“L’explosion de l’IA est inéluctable”, entend-on suite au sommet de l’IA à Paris. Sauf que…
Quand on regarde la prévision de consommation électrique de l’IA (ici sur la base d’un récent document de Deloitte Global Analysis), la consommation électrique des centres de données, sous la pression de l’IA, devrait faire un bond énorme pouvant être multiplié par un facteur 9,3 entre 2023 et 2050.
À coté de ce graphique[1], sur la droite, j’ai mis quelques coupures de presse qui démontrent bien que coté électrique, on a déjà pas mal de soucis : on redémarre en France une des deux centrales à charbon pour passer l’hiver sans pénurie. En Irlande, ils font tourner les datacentres à coup de carburants fossiles pour pouvoir assurer la fourniture d’énergie. Du coup, on n’a jamais autant brûlé d’énergies fossiles qu’en 2024. Le Gartner prévoit que 40% des centres données seront menacés de pénuries d’ici 2027. Aussi, cela risque de retarder la transition énergétique. Et bien sûr Google et Microsoft, on s’en souvient, voient leurs émissions de GES bondir à cause de l’IA.
Mais on oublie quelque chose d’essentiel, c’est que pour réussir à prendre le virage climatique, il faut aussi électrifier l’industrie et aussi la mobilité (avec les fameuses voitures électriques).
Alors, puisqu’il est si difficile de fabriquer des centrales électriques (combien de temps ça a pris pour l’EPR de Flamanville, déjà ? 17 ans, de quoi décidera-t-on de se passer ? De produits issus de l’industrie ? De voitures ? D’IA ?
Sans compter que là, je vous parle d’énergie, mais ça veut dire que je passe sous silence les trois plus gros problèmes que sont les limites planétaires en général, l’effondrement de la biodiversité et le changement climatique[2].
Ça m’amène à me poser la question suivante : un monde habitable n’est-il pas plus important qu’un ami imaginaire qui ferait une partie de mon boulot à ma place ?
Notes
[1] Ce graphique est tiré d’une conférence de 30 mn titrée L’humanité a-t-elle les moyens de s’offrir l’IA, présentée en décembre 2024 à Open Source Expérience, à Paris.
[2] Je constate que je ne suis pas le seul à le dire, et c’est bien !


