Une petite équipe a décidé de cloner 13 logiciels bureautiques vedettes avec une IA et de mettre le résultat à la disposition de tous gratuitement. Word, Photoshop, Figma, Illustrator, Acrobat et plein d’autres.

C’est fait par Artcraft AI.

C’en est encore au tout début, et ça doit flipper grave chez Microsoft, Adobe et consorts : quelqu’un duplique leurs vaches à lait et les distribue gratuitement sur le Web, sous licence libre (MIT ou Apache 2). Bref, c’est Open Source.

Mon collègue Thomas Louvigné s’en félicite et annonce déjà la mort du logiciel propriétaire et la victoire (attendue depuis si longtemps) de l’Open Source et du logiciel libre.

Mais cette approche, très impressionnante, est très loin d’être une communauté open-source, avec des gens qui apprennent, qui collaborent, montent en compétences grâce aux autres.

C’est juste des gens qui semblent avoir beaucoup de crédits de token à donner à Claude pour dupliquer avec une IA du code propriétaire.

De ce fait, un certain nombre de questions se posent : qui va faire la maintenance ? Qui va payer les tokens ? Aucun humain ne comprend l’architecture du logiciel généré par IA. Et essayer de comprendre prendrait des centaines d’heures de travail, alors qu’on peut re-générer le code en quelques heures avec un prompt (et des dollars pour payer les tokens). C’est donc peine perdue pour un humain.

Alors une telle annonce est probablement mauvaise pour le logiciel propriétaire, surtout quand il est médiocre (je ne donne pas de noms pour protéger les coupables), mais il n’est pas forcément bon pour le logiciel libre.