Des nouvelles d'EROOM

Catégorie Usage Répartition
Fréquemment utilisées 80 % du temps 12 % des fonctionnalités
Modérément utilisées 15% du temps 8 % des fonctionnalités
Rarement utilisées 5 % du temps 56 % des fonctionnalités
Jamais utilisées 0 % du temps 24 % des fonctionnalités

Des nouvelles de l'extrême-droite

Des nouvelles de l'empreinte du numérique individuel

Malgré le rôle majeur du logiciel dans cette obsolescence, il reste très peu mis en avant dans les débats et réglementations sur le sujet. Face à ces constats nous invitons les pouvoirs publics, les fabricants de smartphones et les fournisseurs d’applications à considérer le poids important de l’obsolescence logicielle dans le renouvellement des appareils. Et ce par la mise en place d’une garantie logicielle sur plusieurs années ; par la mise à disposition d’applications plus sobres, compatibles avec des faibles capacités de calcul ou de stockage ; en facilitant la gestion et le ménage du stockage par des moyens logiciels ou matériels. Plus largement nous invitons à réfléchir à tous les moyens (techniques, économiques…) de faciliter la réparation et la maintenance. Tels qu’ajouter des paramètres qui permettent de contourner les dysfonctionnements comme nous le proposions ici.

Des nouvelles du capitalisme

Empreinte environnementale de l'IA

  • Google has released data on how much energy an AI prompt uses. Le diable se cachant dans les détails, il faudra regarder cela de près. Mais déjà, un prétendu détail saute aux yeux des experts : "Rather than using an emissions estimate based on the US grid average, or the average of the grids where Google operates, the company instead uses a market-based estimate." En substance, Google ne compte pas les vraies émissions de GES, mais plutôt celles (moindres) qui seraient émises si elle utilisait des énergies renouvelables pour alimenter ses datacentres (ce qui n'est pas le cas). Autre "détail", elle ne compte que la conso électrique pour une requête médiane, ce qui exclut donc tout les gens qui font du travail sérieux avec Gemini car ils sont très loin de la médiane. Enfin, c'est une analyse qui semble multi-critères (bien !) car incluant l'eau, les émissions de GES et la conso électrique. MAIS pas l'ensemble du cycle de vie, depuis la construction du datacentre, fabrication du matériel, recyclage & co. Bref, c'est une étude bienvenue, un pas dans la bonne direction, mais évidemment, pas du tout suffisant ni même — oserais-je — honnête. C'est de la communication corporate pro-IA façon "dormez tranquilles braves gens". Pour ceux qui veulent lire le document original de Google : Measuring the environmental impact of delivering AI at Google Scale en évitant soigneusement le pipotron marketing de leur blog : Our approach to energy innovation and AI’s environmental footprint où on apprend toutefois qu'ils utilisent beaucoup moins d'énergie par requête médiane (33 fois moins) qu'il y a 12 mois. "the median energy consumption and carbon footprint per Gemini Apps text prompt decreased by factors of 33x and 44x, respectively.". Mais compte tenu de toutes les astuces grossières repérées plus haut, cela sème un doute énorme sur la véracité de leurs propos. Dommage.
  • Next.ink tacle à son tour : Google lâche des infos sur l’impact environnemental de Gemini, pas les plus pertinentes et pointe sur un fil Bluesky de la chercheuse Emily Bender qui explique « il ne suffit pas de connaître la consommation d'électricité, d'eau et les émissions de CO2 associées à une seule requête médiane. Quelles sont les consommations totales ? Comment évoluent-elles au fil du temps ? Quel est le coût total de toutes les "AI overviews" non sollicitées pour une journée donnée ? » ;
  • AI Data Centers in Texas Used 463 Million Gallons of Water, Residents Told to Take Shorter Showers ; les datacentres au Texas ont consommé 1,7 milliards de litres d'eau, alors qu'on demande aux habitants de raccourcir le temps passé sous la douche ;
  • Epoch AI publie un graphique passionnant, qui démontre que d'ici 2030, même le plus gros data center prévu à ce jour (il n'existe pas encore) ne sera pas suffisant pour entraîner les futurs gros modèles de LLM. Ils ont essayé, dans un article passionnant, de répondre à la question Can AI Scaling Continue Through 2030?. La réponse est oui. Parmi les possibles goulets d'étranglement de l'IA identifiés, puissance électrique, capacité de production des GPU, rareté de la donnée, mur de latence, c'est la puissance électrique qui est la première barrière, mais qui permettrait d'entraîner des modèles 10 000 fois plus consommateurs qu'aujourd'hui, dans 5 ans. Si je dis que cet article est intéressant, c'est parce qu'il met en perspective exactement ça : l'industrie de l'IA (à moins d'une explosion de la bulle) se prépare à multiplier par 10 000 sa consommation électrique dans les 5 ans, rien que pour entraîner les meilleurs modèles d'IA.

Des nouvelles de l'IA

À propos de mobilité

  • Le cycliste urbain, ce privilégié, article belge qui pointe que si le cycliste du passé était souvent d'une classe populaire, aujourd'hui c'est souvent un privilégié. C'est en bonne partie vraie, et c'est pourquoi j'essaye de ne pas me positionner en donneur de leçons. Certes, me déplacer à vélo a changé ma vie pour le mieux, financièrement, et au niveau santé, mais c'est aussi parce que j'habite assez près de mon travail, dans une ville avec beaucoup de pistes cyclables. Quand on a du déménager loin de son travail, ou loin d'un centre ville, souvent pour des raisons économiques, l'équation est très différente, il faut le garder à l'esprit. Je vois toutefois un attrait à cette situation : le vélo est bien moins cher qu'un transport motorisé, et justement parce qu'il est socialement marqué, cela peut le rendre enviable. Reste à démocratiser les pistes cyclables en banlieue et en région et à rendre les vélos utilitaires (longtails, cargos, etc.) meilleur marché. On peut espérer que ça arrive un jour !
  • Et si... on se passait de voitures ? - Entretien avec Frédéric Héran par Reporterre, un des grands experts du sujet. C'est pas un grand déconneur, mais il sait super bien de quoi il parle.
  • Développer la pratique du vélo est crucial pour l'atteinte des objectifs climatiques de la France explique l'indispensable Aurélien Bigot dans Les Echos ;

Complètement En Vrac

Mais, ce qui est propre au monde numérique est qu'il a permis de populariser une connaissance de l'avenir que le monde d'autrefois ne connaissait absolument pas. L'avenir a toujours été le lieu de l'opacité, comblé par de grands récits mythiques ou apocalyptiques. Aujourd'hui, l'apport informationnel majeur du numérique, permet d'avoir pour chaque réalité un ensemble de statistiques prospectives extrêmement fiables. On peut trouver comment vont évoluer les populations d'insectes, la fonte des glaciers, les températures globales comme locales… Ce n'est pas uniquement le média numérique qui est mobilisé ici, mais la science, la technoscience, les calculateurs… c'est-à-dire la forme contemporaine du savoir. Les rapports du Giec en sont une parfaite illustration. Ils sont des éventails de scénarios chiffrés, sourcés, documentés… assortis de probabilités et validés collectivement. Ils font partie du surconscient, du dôme de savoir dans lequel nous évoluons et qui étend sa chape d'inquiétude et de soucis sur nos consciences. L'éco-anxiété est une digitose parce que c'est le branchement à ce surconscient là qui est important. Ce n'est pas uniquement la digitalisation de l'information qui est en cause, mais l'existence d'un contexte informationnel dont le numérique est le vecteur.

Des nouvelles de mon ego

  • À 9 mn 25, j'étais l'invité de la matinale de France Inter pour expliquer la prochaine l'explosion de la bulle IA. C'est très perturbant de se retrouver d'accord avec Sam Altman sur une radio nationale :-D
  • Sur France Inter toujours, le même jour à 18h52, je parlais d'empreinte environnementale de l'IA, en compagnie de l'excellent Fred Bordage. Au delà du délire d'Altman (qui doit fumer des trucs pas légaux, c'est pas possible autrement, ou alors c'est pour nous détourner du problème environnemental), j'arrive à parler des limites planétaires face à l'IA. Donc dans cette 2e interview, je ne suis plus du tout d'accord avec Altman :-D . Juste pour vous donner une idée de la vision de Sam Altman qu'il entend réaliser d'ici quelques décennies : construire une sphère de Dyson, une sphère composée de panneaux photovoltaïques qui engloberaient tout le système solaire pour pomper toute l'énergie solaire pour alimenter des data centers gigantesques dans l'espace. C'est tellement con que je ne sais pas par où commencer. Combien de fusées ? Où trouver l'énergie pour les alimenter ? Quelle matière pour les fabriquer ? Et fabriquer les panneaux solaires ?