Voilà, Le Web 3 vient de se terminer. Un petit compte-rendu jeté à la va-vite sur le clavier façon "j'aime, j'aime pas"''.

Dans la grande salle

J'aime

  1. La possibilité de rencontrer des gens d'une carrure qu'on croise rarement dans nos contrées, au moins dans le domaine de l'Internet, par exemple de se présenter à Michael Arrington, qui m'a répondu "oui, je t'ai reconnu, t'as donné une interview à Mike, de TechCrunch UK" !
  2. la bouffe, très bonne, même pour un français qui aime les bonnes choses. Les autres participants ont été unanimes et très favorablement surpris. Je crois qu'un certain nombre d'américains ont découvert le magret et le confit de canard et la crème brûlée. Par rapport aux conférences qui sont organisées à l'étranger et où on vous sert un sac en papier avec un sandwich sous cellophane avec une pomme, c'est vrai que la différence est impressionnante !
  3. L'absence de politiques ;
  4. La place disponible pour les différentes activités :
    1. Une super grande salle pour les conférences
    2. Beaucoup d'espace pour déjeuner sans se marcher sur les pieds
    3. un coin salon pour "réseauter"
    4. Une multitude de bars bien fournis
    5. un bâtiment dédié aux "start-up" très vaste aussi (et du coup un peu vide)
  5. Certains talks intéressants, dont :
    1. celui de Jason Calacanis sur l'importance de respecter le Web, un genre de vision écolo du Web, qu'on attendait pas de Jason. Quelques diapos : une, deux et trois. Il faudrait que je prenne le temps de parler de tout cela. En attendant, jetez-vous sur ce billet.
    2. celui, hilarant, de Yossi Vardi, sur la bande passante procurée par des pigeons transportant des clés USB et des escargots tirant des chariots dont les roues sont des DVD. Totalement déjanté et inutile, donc indispensable... Une preuve qu'on peut avoir le sens des affaires (c'est un investisseur avisé) sans perdre le sens de l'humour !
    3. celui de Hans Rosling, créateur de l'indispensable GapMinder.org.
    4. Celui d'Evan Williams (créateur de Blogger.com et de Twitter.com), sur le fait que la simplicité apporte à l'utilisateur. Ca m'a fait repenser à la démarche difficile qu'on a eu chez Mozilla autour de Firefox, où nous retirions des fonctionnalités par rapport à ce qu'il y avait dans la suite Mozilla, avec la levée de bouclier qui a suivi. Cette démarche, indispensable, était totalement contre-intuitive... Joel Ronez en parle rapidement.
  6. La possibilité de rencontrer des blogueurs de province en vrai, comme Otto et Eric.
  7. Le plaisir sans cesse renouvelé de retrouver des anciens potes, à croiser des gens que je ne connais que via leur blog, voire pas du tout.
  8. L'occasion de retrouver David Recordon (SixApart / OpenID), l'incontournable Christophe Ducamp, de rencontrer enfin Snorri et voir comment je peux les aider à titre personnel dans ce qui me semble être a good fight, and a fight for the good.
  9. L'organisation. Rien à redire à part le Wifi, voir ci-dessous.

J'aime pas

  1. L'accès au lieu. Coincé entre l'autoroute, le cimetière et la voie ferrée (en plus d'être mal indiqué), c'est franchement pas glamour, pour reprendre le terme de Laurent, surtout quand il faut prendre le métro jusqu'à la porte de la Chapelle pour ensuite prendre une navette dédiée. Bon, une fois sur place, c'était bien car spacieux. Chaque médaille a son revers !
  2. Une salle de presse trop petite, vu le nombre de vidéos qui ont été tournées (ca en devenait risible, d'ailleurs). A la limite, pourquoi pas faire des genres de "boxes" isolés les uns des autres à l'avenir ?
  3. Le wifi-intermittent. A ce prix là, avec cette audience là, il *faut* de la connectivité, qui fonctionne, ce qui n'était pas le cas dans la grande salle de conférence pendant les sessions.
  4. Le fait qu'on ait pas parlé de logiciel Libre du tout, du moins pour ce que j'ai pu écouter et voir sur le programme. Soyons clairs : l'immense majorité des sites discutés tournent sur LAMP. De même pour les développeurs Web qui utilisent Firefox pour créer des services innovants, avec des extensions comme Webdev toolbar ou Firebug. Pourtant, pas un mot, pas un talk...
  5. Certains talks consternants :
    1. Philippe Starck était en dessous de tout, malgré (ou à cause de ?) l'admiration que j'ai pour lui. Le discours était creux et sa provocation (pourquoi pas ?) était vraiment forcée. Il a malgré tout eu une fulgurance vers la fin (j'avais déjà arrêté de suivre) en faisant une critique expresse du Kindle d'Amazon. A ce moment là, les gens ont peut-être réalisé que le motard sur scène qui mimait l'acte sexuel avec un accent français à couper au couteau n'était pas un coursier qui cherchait son chemin, mais bien un professionnel du design qui avait des idées et un savoir faire. Mais pour moi c'était trop tard, j'avais déjà zappé...
    2. Le chercheur de Microsoft, aussi gentil soit-il, a consterné l'audience en disant que d'un point de vue matériel, il y avait trois innovations qui changeaient la donne en terme d'interface utilisateur : la Wii de Nintendo, l'iPhone d'Apple, et Microsoft Surface. L'inconvénient de cette dernière, c'est qu'elle est encore dans les labos, contrairement aux deux autres. Alors on a du se contenter de la video promotionnelle. Je suis à peu près sûr que les Microsoft Labs ont mieux à montrer qu'une video qu'on trouve sur DailyMotion depuis près de 6 mois, portant sur un produit inexistant...
    3. Facebook qui se fout de la gueule du monde, en direct sur scène.
  6. Le prix. J'ai payé 600 EUR, et certains ont payé jusqu'à 1200 EUR. Est-ce que ça valait vraiment ce prix-là ? Pour un entrepreneur qui trouve un investisseur (et réciproquement), oui, c'est sûr. Mais pour un blogueur ? Sûrement pas. J'aurais du passer outre ma répulsion et faire jouer le copinage et demander une entrée gratos à Loïc. Ca sera pour l'année prochaine...

Conclusion

Avec son "networking" entre "start-uppeurs" qui venaient se montrer et "venture-capitalists" qui discutent du prochain "twitter, mais de la video" ou du prochain "facebook, mais sur mobile", il est vrai que Mozilla paraît bien éloigné de l'événement (d'ailleurs je n'ai pas été invité à parler sur scène, et j'ai même payé mon invitation !). Et pourtant, j'ai passé 2 jours sur place, relax, à discuter de l'avenir du Web, de l'importance des médias citoyens, de l'accès pour tous, de vidéo sur le Web, ou simplement dire des bêtises (et j'en dis beaucoup) en gobant du gâteau au chocolat coupé en petits morceaux. En fait, Le Web 3 (quel nom mal trouvé), c'est un événement où plein de gens travaillant sur le Web se retrouvent au même endroit, au même moment, et peuvent écouter des discours (pas toujours intéressants, mais pas toujours nuls), ou simplement se retrouver pour taper la discute, partager leur passion (une idée, un produit, un business plan), avec d'autres personnes qui partagent les mêmes intérêts.

Le Web 3, c'est comme un réseau social, mais en vrai, et sans qu'on y perde sa vie privée ! ;-)

Ils en parlent...

(Section susceptible d'être mis à jour si des choses intéressantes se présentent)