu’on ne voit pas ici parce que le tableau est incomplet. Retournons donc à notre point de départ et voyons voir ce qui manque.

Eh bien! Un des éléments clés qui manquent sont les gens. Oui c’est bien ca, des gens. Des gens vivent et travaillent tout au long de ce système. Seulement, il y en a qui sont plus importants que d’autres : certains ont plus voix au chapitre. Qui sont-ils ? Commençons par le gouvernement. Certains de mes amis pensent que je devrais utiliser un char d’assaut pour symboliser le gouvernement. Il est vrai que dans plusieurs pays et de plus en plus dans le nôtre, plus de 50% des taxes fédérales vont à l’armée.

Cela dit je préfère utiliser une personne pour représenter le gouvernement parce que je crois à la vision et aux valeurs selon lesquelles le gouvernement devrait être du peuple, par le peuple et pour le peuple. Il incombe au gouvernement de veiller sur nous. C’est son devoir. Ensuite entrent en jeu les entreprises. La raison pour laquelle les entreprises semblent plus importantes que les gouvernements, c'est qu’elles le sont effectivement. Aujourd’hui, parmi les 100 plus grosses économies mondiales, 51 sont des entreprises.



Au fur et à mesure que les entreprises ont gagné en taille et en puissance, nous avons observé de petits changements chez les gouvernements, en ce sens qu’ils sont plus préoccupés de s’assurer que tout fonctionne bien pour ces gros bonnets plutot que pour nous.

OK, voyons voir quels autres éléments manquent au tableau. Commençons par l’extraction, qui est un grand mot pour désigner l’exploitation des ressources naturelles un mot fantaisiste qui veut simplement dire : “détruire la planète”. Et voici à quoi ça ressemble : « on coupe les arbres, on fait exploser les montagnes pour extraire les métaux enfouis dedans », on épuise toute l’eau et on anéantit les animaux. Ainsi nous nous heurtons ici à notre première limite. Je sais que c’est difficile à accepter, mais c’est la vérité. Il faut s’y faire ! Au cours des trente dernières années seulement, un tiers des ressources naturelles de la planète a été consommé. Volatilisé.nNous coupons, nous creusons, nous transportons et nous détruisons tellement rapidement la planète que nous menaçons notre propre survie sur terre. Là où j’habite aux USA, il reste moins de 4 % de notre forêt originelle. 40 % des cours d’eau sont devenus impropres à la consommation. Notre problème est que nous consommons non seulement trop de choses, mais aussi nous utilisons plus que notre part. Nous, Americains, constituons 5% de la population mondiale, Cela dit nous consommons 30% des ressources de la planète et engendrons 30% des déchets. Si tout le monde consommait à notre rythme, Il nous faudrait 3 à 5 planètes. Et vous savez quoi? Nous n’en avons qu’une!



La solution adoptée par mon pays face à cette limite est d’aller se servir chez les autres. C’est le Tiers-Monde – qui pour certains est – synonyme d’aller prendre NOS CHOSES sur le territoire de quelqu’un d’autre. A quoi cela ressemble t-il donc ? À la même chose : on détruit tout. On pêche 75% des stocks de poissons dans les limites disponibles ou au delà de leurs capacités. 80% des forêts ont disparues. Rien qu'en Amazonie, nous perdons 2000 arbres par minute, soit l’équivalent de 7 terrains de football par minute.



Qu’en est-il des personnes qui y vivent? Eh bien selon eux, ils ne possèdent pas ces ressources même s’ils sont là depuis des générations, ils ne possèdent pas les moyens de productions et ils n’achètent pas beaucoup de choses non plus. Et dans ce système, si vous possédez ou achetez peu de choses, vous n’avez pas de valeur. Donc, et pour continuer, les matières s’acheminent vers la « production ». À cette étape, nous utilisons l’énergie pour combiner les produits chimiques toxiques avec les ressources naturelles pour créer des produits toxiques contaminés. Plus de 100 000 produits chimiques synthétiques sont utilisés dans les échanges commerciaux.



Seulement quelques-uns ont été testés pour connaître leurs effets sur la santé et AUCUN n’a été testé pour vérifier les effets synergiques qu’ils auraient sur la santé, autrement dit, les effets de tous ces produits auxquels nous sommes exposés au quotidien quant ils interagissent les uns avec les autres. Ce qui veut dire que nous ignorons les impacts de ces produits toxiques sur notre santé et sur notre environnement. Pourtant, une chose est clair: les substances toxiques entrent et ressortent! Tant que nous utiliserons des produits toxiques dans notre système de production industrielle,



Tant que nous utiliserons des produits toxiques dans notre système de production industrielle, à la maison, dans nos lieux de travail et à l’école. Et, à l’évidence, dans nos corps. Il y a par exemple les RFB, retardateurs de flammes bromés. Ce sont des produits chimiques qui offrent une résistance au feu mais qui sont super toxiques.

Ce sont des neurotoxiques, cela veut dire qu’ils sont toxiques pour le cerveau. Comment expliquez-vous que nous soyons en train d’utiliser un tel produit chimique ? Et pourtant nous les retrouvons dans nos ordinateurs, nos appareils ménagers, divans, matelas et même nos oreillers. En fait, on prend nos oreillers et on les arrose de neurotoxines. Et là, on les ramène chez pour poser nos têtes dessus pendant 8 heures de sommeil. Vraiment, dans un pays avec un potentiel comme le nôtre, il me semble que nous pourrions trouver un meilleur moyen d’empêcher nos têtes de prendre feu pendant qu’on dort. Ces substances s’accumulent dans la chaîne alimentaire et se retrouvent dans nos corps. Savez-vous quel aliment au sommet de la chaîne alimentaire contient le plus de contaminants toxiques? Le lait maternel. Ce qui veut dire que nous sommes arrivés au point où les êtres les plus vulnérables de notre société : les bébés absorbent les plus grandes doses de substances toxiques lorsque qu'ils tètent le sein. N’est-ce pas une transgression terrible? L’allaitement maternel doit être l’acte humain le plus fondamental dans le développement de l’enfant. C’est un acte qui devrait être sacré et sûr. Mais précisons que l’allaitement maternel est toujours préférable aux autres options et les mères devraientt continuer à allaiter leurs enfant. Mais c’est un acte qu’il faut protéger. Le gouvernement doit le protéger. Je croyais qu’il veillait sur nous...

Bien sûr, les personnes les plus exposées à ces produits chimiques, toxiques, sont les employés d’usine dont beaucoup sont des femmes en âge de procréer. Elles sont au contact dans leurs lieux de travail avec des substances toxiques cancérigènes et que sais-je encore. Je vous demande alors : “ Quelle femme en âge de procréer voudrait travailler dans un environnement toxique pour ses organes reproducteurs ? » A part celles qui n’ont pas le choix? Et c’est bien là l’une des « merveilles » de ce système. L’érosion des économies et de l’environnement local contribue à fournir un ravitaillement coonstant de personnes qui n’ont pas d’autre choix. Chaque jour, 200 000 personnes dans le monde quittent les milieux qui les ont fait vivre pendant des générations pour aller habiter dans des bidonvilles et y chercher du travail, quel que soit le degré de toxicité de ce travail. Vous voyez donc bien que ce ne sont pas seulement les ressources qui sont gaspillées, mais aussi des êtres humains. Des communautés entières sont gaspillées. Oui ! Les substances toxiques entrent et ressortent. De nombreuses substances toxiques quittent l’usine en tant que produits finis, mais encore plus en tant que produits semi-finis ou pollution. Et c’est beaucoup de pollution.

Aux USA, notre industrie reconnaît qu’elle émet annuellement près de 1,8 million de tonnes de produits toxiques, et c’est probablement beaucoup plus que ce qu’elle a bien voulu admettre. Qui veut voir et sentir près de 1,8 millions de tonnes de produits toxiques par an ? Du coup, que fait l’industrie ? Elle déménage les usines outre-Atlantique. On pollue juste le territoire de quelqu’un d’autre ! Pourtant, surprise! La pollution revient chez nous transportée par le vent. Qu’advient-il après que toutes ces ressources soient devenus des produits ? Eh bien, ca arrive ici pour être distribué.



Et en fait, la distribution signifie : « vendre toute cette camelote toxique et contaminée le plus rapidement possible ». Le but à cette étape est de maintenir les prix bas, de pousser les gens à acheter et à faire circuler les stocks. Et comment on maintient les prix bas ? Simple, il suffit de ne pas trop payer le personnel et ils lésinant aussi autant que possible sur leur assurance maladie. On appelle cela « L’externalisation des coûts ». Cela signifie que les vrais coûts de productions ne sont pas inclus dans les prix. En d’autres termes, nous ne payons pas le prix de ce que nous achetons. J’y pensais l’autre jour pendant que je marchais vers mon bureau, j’ai voulu écouter les infos. je suis donc rentrée dans un magasin d'électronique pour acheter une radio. J’ai déniché cette jolie petite radio à seulement 4 dollars 99 cents. J’attendais patiemment dans la file en me demandant comment 4 dollars 99 pouvait inclure tous les coûts de production de cette radio et la faire parvenir jusque dans mes mains ? Le métal a sans doute été extrait d’une mine en Afrique-du-Sud, le pétrole tiré d’un puit en Irak, le plastique certainement fabriqué en Chine, et le tout assemblé par un enfant de 15 ans dans une maquiladora au Mexique. La somme de 4 dollars 99 n’a probablement même pas couvert le temps que cet objet a passé sur l’étagère avant que je ne l’achète. Sans même vouloir parler du salaire du gars qui m’avait aidé à la choisir, ou encore les nombreux voyages par bateau et camions effectués par les pièces qui la composaient. C’est ainsi que j’ai compris que je n’avais pas payé le prix reel de cette radio. Mais alors qui l’a payé ? En fait, ces personnes ont payé en perdant leurs ressources naturelles. Ces personnes ont payé en perdant la qualité de leur air qui a entrainé une augmentation des taux d’asthme et de cancers. Les enfants au Congo ont payé de leur avenir – 30% des enfants quittent l’école pour extraire le coltan, un minerai dont nous avons besoins pour nos gadgets jetables et bon marché. Ces gens ont même payé en couvrant eux-même leur assurance de santé. Tout au long de cette chaîne, des gens ont été appelés à contribuer pour que je puisse acheter cet objet à 4,99 $. Et aucune de ces contributions n’apparaît dans les livres comptables. C’est ce que je veux dire par les propriétaires externalisent leurs véritables coûts de production. Et cela nous ramène donc à la flèche d’or de la consommation. C’est tellement important que protéger cette flèche est devenue la priorité des priorités de ces 2 types (le gouvernement et les grandes entreprises). C’est pourquoi après le 11 septembre, pendant que notre pays était sous le choc, et que Président Bush aurait pu suggérer bon nombre de choses appropriées à la situation comme pleurer, prier, espérer. Mais NON. Il nous a demandé de faire de FAIRE DU SHOPPING ?! Nous sommes devenus une nation de consommateurs Etre de consommateurs est devenue notre identité primaire. Pas des mères, des enseignants, des agriculteurs, mais des consommateurs. Le principal critère pour mesurer et prouver notre valeur est notre contribuons à cette flèche, combien nous consommons. Et pour consommer, ca nous consommons ! Nous achetons et achetons et achetons. Faites tourner les marchandises ! Et pour tourner, elles tournent ! Devinez quel pourcentage de l’ensemble de ces marchandises passe par ce système est toujours dans le produit ou en circulation 6 mois après la date de vente em Amérique-du-Nord...



Cinquante pour cent? Vingt? NON. Un pour cent. Un ! Autrement dit, 99 pour cent des ces choses que nous moissonnons, extrayons, traitons, transportons ; 99 pour cent des ces trucs que nous faisons passer par ce système finissent à la poubelle dans les 6 mois. Maintenant comment pouvons-nous gérer une planète avec un tel niveau de consommations des marchandises ? Disons que ça n’a pas toujours été ainsi. Demandez à votre grand-mère. En son temps, la bonne mesure, la préservation et l’épargne étaient valorisés. Alors comment en est-on arrivé là ? Disons que ce n’est pas tombé du ciel. Ca a été élaboré peu de temps après la 2ème Guerre Mondiale, ces gens (le gouvernement, les grandes entreprises) cherchaient à relancer l’économie qui est devenue la norme pour tout le système. Il déclara: “Notre économie extrêmement productive requiert que la consommation devienne notre mode de vie que nous transformions l’achat et l’utilisation des marchandises en rituels, que nous recherchions notre satisfaction spirituelle la satisfaction de notre ego, dans la consommation. Nous devons consommer, brûler, remplacer et jeter les choses à une rythme frénétique."

Le président du conseil économique du Président Eisenhower a déclaré que “Le but ultime de l’économie américaine est de produire plus de biens de consommations". PLUS DE BIENS DE CONSOMMATION? Notre but ultime ? Non pas de fournir une couverture sociale, une instruction ou un système de transports sécurisé, ou de la viabilité ou de l’équité?

Des biens de consommation ? Comment ont-ils réussi à nous faire adhérer à ce programme avec tant d’enthousiasme ? Eh bien, deux de leurs stratégies les plus efficaces sont l’obsolescence planifiée et l’obsolescence perçue.

L’obsolescence planifiée est un autre mot pour dire "Conçu pour la poubelle". Cela veut dire qu’ils confectionnent des trucs pour qu’ils deviennent inutilisables au plus vite. Donc on balance et on achète à nouveau. C’est bien évident avec des choses comme les sacs plastiques et les verres de café, mais maintenant c’est aussi valable pour les gros trucs. Serpillières, DVDs, appareils photos, même les barbecues. Bref, tout! Même les ordinateurs ! Avez-vous remarqué que de nos jours quand vous achetez un ordinateur les technologies changent si vite qu’en seulement quelques années, ça devient une barrière à la communication ? Je me posais des questions sur cela. J’ai donc ouvert mon ordinateur pour voir ce qui se trouvait a l’intérieur. Et j’ai pu apprendre que la pièce qui change chaque année est juste une toute petite pièce dans un coin. Seulement vous ne pouvez pas juste changer cette seule pièce parce que chaque nouvelle version a une forme différente. Vous devez donc balancer le tout et en acheter un nouveau. Je lisais l’autre jour les journaux de conception industrielle des années 1950 quand l’obsolescence planifiée était en plein essor. Ces concepteurs sont tellement ouverts sur le sujet. Ils discutent même de comment gâter les choses de façon à ce que le consommateur continue à avoir assez foi au produit au point d’aller en chercher un autre. Ça a été fait de manière tellement délibérée. Mais la chose ne se détruit pas si vite que ça afin de maintenir la flèche en marche.

Mais il y a également « l’obsolescence perçue. L’obsolescence perçue nous persuade de jeter la chose même si elle est parfaitement utile. Comment arrivent ils à faire cela ? Ben, ils changent l’apparence de la chose. Donc si vous aviez acheté votre truc il y a quelques années, tout le monde pourra dire que vous n’avez pas pas contribué récemment à cette flèche et puisque pour montrer notre valeur il faut y contribuer, cela peut être embarrassant.

Par exemple j’ai le même écran plat d’ordinateur depuis 5 ans. Ma collegue vient juste d’acquérir un nouvel ordinateur. Elle a un super joli écran plat qui se marie parfaitement avec son ordinateur, son téléphone et même son porte-stylo. Elle a l’air de conduire un vaisseau spatial et moi j’ai l’air d’avoir une machine à laver sur mon bureau. La mode en est une parfaite illustration. Est-ce que vous vous êtes demandés une fois pourquoi les talons des chaussures des femmes sont fins le temps d’une année et épais l’année suivante et ainsi de suite ? Ce n’est pas parce que il y a un débat sur les talons les mieux adaptés au confort de leurs pieds. C’est parce que porter des talons épais pendant une année où on est censé porter de talons fins montre à tout le monde que vous n’avez pas contribué à cette flèche récemment. Ainsi vous n’avait pas autant de valeur que celui qui porte des talons fins à côté de vous. Ou comme c’est souvent le cas dans certaines annonces, c’est pour vous pousser à acheter de nouvelles chaussures continuellement. La pub et les médias en général y jouent aussi un grand rôle. Chacun d'entre nous aux États-Unis est ciblé avec plus de 3000 messages publicitaires par jour. Chacun de nous regarde plus de publicités au cours d'une année que les gens il ya 50 ans ne le faisaient durant toute leur vie. Pendant que vous y pensez, quel est l’utilité d’une pub si ce n’est de nous rendre insatisfaits de ce que nous possédons. Donc, 3000 fois par jour, on nous dit que nous sommes mal coiffés, notre peau est mal entretenue, nous sommes mal habillés, notre mobilier ne va pas, nos voitures ne vont pas, que rien ne va chez nous. Mais que nous pouvons arranger tout ça en allant faire du shopping. Les médias contribuent à cacher tout cela.



Alors la seule partie visible de cette économie matérialiste devient le shopping. L'extraction, la production et l’élimination des déchets, tout se passe dans notre dos. Ainsi, aux États-Unis, nous possédons plus de choses que jamais, mais les sondages montrent que notre bonheur national diminue en fait. Notre bonheur national a atteint le sommet dans les années 1950, au moment où cette manie consumériste a explosé. Hmmm. Coïncidence intéressante. Je pense que je sais pourquoi, nous avons plus de choses, mais nous avons moins de temps pour les choses qui nous rendent vraiment heureux : la famille, les amis, les loisirs. Nous travaillons plus dur que jamais.

Certains analystes disent que nous avons moins de temps pour les loisirs que nos aieuls en avaient pendant la période féodale. Et savez-vous ce que sont les deux principales activités que nous faisons avec le peu de temps libre qu’il nous reste ? Regarder la télé et faire des courses ! Aux États-Unis, nous passons 3 à 4 fois plus d’'heures à faire du shopping que nos homologues européens. Donc, nous sommes dans cette situation ridicule où nous nous rendons au travail, peut-être même a deux emplois, et rentrons chez nous épuisés que nous nous affalons sur notre nouveau canapé et regardons la télévision et les publicités nous dire : « T’es nul! » Donc nous devons aller au centre commercial pour acheter quelque chose qui nous aidera à mieux nous sentir, mais alors il nous faudra travailler encore plus pour payer les choses que nous venons d'acheter et nous rentreront chez nous encore plus fatigués alors vous vous asseyez et regardez encore la télé qui vous dit de retourner au centre commercial. En définitive, nous sommes comme sur un tapis roulant avec cette folle tryptique « travailler - regarder - dépenser », ce que nous pourrions juste arrêter de faire. Mais en fin de compte, qu’est-ce qui arrive à toutes ces choses que nous achetons, de toute façon ? À ce rythme de consommation, nos maisons ne peuvent pas contenir tout ca, même si la taille moyenne des maisons dans ce pays a doublé depuis les années 1970. Ces choses finissent quand même toutes à la poubelle. C’est là qu’on arrive à l’élimination des déchets. La partie de l'économie matérialiste que nous connaissons le mieux parce que nous transportons les déchets sur le bord du trottoir nous-mêmes.



Chacun d'entre nous aux États-Unis produit plus 2 kilos de déchets par jour. C'est deux fois ce que chacun de nous produisait il y a trente ans. Tous ces déchets sont soit jetés dans une décharge, un grand trou dans le sol, ou si vous êtes vraiment malchanceux, il est brûlé d'abord dans un incinérateur, puis jetés dans une décharge. Quoi qu'il en soit, les deux polluent l'air, la terre, l'eau, et n'oubliez pas, changent aussi le climat. L'incinération est vraiment nuisible. Vous rappelez-vous des substances toxiques dans la phase de production ? Brûler les déchets libère en fait des substances toxiques dans l'air. Pire encore, ça fabrique de nouvelles substances ultra toxiques telle que la dioxine. Selon la science la dioxine est la substance la plus toxique créé par l’homme. Et les incinérateurs sont la source Cela signifie que nous pouvons arrêter la source première de la substance la plus toxique créé par l'homme en arrêtant simplement de brûler des ordures, on pourrait l'arrêter aujourd'hui. Maintenant, certaines entreprises ne veulent pas se fatiguer à construire des décharges et des incinérateurs chez nous, alors elles exportent l’élimination des déchets aussi. Qu’en est il du recyclage ? Est-ce qu’il sert vraiment ? Oui le recyclage peut aider à réduire les déchets. Et il réduit la pression d'extraire et de produire de nouvelles choses. Oui, Oui, Oui, nous devons tous recycler. Mais le recyclage ne suffit malheureusement pas. Le recyclage ne suffira jamais. Pour plusieurs raisons.



Tout d'abord, les ordures qui sortent de nos maisons sont seulement la partie visible de l'iceberg. Pour chaque poubelle sur le bord du trottoir, 70 poubelles ont été fabriqués en amont juste pour fabriquer tout le bazar que vous avez mis dans cette poubelle que vous avez sorti sur le bord du trottoir. Ainsi, même si nous pouvions recycler 100 pour cent des déchets qui sortent de nos ménages, le fond du problème reste. En plus, beaucoup d’ordures ne peuvent pas être recyclées, soit parce qu'elles contiennent trop de substances toxiques ou elles sont conçues, à l’origine, pour ne PAS être recyclables. Comme ces boîtes de jus de fruit faites de couches de métal, de papier et de plastique tous mélangés ensemble. On ne peut jamais les séparer pour faire du véritable recyclage. Donc, vous voyez bien qu'il s'agit d'un système en crise. Tout au long, nous nous heurtons contre un certain nombre de limites du changement climatique à la baisse de notre bonheur, on se rend compte que le systeme ne marche pas. Mais le bon cote des choses, avec un problème aussi répandu, c'est qu'il ya beaucoup de manières d'intervenir.



Il ya des gens qui travaillent ici pour sauver les forêts et pour produire propre. et la consommation responsable et qui luttent contre les décharges et les incinérateurs et surtout, car c’est tres important, qui oeuvrent à reprendre en main notre gourvernance afin qu’elle soit vraiment par le peuple et pour le peuple. Tout ce travail est d'une importance cruciale, mais les choses vont vraiment commencer à bouger quand on verra les connexions, lorsque nous aurons une vue d’ensemble. Lorsque les gens, tout le long du système, s’uniront, nous porrons récupérer et transformer ce système linéaire en quelque chose de nouveau, un système qui ne gaspille pas les ressources ou les personnes. Parce que ce que nous avons vraiment besoin de larguer, c’est cette mentalité de la vielle école qui consiste à tout jeter. Il y a une nouvelle école de pensée sur « ces trucs » et elle repose sur la durabilité et l'équité : la Chimie Ecologique, le Zéro Déchet, la Production en circuit fermé, l'Energie renouvelable, des économies locales de proximité. Et c'est déjà entrain de se réaliser. Bon, certaines personnes vous dirons que c’est pas réaliste, c’est utopique et que ça n’arrivera jamais. Mais moi je dis ceux qui ne sont pas réalistes sont ceux qui veulent continuer à emprunter des chantiers battus. Ils délirent.

N'oubliez pas que les vieilles méthodes ne se sont pas produites d’elles-mêmes. Ce n'est pas comme la loi de la gravité avec laquelle nous sommes obligés de vivre des personnes les ont crées. Et si nous sommes toujours des personnes, créons nous aussi quelque chose de nouveau.

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