mardi 25 mars 2008

En vrac

  • Etude comScore Media Metrix pour février, avec quelques données intéressantes :
    • Yahoo (1er) est largement plus visité que Google (2eme), mais presque à égalité. Microsoft est 3eme. Si on regarde l'audience publicitaire, le réseau Google est 4eme derrière le réseau Yahoo, Platform-A et Adverstising.com ;
    • Le Libre s'en sort bien, avec Wikipedia qui est 7eme site le plus visité par les américains (il gagne une place) avec près de 56 millions de visiteurs uniques sur février, soit deux fois plus que Disney.com. Mozilla progresse beaucoup et atteint 15 millions de visiteurs uniques et se classe donc en 63eme place dans la liste. Je me demande comment sont faits ces calculs, car ça ne correspond pas aux miens (mais bon, mes calculs sont faits de tête ;-)
  • Un bon moment pour l'innovation ouverte, explique BusinessWeek. C'est assez intéressant de voir que le logiciel Libre a déjà intégré et applique au quotidien les fondamentaux mentionnés dans l'article :
    • Identify partners who share a common vision. La porte est ouverte, et ceux qui veulent participer participent. C'est tout simple !
    • Have a big idea with clear goals. Voilà qui me rappelle furieusement le Mozilla Manifesto (big idea) et la volonté de faire un logiciel efficace qu'on met dans les mains de tout le monde...
    • Plan two team workspaces—one physical, one virtual. Le virtuel, on le pratique tout les jours, et pour le réel, il y a Fosdem, les RMLL et toutes les conférences Libres !
    • Manage Intellectual Property. Une licence (ou un groupe de licences) et hop, c'est réglé dès le début, et on n'en parle plus !
  • près de 8 internautes sur 10 (77,2 %) se connectent tous les jours ou presque (...) et ils y consacrent désormais presque une heure quotidiennement (52 minutes) ;
  • Université de Pennsylvanie recommande d'éviter Vista SP1 ;
  • Why Apple fans hate tech reporters ;
  • Meraki tourne mal espérons que Fon.com ne fera pas de même... C'est vraiment dommage de pourrir sa réputation aussi bêtement, en se mettant à dos la communauté des développeurs en verrouillant un système jusque là ouvert (et Libre).
  • Le vote est ouvert pour le concours de T-shirts Firefox 3 (non, pas mouillés, les T-shirts !) A vous de jouer !

jeudi 20 mars 2008

En vrac

Notes

[1] Firefox 3 is so much better than Safari (and Firefox 2) that I’m going to stick with it full-time. It uses less memory than Safari, feels a lot faster, has a nicer interface, supports multiple search engines, and currently gets my thumbs up as the best browser of the moment. I can’t believe it feels faster than Safari, but there you go.

dimanche 2 mars 2008

Vista, accident industriel ?

Copies de Vista bradées chez Surcouf dans le bac des fins de série

Copies de Vista bradées chez Surcouf dans le bac des fins de série

Le grand public a une perception très négative de Vista, c'est un fait. Mais la publication d'emails internes à Microsoft prouve que depuis toujours, on sait que même à Redmond, on savait qu'on allait droit dans le mur.

Il y a quelques jours, après plus d'un an à expliquer à des journalistes souvent sceptiques que les ventes de Windows étaient formidables, Microsoft baisse le prix de Vista, alors que jamais la firme de Redmond n'avait baissé les prix de Windows auparavant, même pour Windows ME, qui était pourtant une sacré bouse... Comme l'indique un analyste, "c'est du jamais vu"

Bref, il est maintenant avéré que Microsoft, compte tenu de sa position de monopole sur les systèmes d'exploitation, s'est reposé sur ses lauriers[1]. D'où l'importance de faire cesser le monopole de Microsoft en exigeant la fin de la vente liée, par exemple en ayant recours au guide de la vente liée. On pourra alors espérer que Microsoft, à nouveau devant l'obligation de séduire ses clients par la qualité de ses produits, fera mieux lors de la prochaine version de Windows.

Et vous, cher lecteurs, pensez-vous que Microsoft fera mieux à l'avenir s'il est à nouveau soumis à la pression de la concurrence ? Pensez-vous que Linux et Mac OS X ont des chances d'obtenir des parts de marché suffisamment importantes pour faire pression sur Microsoft ?

Mise à jour : ComputerWorld titre Windows Vista is a disaster. Windows Mobile is unusable. Is there hope for Microsoft?...

Notes

[1] On a déjà vu une situation très comparable avec le monopole sur les navigateurs, où seule le rétablissement de la concurrence a poussé Microsoft à faire face à ses responsabilités.

vendredi 1 février 2008

Conférence poste de travail libre au sein de l'administration

(billet publié avec 48h de retard)

Le représentant du ministère de la défense a présenté des transparents (format PDF) le mercredi 30 janvier 2008, transparents qui mentionnaient les points suivants, très novateurs à mon sens. Voici quelques notes prises pendant la conférence ce matin et (rapidement) mises en forme :

  • Le ministère de la défense, grand utilisateur de Windows XP, a évalué Windows Vista et avait décidé un moratoire jusqu'en juin 2008, le temps de faire une évaluation préliminaire. Compte tenu de l'attentisme des entreprises et du manque de maturité du produit, le moratoire a été prolongé jusqu'en juin 2009.
  • A l'inverse, Linux démontre un niveau de maturité qui rend possible un déploiement à grande échelle (et c'est ce qui a permis l'annonce d'un tel déploiement dans la gendarmerie)

Plusieurs décisions structurantes ont été prises :

  • Pour les postes ayant besoin de fournir un niveau de sécurité élevé, il faut favoriser Linux et les systèmes d'exploitation au code ouvert
  • postes de travail seront soit sous XP, sois sous Linux (choix entre Mandriva et Ubuntu)
  • Le système d'exploitation doit être une commodité. A ce titre,
    • les nouvelles applications ne doivent pas être liées à un système d'exploitation (sauf exception).
    • Toutes les nouvelles applications Web doivent être compatibles IE et Firefox, indépendamment de l'OS (Linux et Windows), et ceci sans dérogation possible. Cela s'inscrit dans le respect du RGI.
    • Les applications existantes devront autant que possible migrer sur des technologies minimisant la dépendance entre application et OS (webisation, virtualisation, client multi-plateforme, etc...).

J'ai posé quelques questions à l'auteur de cette présentation à la suite de la conférence. Ca sera le sujet d'un autre billet.

jeudi 8 février 2007

Quand Steve Jobs dit du mal des DRM...

J'ai publié hier un rapide résumé de l'article de Steve Jobs sur les DRM (la version anglaise est sur le site d'Apple). Depuis, l'ami Vinvin en propose une traduction en français MàJ : Vinvin a baclé le truc en faisant juste un Google translate. Ma version est donc moins exhaustive, mais beaucoup plus compréhensible.

Il y a plusieurs choses qui clochent dans le discours de Steve Jobs, mais il est toutefois convaincant. C'est ce que les américains appellent le reality distortion field de Jobs. Autrement dit, son champ de distortion de la réalité, son charisme de vendeur. Le souci, c'est que ça marche mieux en vrai, sur scène (les fameuses keynotes), voire en vidéo que par écrit, justement parce que par écrit, on peur relire les arguments, passer outre les effets pour s'attaquer au fond du message, une fois la forme dépassée.

Par exemple, au paragraphe 9, Jobs considère que les utilisateurs ne sont pas verrouillés par les formats de l'iPod et d'iTunes. C'est faux.

  1. d'une part, les baladeurs lisent le MP3 beaucoup plus que l'AAC à ma connaissance. Et bien évidemment, quand on importe ses CD avec iTunes, c'est en AAC, pas en MP3. Pour éviter cela, il faut aller fouiller dans les préférences, ce que les utilisateurs normaux font rarement (d'autant moins que la notion de format de compression numérique leur est tout à fait étranger). Mise à jour : les commentaires m'indiquent que l'AAC est plus répandu que je l'imaginais (ou plutôt, plus répandu qu'à l'époque où j'ai pris la décision de tout coder en MP3 pour des raisons d'interopérabilité).
  2. d'autre part, si on importe beaucoup de CD, c'est parce qu'on a un existant. Mais la musique qu'on écoute, celle qu'on vient d'acheter, bien plus que celle qu'on a importé, et donc seuls quelques très bons titres surnagent. Et si on a acheté de la musique pour l'iPod, c'est forcément via le magasin iTunes, donc avec des DRM qui empêchent de passer à un système concurrent, sauf à accepter de tout perdre[1].
  3. Enfin, Steve Jobs considère dans son calcul que tous les iPods vendus sont encore utilisés. C'est oublier un peu vite l'effet de mode, le fait que les batteries vieillissent et poussent au renouvellement. Autrement dit, on peut sûrement considérer que le chiffre de 3% est grossièrement sous-estimé.

Mais finalement, là n'est pas le gros du problème. Pourquoi Steve Jobs fait-il la critique des DRM, alors qu'il en est le premier bénéficiaire, vu son emprise sur le marché des lecteurs audios ? Pour Apple, les DRM sont des barrières à l'entrée qui empêchent les concurrents de se mesurer à armes égales à l'iPod et au magasin iTunes. Qui affirme une telle chose ? Des tas d'analystes, mais aussi la SABAM, équivalent belge de la SACEM : "La limitation d'utilisation de musique téléchargée d'iTunes n'a rien avoir avec les droits d'auteur ou la lutte contre le piratage. Il s'agit d'un choix de Apple, qui veut sans doute stimuler l'achat d'iPods plutôt que d'autres lecteurs mp3.".

Certains pensent que Steve Jobs détecte un changement dans l'industrie et veut laisser penser qu'il en est à l'origine pour cultiver le mythe. Ca n'est certes pas exclu...

Pourtant, je pense que l'intervention publique de Steve Jobs dans le débat a un effet. Car Jobs n'est pas qu'un observateur du marché, c'est surtout un des acteurs les plus puissants, du moins dans le domaine de la musique. Le fait qu'il dénonce les DRM et démontre qu'ils sont imposés par les majors, met ces dernières dans une position encore plus délicate vis à vis des clients, et peut pousser à la prise de conscience par les consommateurs qu'on se moque d'eux. Accessoirement, on peut aussi y voir une démarche hypocrite, celle du type qui dit "c'est pas moi, c'est lui", en pointant du doigts les majors, s'offrant ainsi une virginité à peu de frais.

Une dernière hypothèse émerge dans mon cerveau parfois trop favorables aux théories de la conspiration... Et si Apple avait compris que l'inclusion des DRM dans Vista était mauvais pour le business ? Car on ignore encore comment Apple va procéder pour permettre à ses machines de lire du contenu Haute Définition. Vista, pour sa part, a joué la carte d'Hollywood en bridant complètement le système, à tous les niveaux (périphériques, logiciels pilotes, chiffrement à tous les étages et certification et possibilité de révocation à distance de chacun des composants). Où en est Apple sur ce problème ? Vont-ils eux aussi plier l'échine face à Hollywood ? Ou bien préfèrent-ils voir les DRM s'écrouler au niveau de l'industrie musicale, en espérant voir la même chose arriver pour l'industrie cinématographique ? Je sais que ça peut sembler capillotracté. Mais il y a plusieurs années, rares étaient ceux qui croyaient possible que les ordinateurs seraient bridés par l'entreprise qui les contrôlaient. Et pourtant, Vista est sorti, avec les tristes limitations qu'on lui connaît.

Notes

[1] note : j'ai appris et testé récemment qu'en exportant sur CD vierge la musique achetée en ligne et sans éjecter le disque, on pouvait la réimporter sans perdre les meta-données (titre, album, artiste, genre). Par contre, on y perd très probablement en qualité au passage.

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