Je viens de découvrir le court métrage d'animation L'homme qui plantait des arbres, tiré d'un texte de Jean Giono (plus d'info sur Wikipedia). Jean Giono y raconte la vie d'un vieil homme solitaire en Provence, qui redonne vie à toute une région en y semant des glands de chêne. Le film datant de 1987, est magnifique, très bien servi par la voix off de Philippe Noiret.
Dans l'histoire, un homme ayant perdu sa famille est devenu berger. Il s'appelle Elzéard Bouffier. A ses heures perdues, il plante des glands en vue d'avoir une forêt de chênes. Il n'est pas propriétaire de la terre abandonnée. Il ne sait même pas à qui elle appartient. Il a juste constaté qu'elle était peu propice à la vie, alors il a décidé de faire quelque chose : planter des arbres, pour que la terre s'améliore. La forêt grandit, la vie renaît dans la région.
Il y a un parallèle très intéressant avec Jean Giono, qui a mis le texte de cette nouvelle dans le domaine public, comme il l'explique dans une lettre. Son objectif, en écrivant cette histoire, c'était, je cite, faire aimer à planter des arbres
. Jean Giono, dans sa démarche, était désintéressé. Le berger aussi, était désintéressé.
Indécrottable Libriste que je suis, je n'ai pas pu m'empêcher de faire un rapprochement avec la communauté du Libre. Souvent, mais pas toujours, le Libriste est désintéressé. Mais au lieu de planter des glands, il produit du code. Dans notre monde connecté, où les ordinateurs et le réseau ont un importance croissante, le code est ce qui fait tourner tout cela. Produire le code pour le donner, c'est un acte désintéressé. C'est en quelque sorte offrir une chance à la vie, aux générations futures et à leur liberté.

