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Tristan Nitot sur les standards du Web, les navigateurs et la technologie

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jeudi 4 mars 2010

En vrac

vendredi 19 février 2010

Notre vie privée est une monnaie

(Ca va sans dire, mais ça va mieux en le disant : comme indiqué en bas de chaque page de ce blog, ce que j'exprime ici n'est que mon opinion personnelle et ne saurait aucunement être attribué à mon employeur.[1])

(Ce billet est une adaptation de Privacy is a currency).

privacy, please

Cela fait plusieurs mois que je réfléchis à la vie privée. J'ai déjà écris un peu, et j'ai encore beaucoup de choses qui ne sont pas publiées. Et puis je suis tombé sur cet article de Dan Lyons dans NewsWeek, qui explique pile-poil ce que je pense. J'écrivais ceci le mois dernier à propos des services en ligne apparemment gratuits :

Il n'y a pas de prix qu'on peut discuter, comparer avec d'autres. Les utilisateurs — sous prétexte qu'il n'y a pas d'argent qui sort de leurs poches — pensent que c'est une bonne affaire. Ils ne réalisent pas que leurs données personnelles, leur vie privée, valent infiniment mieux qu'un peu de temps CPU issu d'un datacenter. Ca rappelle un peu la conquête de l'Amérique, où les colons échangeaient des terres contre quelques verroteries à des indigènes. L'image est forte, je le reconnais, mais elle évoque bien ce marché de dupes, où une des deux parties ignore tout des règles et se fait donc dépouiller d'un bien très précieux qu'elle ne récupérera jamais.

Dan Lyons — connu pour tenir le blog Fake Steve Jobs — exprime à nouveau ce point de vue, avec une verve que j'aimerais avoir. En voici un extrait, traduit par mes soins :

Notre vie privée est devenu une monnaie. On l'utilise pour payer les services en ligne. Google ne nous demande pas d'argent en échange de l'utilisation de Gmail. À la place, il lit vos emails et vous affiche de la publicité en fonction de mots-clés présents dans vos messages privés.

Mais l'ultime trésor, c'est votre liste d'amis. Avec ces informations, les marketeurs peuvent vous envoyer des messages encore plus ciblés. Si vous aimez un film, un album, un VTT, vos amis vont probablement l'aimer aussi. Ils seront donc des cibles de valeur pour ces produits. Bien sûr, vos amis ne vont pas acheter exactement la même chose que vous. La précision n'est pas millimétrique. Mais ces données aident les marketeurs à faire de la publicité beaucoup plus précise qui est bien plus efficace que la pub à la télé ou les bannières qu'on voit partout sur le Net.

Le génie de Google, Facebook, Google et leurs semblables c'est qu'ils créent des services qui sont tellement utiles ou amusants que les gens vont abandonner une partie de leur vie privée pour les utiliser. L'astuce consiste à en obtenir encore plus des gens, de façon à augmenter le prix du service.

Ces sociétés ne vont jamais arrêter de grignoter notre vie privée. Leur modèle économique consiste fondamentalement à "monétiser" notre vie privée. Pour réussir, elle doivent changer progressivement la notion de vie privée — ce que Facebook appelle "la norme sociale" — de façon à ce que ce que nous abandonnons ne nous paraisse pas important en terme de valeur. Et puis elles doivent gagner notre confiance. Ainsi chaque érosion de notre vie privée se voit accompagnée, paradoxalement, de discours pompeux expliquant à quel point la société X respecte notre vie privée. Je me demande à quel point Orwell serait catastrophé ou impressionné. Qui aurait pu deviner que Big Brother ne serait en fait pas un ministère, mais une bande de gamins de la Silicon Valley ?

Le problème d'acheter des choses avec votre vie privée c'est qu'on ne sait pas vraiment combien on paye. Avec de l'argent, on sait que 5 euros valent 5 euros. Mais quelle est la valeur de votre liste d'amis ? Si elle ne vaut pas beaucoup, peut-être que votre adhésion à Facebook est l'affaire du siècle. Mais si sa valeur est très élevée, vous êtes alors en train de vous faire arnaquer dans les grandes largeurs. Seuls les développeurs savent combien cette information représentent, et ils restent silencieux. Mais le fait qu'ils préfèrent vos données à votre argent en dit long.

Notes

[1] Voir en particulier Ne pas confondre Tristan Nitot et Mozilla

Privacy is a currency

This post does not reflect the views of my employer or any organization I am affiliated with. Obviously. But I felt I had to say it again, just in case.

I have been thinking about privacy in the world of Web services for several months now. I've written quite a bit, mostly in French, and most of the material I have been producing is not yet public. Then I find this article of Dan Lyons in Newsweek that remarkably nails it down: privacy is a currency for which we don't know the change rate. It's something we're giving to online services without knowing what it's worth. I wish I was able to write English this clearly...

privacy, please

Excerpt from Daniel Lyons' On the Web, privacy has its price, to be read carefully:

What's happening is that our privacy has become a kind of currency. It's what we use to pay for online services. Google charges nothing for Gmail; instead, it reads your e-mail and sends you advertisements based on keywords in your private messages.

The real holy grail is your list of friends. With that information, marketers can start sending more targeted messages. If you like a certain movie, or album, or mountain bike, your friends will probably like those, too. So they'll be good targets for ads for those products. Of course, your friends are not going to buy everything you do. It's not pinpoint accuracy. But the data helps marketers "narrowcast" their advertising. And it sure beats buying commercials on TV or splattering ads all over the Internet.

The genius of Google, Facebook, and others is that they've created services that are so useful or entertaining that people will give up some privacy in order to use them. Now the trick is to get people to give up more—in effect, to keep raising the price of the service.

These companies will never stop trying to chip away at our information. Their entire business model is based on the notion of "monetizing" our privacy. To succeed they must slowly change the notion of privacy itself—the "social norm," as Facebook puts it—so that what we're giving up doesn't seem so valuable. Then they must gain our trust. Thus each new erosion of privacy comes delivered, paradoxically, with rhetoric about how Company X really cares about privacy. I'm not sure whether Orwell would be appalled or impressed. And who knew Big Brother would be not a big government agency, but a bunch of kids in Silicon Valley?

The problem with buying things with your privacy is you really don't know how much you're paying. With money, five bucks is five bucks. But what is the value of your list of friends? If it's not worth much, your membership on Facebook may be the deal of a lifetime. If it's incredibly valuable, you're getting massively ripped off. Only the techies know how much your info is worth, and they're not telling. But the fact that they'd rather get your data than your dollars tells you all you need to know.

mercredi 3 février 2010

En vrac

vendredi 29 janvier 2010

En vrac

On peut corréler la résolution de l'écran, la version des plugins (java, flash, etc.) utilisés, les polices systèmes... (…) Le résultat est impressionnant : sur quelques tests ils estiment que l'entropie des informations détectées sur un firefox 3.6 intégrant le plugin mplayer et flash est de l'ordre de 17,5 bits. C'est-à-dire qu'on peut statistiquement identifier l'ordinateur qui a précisément servi à établir cette connexion parmi 185000 !

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