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vendredi 13 février 2009

Annonce de l'éditeur Mozilla Bespin

Je commence par enfoncer une porte ouverte : Mozilla soutient la notion de Web ouvert, bâti sur les standards, où chacun peut participer, par opposition aux technologies propriétaires, qui nécessitent de passer sous les fourches caudines de certains acteurs (je pense à Flash et Silverlight, au hasard).

Le reproche principal que l'on fait aux technologies ouvertes, ça n'est pas tant le manque de fonctionnalité que l'absence d'outils de développement d'application.

C'est à cela que s'est attelé l'équipe des Mozilla Labs dédiée aux outils de développement. Elle est constituée des célèbres Ben Galbraith et Dion Almaer, co-auteurs d'Ajaxian.

Logo Bespin

Le résultat de leur travail, c'est Bespin, qui est pour l'instant à sa version 0.1, et bien sûr sous licence Libre MPL.

Les auteurs de l'outil on voulu qu'il ait les caractéristiques suivantes :

  • Facile à utiliser, pour pouvoir plonger dans le code rapidement
  • Collaboration en temps réel, pour éditer un fichier avec d'autres personnes en même temps
  • Ligne de commande intégrée (comme vim et emacs)
  • Extensible et intégré, pour avoir des commande comme Ubiquity
  • Super rapide, y compris pour des fichiers de grande taille
  • Accessible de partout (du moment qu'on dispose d'un navigateur moderne respectueux des standards). Bespin est donc une application Web.

Le site est ouvert, on peut d'ores et déjà commencer à s'en servir !

Plus d'info :

dimanche 27 juillet 2008

En vrac

lundi 16 juin 2008

En vrac, la veille de la sortie de Firefox 3

  • Passe d'arme entre Nokia et la communauté du Libre. Ari Jaaksi, un des VP de Nokia lance dans une présentation que la Liberté du code est gênante, dans la mesure où les développeurs du Libre "devront apprendre les règles à suivre dont les DRM[1], le respect de la propriété intellectuelle[2], le bridage des services avec une carte SIM". C'est vrai que pour du code Libre et ouvert, il est difficile (voire impossible) de brider l'utilisateur. Et si ce dernier se sent limité par le code, il peut le modifier pour faire sauter la limitation. Depuis, Ari Jaaksi a expliqué sa position dans un billet. Pour l'occasion on a eu (au moins) deux réponses :
    • Celle de Bruce Perens qui explique les différents mécanismes permettant de séparer logiciel propriétaire et logiciel Libre, tout en respectant les différentes licences ;
    • ArsTechnica, qui pointe le fait que les DRM et autres débilités sont maintenant rejetés par les utilisateurs, qui arrivent aussi à les cracker.
  • Firefox 3 : Mozilla répond aux lecteurs de 01net. ;
  • Chris DiBona, Google : « Chaque fois que vous utilisez Google, vous exploitez une machine qui exécute Linux » ;
  • Trou de sécu commun à Internet Explorer et Safari, le Carpet Bombing
  • Phishing : quand les gros salaires lèvent le doigt, ça s'appelle le whaling  ! (En presque-français, le "baleinage") ;
  • Sauf exception, les principales extensions de Firefox seront compatibles avec la version 3 à sa sortie. Parmi les exceptions, on trouve Google Browser Sync, dont le développement est abandonné par Google
  • Vente liée : L'AFUL monte au créneau et traite Luc Chatel de menteur. Il faut dire que les déclarations du secrétaire d'état sont pour le moins... perturbantes ! PCINpact en parle ;
  • Bon article sur TechCrunch : Préparez vous à une nouvelle guerre des plateformes. Google Gears + Le Web Ouvert / Le Web ouvert avec HTML 5 / Silverlight / Flash. Je pense que cela sera l'objet de ma prochaine série de billets, dès que Firefox 3 sera sorti et moi reposée :-) ;
  • Bill Gates: 10 Memorable Moments. Je retiendrai en particulier deux choses :
    • Du bon : le lancement de Win95 (ah, enfin une pile TCP/IP en standard, qui permet de se connecter nativement à Internet sans trop de contorsion !) ;
    • Du mauvais : le passage dans le procès anti-trust, où ses mensonges flagrants me faisaient hurler devant mon écran. Comme le précise l'article : "Windows has always had problems with memory management; evidently Gates does too." Bien sûr, ça va de pair avec le fait que Microsoft ait évité la sanction après avoir été reconnu coupable d'abus de position dominante (merci Bush)...
  • Paul Thurrott, auteur de WinSuperSite.com et grand fan des produits Microsoft, recommande chaudement Firefox 3. C'est toujours sympa d'avoir des compliments de la part de quelqu'un qui est un fan de Microsoft. Mais au delà, j'ai trouvé fascinant de constater que Paul a un système de suivi du temps qu'il passe dans les applications, et qu'il publie cette information. J'en ai fait une copie d'écran. En gros, Firefox est utilisé presque 3 fois plus que l'appli en 2eme position, qui est Word. En substance, c'est sans le vouloir que Paul Thurrott, fan absolu de Windows, démontre la véracité de la boutade que j'énonce parfois : "le système d'exploitation n'est qu'une collection de drivers qui sert à faire tourner un navigateur"...

Notes

[1] Digital Rights Management - Moyens Techniques de Protection.

[2] On pense qu'il voulait dire par là les "brevets logiciels".

mercredi 16 avril 2008

En vrac

Coucher de soleil normand au grand angle

Juste pour le plaisir : coucher de soleil normand au grand angle

jeudi 5 juillet 2007

Questions sur l'avenir du Web

J'ai récemment reçu un mail d'un pote, Benoît Rigaut, un vieux routard du Net (c'est lui qui m'avait fait le compte à rebours de mon premier site, Virtual Bob, en 1996. Avec son autorisation, je reproduis ici ses questions, et je vais tenter d'y répondre.

tristan, j'ai lu ton interview sur NetEco.com mais comment on dit en 2 mots aux gens que c'est "mal" (surtout a ceux qui n'ont pas vu ghostbuster :) ) Silverlight et Flex ? Personnellement, je suis un peu inquiet, car je vois pas comment éviter le bordel de cette nouvelle avalanche de débordements au web standard.

Oui, moi aussi je suis inquiet pour l'avenir du Web ouvert.

comment on justifie que c'est mal notamment face a ceux qui disent que c'est un peu pareil que la demarche XUL ?

Mozilla produit du logiciel Libre, et l'un des grands intérêts d'être sous licence Libre[1], c'est que tout à chacun peut s'approprier la technologie, le code, et bâtir sur cette base. C'est ce que font les gens qui font Joost, Democracy Player / Miro, SongBird et compagnie. C'est un usage inattendu de la technologie Mozilla. Longtemps, Mozilla s'est interrogé sur l'intérêt de soutenir XUL. J'ai moi même envisagé, avec des développeurs, de faire standardiser XUL afin qu'il puisse être adopté par tous les navigateurs et ainsi contrer des technologies propriétaires comme Flash (et ses dérivés comme Flex et AIR) et Silverlight. Après mure réflexion, il a été décidé de faire évoluer le HTML de façon collégiale, avec les autres éditeurs de navigateurs, dont Opera et Safari, tout en étudiant des mécanismes pour que ces évolutions puissent fonctionner aussi sous Internet Explorer. Ces améliorations sont discutées au sein du WHAT Working Group et maintenant aussi au sein du HTML Working Group du W3C. L'approche générale, c'est une évolution en douceur du Web, d'être capable de toujours afficher les documents existants, plutôt que de repartir d'une feuille blanche. En cela, c'est très différent des approches propriétaires Flash et Silverlight, mais aussi de celle d'XHTML 2 du W3C (qui a le gros avantage sur les deux précédentes d'être dans un groupe de standardisation). En ce qui concerne XUL, Mozilla s'en sert pour écrire Firefox et Thunderbird et encourage la communauté à l'utiliser pour faire des extensions. Par contre, il n'a pas été décidé de lancer XUL dans la compétition contre Flex et Silverlight. La véritable alternative à ces technologies propriétaires, c'est le Web ouvert et respectueux des standards, avec une évolution de ces standards en vue de prendre en compte les nouveaux besoins des développeurs. Je pense en particulier à deux choses :

  1. La vidéo, qui n'existe pas en HTML, et qui force à l'utilisation de technologies propriétaires (Plug-in Windows Media Player ou Flash), d'où l'apparition dans la spécification du WHAT WG d'un élément video, sur lequel Opera et Mozilla travaillent de concert ;
  2. L'intégration entre le desktop et les applications Web, par exemple pour pouvoir ouvrir un document bureautique du disque dur en double-cliquant dessus pour le voir apparaître dans Google Docs ou équivalent ;
  3. Le fonctionnement des applications Web hors-ligne, toujours en conformité avec la spécification du WHAT WG.

comment on justifie aussi que c'est mal quand on voit les demos super sexy qui font pleurer les départements marketing ?

Il faut discuter, convaincre, réfléchir. Microsoft et Adobe jouent les cartes habituelles des éditeurs de plateformes propriétaires : ils investissent massivement pour séduire une clientèle qui va devenir captive à terme, car pris dans la nasse. A l'inverse, quand on investit dans le Web, on a une pérennité du contenu qui est sans commune mesure, car personne ne contrôle le Web ouvert. C'est d'ailleurs sa plus grande faiblesse : comme personne ne le contrôle, le retour sur investissement est forcément plus faible, car personne n'empoche toute la mise. Du coup, il y a moins de retour sur investissement envisageable de façon certaine. C'est un débat sans fin, une opposition entre liberté et facilité, entre Vision et court-termisme. Bon, il faut bien reconnaître que les directions marketing ne sont pas nécessairement les plus adeptes de la vision à long terme, de l'indépendance technologique et de la pérennité des investissements applicatifs ;-) mais c'est à la direction informatique de faire valoir ces aspects qui sont, à mon sens, essentiels.

bref: est-ce que "vous" ne devriez pas faire un mouvement éducatif et alarmiste avant que toutes les sociétés se jettent a corps perdus dans des essais la-dedans ? Pour peu qu'on pense que ca puisse servir a qque chose face au pouvoir prescripteur de m$ et adobe...

Il est clair que c'est à chacun de faire un effort d'évangélisation des standards au sein de son organisation. C'est bien pour ça que j'ai passé plusieurs jours entre Munich, Paris et Londres (j'écris ce billet dans l'Eurostar) avec Mike Shaver, pour expliquer les enjeux à la presse de ces trois pays. A titre personnel, c'est un vrai plaisir que de voir Mozilla agir et prendre fermement position dans le domaine des standards du Web. Mozilla est en effet dans une position unique pour incarner la démarche du Web ouvert, tant parce que le projet dispose d'un produit (Firefox), de moyens financiers et d'une indépendance (fondation oeuvrant pour le bien public). Mais il ne faut pas se reposer sur Mozilla seulement pour cela. Car Mozilla contre Adobe et Microsoft, c'est plié d'avance, et pas dans le bon sens. Par contre dans une perspective où c'est le Web tout entier contre deux plateformes propriétaires, alors les dés ne sont pas jetés, et le bien du public peut encore l'emporter.

Notes

[1] Tiple license GPL, LGPL et MPL, pour être précis.

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