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lundi 19 octobre 2020

Quelles applications pour voyager loin avec une moto électrique ?

Ce billet fait partie d’une série suite à un long road trip de plus de 2500 km sur une moto électrique Zero Motorcycles prêtée par la marque. Voici un récapitulatif des articles :

  1. Road trip : une idée (électrique) à la con
  2. Road trip électrique : l’itinéraire (partie 1 sur 2)
  3. Road trip Electrique : l’itinéraire (partie 2 sur 2)
  4. Savoir éco-conduire pour économiser de l’énergie
  5. Quelles applications pour voyager loin avec une moto électrique ?
  6. Road Trip à moto électrique Zero SR/S : mes réponses à vos questions

Moto Zero SRS/S chargée pour un long voyage

Il y a un pré-requis pour voyager loin avec une moto électrique (et c’est sûrement la même chose en voiture électrique : savoir éco-conduire pour consommer moins d’énergie et ainsi nécessiter moins d’arrêts pour la recharge. Par ailleurs, je choisis de rouler sur des jolies routes à virages quitte à ce que ça me prenne beaucoup plus longtemps que par l’autoroute (laquelle m’ennuie prodigieusement à moto). L’idée, c’est que je préfère m’amuser à moto toute la journée (sur petites routes) que de m’ennuyer pendant une demi-journée sur l’autoroute. Je reconnais que tout le monde n’est pas forcément de cet avis !

Quoi qu’il en soit, voici la liste de mes applications indispensable pour voyager loin et bien à moto électrique :

L’application ChargeMap

Copie d'écran de l'application Web Chargemap

Chargemap, ce sont l’application et le site indispensables pour trouver des bornes de charge. Il est préférable de créer un compte et d’enregistrer quels types de chargeur on veut voir. En effet, il existe plusieurs standards de connecteurs. La Zero SR/S est compatible Type 2 et dispose aussi d’un câble type prise domestique, mais la charge est alors beaucoup plus longue. Du coup, dans ChargeMap, je coche les options Type 2 et Type 2 câble attaché et j’indique, pour pouvoir tirer partie de mon chargeur rapide, que je veux des bornes de 18 kW ou plus.

Chargemap propose un abonnement est possible pour savoir plus simplement si des services de restauration sont disponible à proximité. J’ai essayé cet abonnement et je ne suis pas convaincu de l’utilité. Quand on a repéré une borne sur laquelle on veut aller, l’application propose d’utiliser une autre Appli de guidage (Google Maps ou Apple Plans) pour la rejoindre.

Chargemap propose aussi la carte de paiement Chargemap qui permet de payer dans beaucoup de bornes en effet, pour facturer les clients, chaque région propose sa propre carte. Chargemap est un genre de “méta-carte de paiement” qui permet de payer un peu partout moyennant un supplément.

Sans cette application, ou sans téléphone ou sans 4G nécessaires à son fonctionnement, le voyage devient brusquement très très compliqué…

L’application Calimoto

Copie d'écran Calimoto Web

Calimoto est un outil qui correspond bien à mon usage mais qui sera inutile à d’autres. En effet, mon parti-pris est de rouler doucement (comprendre aux vitesses légales) sans m’embêter. Et donc, pour cela, passer par des petites routes pittoresques au maximum, avec des virages, du dénivelé et de beaux paysages plutôt que par l’autoroute (très énergivore et pénible) ou les nationales (où les paysages sont souvent moches et les routes trop droites à mon goût).

Calimoto regroupe un site et une application mobile GPS qui fait passer par des routes à virages (en fait les routes bordées de vert des cartes Michelin). C’est vraiment un truc incompréhensible pour le commun des mortels. Pour vraiment en profiter, il faut aimer les routes compliquées, avoir envie de rouler lentement et avoir du temps. Ça tombe bien, c’est mon cas !

Calimoto est disponible pour Android, iOS et aussi sur le Web. Et, cerise sur le gâteau, elle utilise le fond de carte communautaire OpenStreetMap (salut les copains !). L’application est gratuite, mais limitée à une seule région de France. Il faut payer pour avoir les autres régions du monde (ce que j’ai fait) ou passer sur un abonnement Premium pour avoir en plus des fonctionnalités supplémentaires pas forcément indispensables (historique des angles pris et de l’accélération…)

L’application enregistre aussi les voyages effectués, pour peu qu’on pense à activer le suivi. Les cartes dans les comptes-rendus de ce voyage proviennent de Calimoto. Bref, pour moi, cette application est absolument indispensable à mon expérience moto (non, je ne suis pas payé pour vous dire ça).

A Better Route Planner

Copie d'écran de l'application Web ABRP

On m’a parlé de A Better Route Planner (ABRP), mais ayant trouvé un mode de fonctionnement entre ChargeMap et Calimoto et accessoirement Google Maps et Apple Plans, je n’ai pas vraiment utilisé ABRP. C’est visiblement une application très complète qui propose des itinéraires en fonction des véhicule et de son autonomie en s’arrêtant là où il faut. Sur le papier, c’est parfait. En réalité, il faut qu’elle connaisse précisément les caractéristiques du véhicule (rapidité de charge, capacité batterie, consommation) pour être pertinente, et ça n’est pas le cas des motos Zero, qui ne sont qu’imparfaitement modélisées par l’application. Pour des véhicules plus courants, c’est probablement plus efficace. Reste le fait qu’elle peut vous envoyer sur une borne qui ne fonctionne pas alors qu’il vous reste que très peu d’autonomie, ce qui serait alors très angoissant !

Pour réserver les hôtels

Il existe plusieurs plateformes pour réserver les hôtels, par exemple Booking.com et Expedia.com, disponibles sur le Web ou en applications mobiles. On notera que Booking permet de sélectionner les hôtels disposant d’un parking et d’une borne de recharge. On constate alors qu’ils sont une petit minorité. Dans la réalité, on n’a pas besoin, avec un véhicule qui a une si petite batterie, d’une borne à recharge rapide : une prise domestique est suffisante quand on dispose de toute la nuit pour charger. Du coup, il peut être préférable d’appeler l’hôtel et lui demander s’il est possible de charger un petit véhicule électrique dans un coin, sur une prise domestique. En plus, ça préserve la marge de l’hôtel plutôt que de passer par une plateforme qui prend une commission grassouillette.

Alors, c’est faisable ?

Oui, partir sur de longues distances est très faisable à moto, mais cela nécessite une planification autrement plus exigeante qu’avec une moto thermique. Avec une moto thermique, on ne se préoccupe pas de la consommation, on sait qu’on va trouver une station d’essence sans problème et que le plein sera vite fait. On cherche un hôtel sans se poser de question. À moto électrique, c’est tout de suite plus compliqué… Cela nécessite plus de planification : où déjeuner ? Près d’une borne ! où dormir ? Dans un hôtel où on aura appelé avant et accepté de se voir facturer des frais de parking.

La dépendance à la technologie

En vérité, sans les applications sont devenues indispensables, à commencer par Chargemap, ce qui pose quand même un problème : on devient particulièrement dépendant d’un empilement de technologies (4G + smartphone + application) pour pouvoir se déplacer. Il suffit que l’une de ces “couches” vienne à manquer et ça tourne au vinaigre : il y a des zones où la couverture 3G/4G est inexistante, un smartphone peut casser et rendre l’âme, on peut le perdre, etc. Cela veut aussi dire qu’on a pensé à équiper la moto d’un (bon) support de smartphone et qu’on dispose d’un smartphone étanche (ou une housse très efficace) ainsi que d’un abonnement Internet 4G un peu costaud. Quant à la couverture du territoire, il faut croiser les doigts ! Tout cela n’a rien d’infaisable, cela rajoute juste des contraintes, des incertitudes et finalement, c’est peut-être ce qui fait le goût de l’aventure !

mercredi 14 octobre 2020

Road trip Electrique : l'itinéraire (partie 2 sur 2)

Ce billet est la suite du précédent, Road trip Electrique : l’itinéraire, partie 1 sur 2 et fait partie d’une série suite à un long road trip de plus de 2500 km sur une moto électrique Zero Motorcycles prêtée par la marque. Voici un récapitulatif des articles :

  1. Road trip : une idée (électrique) à la con
  2. Road trip électrique : l’itinéraire (partie 1 sur 2)
  3. Road trip Electrique : l’itinéraire (partie 2 sur 2)
  4. Savoir éco-conduire pour économiser de l’énergie
  5. Quelles applications pour voyager loin avec une moto électrique ?
  6. Road Trip à moto électrique Zero SR/S : mes réponses à vos questions

Moto électrique sur fond d'éoliennes

Il ne me reste plus que quelques jours pour utiliser la moto et la rendre. Un coup d’oeil sur la météo me fait comprendre que le temps sera défavorable pendant le week-end (je regarde cela le lundi soir). Après-demain mercredi matin, j’ai un rendez-vous[1], mais je peux partir dans la foulée. Ça tombe bien, Nîmes est à portée d’une journée de route, et je peux rendre la moto vendredi en fin de journée à Lyon. Allez, on va essayer de faire ça ! Mais avant, on va profiter du coin !

7 - Boucle Perpignan - Limoux - Gorges de Galamus - Perpignan (242 km)

Avant de remonter vers le nord, j’ai le temps de faire une boucle pour voir un autre dino de l’Internet. Ca tombera à l’eau à la dernière seconde, mais tant pis. Je remonte décide de retourner à Limoux par les petites routes. Un coup d’application Calimoto plus tard, me voilà avec un itinéraire en or :

carte indiquant un trajet Perpignan - Limoux

Je n’irais pas dire que les routes sont parfaitement surfacées, mais la Zero s’en accommode presque aussi bien que si j’avais un de mes vieux trails. C’est incroyable comme cette moto est confortable avec un look sportif. Elle cache bien son jeu :

Moto électrique sur route abimée

Une côte s’annonce, au bout apparait l’étonnant château cathare de Quéribus !

Chateau de Quéribus

Un peu plus loin, je passerai le château cathare de Peyrepertuse.

carte indiquant un trajet Limoux - Gorges de Galamus - Perpignan

Je mets la moto en charge à Limoux. Un employé municipal, juste à coté, me voit la brancher, s’approche et me demande l’air étonné si elle est électrique. Quand je lui répond par l’affirmative, il enchaine en boucle « Oh putain, oh bordel, oh putain, oh bordel » et prend une photo pour ses collègue « sinon ils ne me croiront jamais ».

J’improvise une visite de Limoux (très sympa), je déjeune et je reviens vers la moto. Coup de fil avec Alex, qui connaît bien le coin et me suggère un itinéraire par les gorges de Galamus, que j’ai déjà visitées par le passé. Un coin superbe !

L’Agly, le cours d’eau qui passe par les gorges de Galamus :

Un ruisseau dans la montagne

Les gorges elles-mêmes :

Les gorges de Galamus

Après le gorges, j’approche de St Paul de Fenouillet. Le soleil descend sur l’horizon, la lumière devient dorée. Un grand moment à rouler nez au vent, au milieu des vignes et dans le silence :

Une moto près des vignes avec la montagne au fond

Je reviens à Perpignan et je prépare mes affaires pour le lendemain !

8 - Perpignan - Nîmes (260 km)

La maison fermée, les affaires chargées sur la moto, je me prépare à passer par des petites routes, mais le vent est fort et je fais une entorse à mes habitudes en prenant un bout d’autoroute puis la nationale vers Béziers où je déjeune en même temps que la moto se charge, juste devant l’hôtel de ville. Avec tout ça, je pense aux copains cyclistes de Montpellier (JeSuisUnDesDeux) que je n’aurais pas eu le temps de voir. Ça sera pour une prochaine fois. À vélo ?

carte indiquant un trajet Perpignan - Nîmes

En arrivant à Nîmes, je pose mes bagages à l’hôtel, je branche la moto à une borne de recharge proche pour avoir l’esprit libre demain au moment de partir. Et je rejoins à pieds un autre dino de l’Internet, pour déguster une blanquette (maison) et prendre livraison de nougat (maison aussi).

Nîmes et ses arènes sont belles sous la lumière dorée :

Les arènes de Nîmes

Je vous épargne les photos de chat et de vieux schnocks de l’Internet lors de cette très plaisante soirée…

9 - Nîmes - gorges de l’Ardèche - Gerbier de Jonc - Le Puy en Velay (265 km)

Il a été convenu avec Laurent (l’autre dino), qui est aussi motard, d’aller faire un tour à moto ensemble jusqu’à Uzès boire un café avant de repartir chacun de son coté.

Nous tombons sur une référence inattendue à Gilles Deleuze.

Nous sacrifions à la cérémonie du selfie (so 2015!) masqué (so 2020!) avec l’air aimable et je pars vers le nord et Laurent vers le sud.

Tristan Nitot et Laurent Chemla portant des masques contre la Covid

J’ai un un bien joli programme moto pour la journée :

carte indiquant un trajet Nîmes - gorges de l'Ardèche - Gerbier de Jonc - Le Puy en Velay

En effet, on va commencer par les gorges de l’Ardèche, les monts d’Ardèche avant d’arriver au Puy en Velay où j’ai réservé un hôtel.

D’abord, un petit coup de charge à Villeneuve de Berg, où je ne résiste pas à goûter le nougat, le meilleur que j’ai jamais mangé !

un couteau et un nougat sur un sac de moto

Bitume parfait, météo idéale, moto d’exception, le bonheur :

Moto dans les gorges de l'Ardèche

Je m’arrête à chaque fois que c’est possible. La moyenne en prend un sacré coup, mais c’est trop bon, surtout qu’à chaque aire d’arrêt il y a des motards ont des tas de questions sur la Zero. Comme j’ai eu les mêmes sur Twitter, je prépare un billet avec les questions et mes réponses.

boucle de l'Ardèche

Pont d'Arc

Je reprends ensuite les petites routes au bitume aléatoire :

Petite route

Les monts d’Ardèche sont magnifiques, du bonheur à moto :

Ça monte, ça monte, on arrive au mon Gerbier de Jonc, source de la Loire, avec ses 1417 m d’altitude. Il fait carrément frisquet, mais la lumière est sublime !

Gerbier de Jonc, 1417m d'altitude

Ça continue vers le Puy en Velay

moto et route de campagne

J’approche du Puy en Velay, dont la silhouette est reconnaissable entre 1000 :

Le Puy en Velay sur fond de coucher de soleil

Je pose mes affaire, je branche la moto, je dîne et je vais visiter la ville by night. C’est magnifique !

Une rue de la ville haute du Puy en Velay de nuit

10 - Le Puy en Velay - Lyon (185 km)

C’est le dernier jour du voyage ! C’est rarement un moment facile, se dire qu’il va en plus falloir rendre la moto, et ce temps… Il ne pleut pas, mais il fait très gris et très froid. 9°C. Je sors de la ville et c’est un fort brouillard qui m’attend sur la route. Bon, tant pis pour les petites routes, c’est trop dangereux, on va attendre que ça se lève. Je n’aurais pas à attendre longtemps, car en montant dans les hauteurs, le brouillard se dissipe. Je prends la première sortie, j’ai vue sur la vallée où les nuages se sont accumulés, c’est magique :

Vallée dans le brouillard

Le reste du trajet du jour, jusqu’à Lyon, sera fort sympathique, toujours avec beaucoup de virages.

carte indiquant un trajet Le Puy en Velay - Lyon

Avec un rythme aussi tranquille (brouillard et gravillons obligent), l’autonomie monte. J’ai utilisé 8 % de batterie (92 % de SoC) mais il me reste 214 km d’autonomie ! (Chez Zero on dit « portée ») :

compteur numérique de moto indiquant 214 km d'autonomie

Je fais une petite pause déjeuner à St Sauveur en Rue (quel drôle de nom !) où j’en profite pour recharger la moto par précaution, même si elle me dit que je devrais avoir assez.

Arrivée au col de Gratteau (1205 m), avec une vue superbe sur la vallée du Rhône et, de l’autre coté, le Vercors, à 70 km à vol d’oiseau.

Vallée du Rhône

Derrière, l’émetteur TDF du mont Pilat :

Emetteur TDF du mon Pilat

Ensuite, ça descend vers Lyon. Arrivé avec un peu d’avance, je fais un crochet pour rendre visite à deux anciens collègues, Lapalice et Matt. La moto semble plaire, à l’un pour ses performances (il est motard) et à l’autre pour son silence (elle n’en peut plus des bruits des motards).

Il est temps de me diriger vers la concession Zero de Lyon où j’ai rendez-vous (coucou CityBike 69 !).

À peine descendu de moto, un type m’aborde et me dit : « C’est vous que je viens voir, le vendeur va me vendre la moto, mais moi je veux parler à l’utilisateur de la moto, à son pilote. Alors, c’est comment ? » Je lui raconte le voyage, la moto, ses accélérations hallucinantes, son silence, son étonnant confort, sa bonne volonté à jouer une partition pour laquelle elle n’a pas été conçue, comment je m’y suis pris pour contourner les limites de l’autonomie. J’ai le sourire aux lèvres car tout s’est bien passé. Pas de « panne sèche », pas de panne tout court. Trop de pluie au début, certes, mais des paysages fabuleux, le plaisir de retrouver de vieilles connaissances et d’en faire de nouvelles.

Tristan explique son voyage à un passant devant la concession Zero

Le compteur annonce 2198 km depuis Paris, auxquels il faut ajouter les 320 km entre Dijon et Paris, soit un total de 2518 Km, avec au moins 95 % de petites routes. Aucun souci avec la moto, qui s’est comportée merveilleusement bien, malgré son lourd chargement (150 kg en comptant pilote et bagages) et les routes empruntées, bardées de gravillons et composées de milliers de virages.

Compteur de moto affichant 2198 km parcourus

Comme je le disais plus haut, je prépare un autre billet pour partager ce que j’ai appris lors de ce voyage (autonomie, recharge, bilan carbone, applications mobiles pour rouler), et il y en a plein !

À bientôt… sur le Net ou sur la route, à moto ou à vélo.

Note

[1] Un débat télévisé sur Bsmart.fr (vidéo à partir de 12:30).

dimanche 11 octobre 2020

Road trip électrique : l'itinéraire (partie 1 sur 2)

Ce billet fait partie d’une série suite à un long road trip de plus de 2500 km sur une moto électrique Zero Motorcycles prêtée par la marque. Voici un récapitulatif des articles :

  1. Road trip : une idée (électrique) à la con
  2. Road trip électrique : l’itinéraire (partie 1 sur 2)
  3. Road trip Electrique : l’itinéraire (partie 2 sur 2)
  4. Savoir éco-conduire pour économiser de l’énergie
  5. Quelles applications pour voyager loin avec une moto électrique ?
  6. Road Trip à moto électrique Zero SR/S : mes réponses à vos questions

la Zero SR/S en bord de mer

Me voici donc de retour à Paris après 10 jours sur la route à faire un petit tour de France à moto électrique (pense à lire le billet d’intro si ça n’est pas déjà fait). Je récapitule ici l’itinéraire employé. On remarquera que mes traces ne sont pas toujours indiquées sur les cartes, car il m’est arrivé de ne pas enregistrer mon trajet sur certains tronçons.

0 - Dijon - Paris — 320 km

Comme je l’indiquais dans mon précédent billet, je suis allé chercher la moto à Dijon pour la ramener ensuite à Paris après un trajet épique d’environ 320 km. Je remets alors le compteur journalier à 0.

1 - Paris - Le Mans — 220 km

Le départ se fait sous la pluie. Veste étanche, pantalon de pluie, surbottes, sac étanche, je suis bien équipé, mais j’aurais préféré partir sous le ciel bleu, ou au moins sur une route sèche. Du coup, moi qui comptais prendre la vallée de Chevreuse, je change pour l’autoroute puis la nationale 12 direction Dreux avec la moto en mode Rain (couple et puissance moteur réduits). Pas folichon, mais plus sûr. Au bout d’un moment, la pluie cesse, et je peux plus sereinement emprunter les petites routes. J’ai prévu de recharger ma batterie à Châteauneuf-en-Thymerais après 100 km de route. La borne est libre, elle fonctionne, tout semble aller comme sur des roulettes (électriques). Sauf que nous sommes lundi et que l’activité déjà réduite habituellement dans ce village en limite de parc du Perche l’est encore plus. Finalement j’achèterais dans une boulangerie un très médiocre hot-dog béchamel que je vais manger tiède dans un bistro un peu glauque qui veut bien m’accueillir. L’ambiance est assez morose, mais on fait aller, après tout, je savais bien que c’était une idée à la con !

45 minutes plus tard, la batterie est à 100 % comme prévu, je suis content, la charge a bien marché du premier coup ! Je programme le GPS direction Le Mans via le Perche, toujours aussi joli. Je le traverse par les départementales, en respectant comme d’habitude les limitations de vitesse, d’autant plus que la route est humide et que je suis très chargé.

Malgré les conditions pas idéales, j’apprécie vraiment le confort de la Zero. Guidon large, suspensions très confortables. On pourrait regretter les jambes assez repliées, mais cela a le gros avantage de soutenir le poid du corps et donc de préserver mon arrière-train.

carte indiquant un trajet Paris - Le Mans

En rouge, le trajet. En bleu, des trajets précédents

J’arrive à l’hôtel du Mans où j’avais prévenu que j’avais une moto électrique. Le parking de l’hôtel m’accueille moyennant finances et me permet (sans supplément !) de me brancher sur la prise domestique toute proche. Je vais pouvoir charger en quelques heures pour repartir demain. En attendant, je sors dîner avec les organisateurs de l’événement Connect et l’autre conférencier, le champion olympique Edgar Grospiron, personnage très sympathique. Nous traverserons la vieille ville du Mans après la sympathique soirée. Le lieu est magique !

Le lendemain matin, j’ai mis le réveil, je tiens à assister à la présentation d’Edgar Grospiron, et j’apprécie sa simplicité et son humilité quand il raconte son histoire, entre bosses, blessures, erreurs et retour triomphant. C’est inspirant et très plaisant.

Mon tour vient de présenter ma conférence, où on fait un tour d’horizon des technologies du numérique pour conclure sur la Covid et changement climatique. C’est la première fois que j’aborde ce sujet en public, et il semble bien reçu. C’est un soulagement de voir que mon travail en amont me permet d’assurer ! Je fais quelques vidéos, quelques photos, discute avec des visiteurs et des exposants, et il est l’heure de reprendre la route. L’événement a eu lieu à la MMArena, le grand stade de foot du Mans, juste à coté du circuit auto/moto, d’ailleurs des motos sont en train de tourner. En me dirigeant vers la Zero, je vois un vélo cargo qui m’arrache un sourire et je pense à quel point il peut sembler incongru dans ce temple du moteur thermique et de la compétition. Il me paraît pourtant promis à un grand avenir, comme si c’était lui qui avait raison sur le long terme, dans un paysage où il semble étranger.

Je me dirige vers ma moto électrique, sangle mon sac et je pars en silence. Quelques minutes plus tard, je réalise que sans le vouloir, j’emprunte la célèbre ligne droite des Hunaudières qui fait partie du circuit. Quelle drôle de sensation de rouler ici, dans le sifflement discret du moteur électrique et de sa courroie de transmission, loin de toute idée de battre des records ou des concurrents, occupé juste par le plaisir de rouler calmement sur de longues distances pour découvrir de nouveaux paysages…

2 - Le Mans - Tours — 100 km

Je me dirige donc vers Tours. L’étape du jours est particulièrement courte car je savais que je ne pourrais quitter Le Mans qu’en fin de journée. J’arrive à l’hôtel en centre ville, très modeste, mais avec un atout de charme pour moi : il a une borne de charge rapide ! L’hôtel est vieillot et tarabiscoté, mais le patron est très sympa et le personnel aussi. Un rapide dîner en ville me laisse le temps de travailler sur mon speech de vendredi à Toulouse.

Carte indiquant un trajet Le Mans - Tours

3 - Tours - Périgueux — 315 km

Nouveau départ sous un temps menaçant, je mets (encore !) les vêtements de pluie. Mais en traversant le village de Barrou, je vois un garage comme dans le temps, qui répare des motos, des vélos et des tronçonneuses, je décide de m’arrêter pour faire une photo, le nom m’a interpelé :

Garage Barroudeur à Barrou

Le patron sort, on discute franchement, le tutoiement vient facilement, il me pose des questions sur l’électrique — c’est la première fois qu’il en voit une — super sympa. Il est temps de repartir vers Périgueux ! J’enfourche la Zero et m’éloigne dans un sifflement qui ne dérange personne.

Carte indiquant un trajet Tours - Périgueux

Je continue mon chemin sur les départementales. La pluie recommence, mais la route dans la forêt est belle :

route dans la forêt

Je charge à Chauvigny après 114 km.

Je longe la Dordogne et passe tout près du Bugue (ce qui ne manque pas de sel pour un informaticien !), et le soleil daigne pointer son nez :

La moto sur une route du Périgord

Ce soir, je dors à Périgueux. À l’hôtel, la réceptionniste me donne la chambre 007, je me dis que c’est l’effet “moto électrique du turfu” qui me vaut cet honneur, et puis juste après elle me montre où charger la moto, juste à coté des poubelles, que nous pousserons pour l’occasion. Mon égo, boursouflé quelques instants, revient à un état normal, et c’est tant mieux…

4 - Périgueux - Cahors - Toulouse — 257 km

Départ avec les vêtement de pluie… ça devient une manie ! Le temps se lève alors que j’approche de Cahors, où je déguste une salade comme on sait les faire dans le coin juste à coté du pont de Valentré, où je charge à nouveau :

Pont de Valentré à Cahors

carte indiquant un trajet Cahors - Toulouse

J’arrive à Toulouse habillé en marin pêcheur, ça fait un peu tache dans le bel hôtel réservé par les organisateurs de la Mêlée Numérique. Le réceptionniste, très sympathique, m’a réservé une place près d’une prise domestique. On branche, quand je redescends de ma chambre, je le voir courir partout : les plombs du parking ont sauté, la Zero tire trop de courant ! J’appelle mon contact chez Zero pour savoir comment résoudre le problème : il y a une manipulation à faire sur le câble pour réduire la puissance consommée par la charge. Ça mettra le double de temps, mais peu importe, j’ai la nuit devant moi. Ce soir, je mets la touche finale à ma présentation pour demain matin. Challenge : expliquer le changement climatique en 3 slides !

5 - Toulouse - Castelnaudary - Perpignan — 270 km

Hier, après ma journée à la Mêlée Numérique qui s’est déroulée sous la pluie, j’ai pris la moto pour aller dîner avec des copains motards. 9°C au retour, ça pique !

Au lever, je reçois un SMS d’un des copains qui me dit “si tu ne tardes pas, tu peux partir avant la pluie et rouler au sec”. Sauf que non, la pluie arrive avant mon départ. Bref, j’enfile encore la tenue de pluie, comme tous les jours sauf pour Le Mans - Tours… Qui disait que ce road trip était une idée à la con ? Moi ! (Et j’avais raison).

Je prends la rocade et un bout d’autoroute pour sortir de Toulouse. Coup de bol, le vent assez fort m’est favorable, je constate que l’autonomie augmente alors que je roule. Comme je n’ai pas utilisé mon GPS moto (Calimoto) pour le début de l’itinéraire, celui-ci n’apparaît pas sur la carte. Je sors vite de l’autoroute — elle n’a pas d’autre intérêt que d’aller vite et ça n’est pas mon approche — à Montgiscard et je prends la route qui longe. Arrivé à Castelnaudary, la météo est plus clémente, j’enclenche l’application Calimoto (celle qui m’a servi pour faire les copies de cartes) et je prends des petites routes, ça va être génial !

carte indiquant un trajet Toulouse - Castelnaudary - Perpignan

À un moment je me demande si je n’ai pas traversé l’océan atlantique par mégarde pour arriver… à Montréal !

La Zero à Montréal

Plus au sud, les Pyrénées sont bien enneigées :

Les Pyrénées

C’est que du bonheur que de rouler sur ces routes au revêtement inégal. Les paysages sont beaux, je suis rattrapé par deux motards en 4 cylindres. On roule de concert, je les dépose à la première sortie de virage, pourtant je ne suis qu’en mode Eco, ça aurait été pire en mode Sport ! Ils finissent par me rattraper dans les virages, étant beaucoup moins chargés que moi et connaissant la route. Un peu plus loin, on s’arrête pour boire un café pendant que je charge la moto, à Quillan. On discute moto, électrique vs thermique, un peu de mauvaise foi motarde pour épicer la conversation. C’est vraiment sympa, ils me proposent de m’accompagner encore. Ils feront demi-tour quelques dizaines de kilomètre plus loin après être passé par les gorges de la Pierre-Lys. C’est un aspect que j’apprécie à moto et à vélo, cette possibilité de faire des rencontres impromptues avec des gens qu’on n’aurait pas rencontré autrement, de plaisanter, échanger autour d’une passion commune.

Je continue donc la route seul. Ce soir, je loge pour quelques nuits chez un copain qui a une maison à Perpignan. Merci Alex !

6 - Boucle Perpignan - Cerbère — 120 km

Je profite d’être à Perpignan pour aller faire un tour plus au sud où j’ai des souvenirs (St Cyprien, Banyuls et Collioure). La route entre Collioure et Cerbère est sublime ! Bitume parfait, des virages à n’en plus finir, du ciel bleu et la mer juste en bas… Sortie de route interdite et probablement fatale !

carte indiquant un trajet Perpignan - Cerbère et retour

Collioure est encore plus joli, surtout hors saison :

Collioure, son fort et son église

Je demande à une policière municipale où je pourrais prendre une photo de la moto avec le panorama derrière sans que ça soit illégal (il est évidemment interdit de se garer sur l’allée piétonne qui longe le fort), elle me répond avec son accent du coin « Oh, moi je dirais juste pas vu pas pris ! ». Bon, on va faire comme ça :-)

Je repars, direction Banyuls où je déjeune, au bord de la plage, puis direction Cerbère :

Cerbère

L’ancien poste frontière avec l’Espagne, désaffecté :

L'ancien poste frontière avec l'Espagne

Un peu plus loin, la vue sur l’Espagne :

La Zero SR/S avec l'Espagne et la Méditerranée en arrière-plan

Au retour, petite séance photo en bord de mer et une bonne averse sur le coin de la figure fait que je rentre directement par la grande route plutôt que la les virages de la côte.

Demain, je vais faire un tour dans l’arrière-pays puis je rentre à la maison, toujours par les petites routes ! On en reparle dans le prochain billet

dimanche 7 août 2011

Sierra Nevada 3eme jour - de Lake Tahoe à la Silicon Valley

  1. Introduction à ce voyage
  2. 1er jour - En direction de Mono Lake
  3. 2eme jour - Que de la montagne !
  4. 3 eme jour - deux crochets par le Nevada avant le retour

Californie, Septembre 2010, carte du 3eme jour

Californie, Septembre 2010, carte du 3eme jour

Lever à l'aube dans notre motel de South Lake Tahoe. La nuit n'a pas été très bonne, avec des poivrots sous ma fenêtre qui ont beuglé jusqu'à des heures impossibles, et un lever avant celui du soleil pour cause de décalage horaire. Je m'habille chaudement et je décide d'aller visiter le coin à pieds. Manque de bol, nous sommes du coté Sud-Est du lac, lequel est entouré de montagnes, qui nous font de l'ombre. Du coup, je ne vais pas voir le soleil se lever, contrairement à Mono Lake.

Je vais me rapprocher du lac, bordé de très jolies maisons. Ici, contrairement à l'océan, presque tout est privé. La plage n'échappe pas à l'exception : elle est réservée aux propriétaires des maisons environnantes. Je n'y aurais donc pas accès.

Le soleil se lève doucement et éclaire les montagnes de la rive opposée :

Lake Tahoe

Lake Tahoe

Les bikers sont venus nombreux ce week-end à Lake Tahoe, et je vois plein de motos sur les trottoirs.

Harleys à Lake Tahoe

Harleys à Lake Tahoe

Harley à Lake Tahoe

Harley à Lake Tahoe

Certaines maisons sont moins jolies que d'autres, mais celle-ci a tout du cliché, avec son barbecue et ses drapeaux, (il faut dire que nous sommes le week-end du 11 septembre, de sinistre mémoire).

Maison à Lake Tahoe

Maison à Lake Tahoe

Je retrouve Fred un peu plus tard au Starbucks (le pauvre sembler avoir une dépendance forte à la caféine !) et nous décidons d'aller prendre le petit dej' ailleurs. Il me propose Carson City, capitale du Nevada, toute proche. On repart pour un peu d'autoroute de montagne, car la ville est dans la vallée (1460m d'altitude tout de même). La descente vers Carson City est interminable, bourrée de virages, à faire rougir la portion d'autoroute A75 qui passe du coté d'Issoire, pour ceux qui connaissent. Je m'arrête pour faire une pause et contemple la plaine que nous allons rejoindre.

Heading to Carson City

En direction de Carson City

Carson City est une toute petite ville, à peine plus de 50 000 habitants, mais c'est la capitale du Nevada. On y trouve donc les batiments administratifs classiques. En face du restau où nous prenons notre petit déj' se trouve un vieil hotel, le Firkin & Fox :

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Firkin & Fox

En terrasse du restau, alors que nous nous apprêtons à reprendre la route, on discute avec un cow-boy (un vrai du cru). Sympa, ouvert, sur son 31 (bottes cirées, chapeau immaculé et tout).

On se décide ensuite à aller à la concession Harley de Carson City, mais elle est fermée.

Tristan devant le magasin Harley de Carson City, Nevada

Votre serviteur, photo prise par Fred Cirera

On fait quelques photos vite fait, puis nous sommes rejoints par Mike, mineur à la retraite et biker presque caricatural. Le bonhomme est aussi impressionnant que sympathique. Sur sa vielle Road King kittée à 1800cc, il est venu depuis Los Angeles avec sa femme.

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Portrait de Mike et moi par Fred Cirera

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Le casque de Mike et se sétranges autocollants

Les routes sont toujours aussi fantastiques. Fred en profite pour me prendre en photo en situation :

La grosse attaque ! ;-)

La grosse attaque ! ;-)

Nous revenons sur Lake Tahoe pour faire le tour du lac par le Nord

Rive Est de Lake Tahoe

Rive Est de Lake Tahoe

Rive Est de Lake Tahoe

Rive Est de Lake Tahoe

L'eau est merveilleusement transparente et la température est très nettement remontée :

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Lake Tahoe

Lake Tahoe

Lake Tahoe

Du coup, les gens font du canöe :

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Canöes sur le Lake Tahoe

On se décide à aller faire un tour dans les hauteurs pour avoir un panorama :

Lake Tahoe

Lake Tahoe

Après, on repart, on se gourre de route, et on se retrouve... à Reno, encore une ville bardée de casinos, genre de Las Vegas passée de mode.

Reno

Reno

On y déjeune en terrasse, et c'est reparti !

Arrêt à la pompe à essence sur la Route 80. C'est paumé en pleine montagne. La station service fait aussi café. A coté, un magasin d'articles de pêche, des toilettes de chantier... et c'est tout !

Gas station on 80

Gas station on 80

J'en profite pour faire un auto-portrait dans le casque, briqué pour l'occasion :

Reflets dans le casque

Reflets dans le casque

On reviens sur Lake Tahoe pour finir notre tour du lac, cette fois-ci par le nord et l'ouest. Les paysages sont magnifiques :

Lake Tahoe

Lake Tahoe

Rive Ouest de Lake Tahoe

Rive Ouest de Lake Tahoe

La rive Ouest de Lake Tahoe

La rive Ouest de Lake Tahoe

Enfin, on arrive dans le coin Sud-Ouest de Lake Tahoe, où se trouve Emerald Bay, une baie où se situe une toute petit ile :

Emerald Bay

Emerald Bay

Emerald Bay et son ile, sur Lake Tahoe

Emerald Bay et son ile, sur Lake Tahoe

Il se fait tard, et il faut donc penser à rentrer à Redwood City, chez Fred, dans la Silicon Valley. Aucun de nous deux n'est très motivé, mais il reste beaucoup de route à faire et l'après-midi est déjà très entamée.

IMG_0323

IMG_0323

On prendra la route 50 jusqu'à Sacramento (capitale de la Californie) puis la 80 en direction de Berkeley et Oakland. On a le soleil dans la figure et on roule sans débander face à un superbe coucher de soleil à travers Central Valley.

Le coucher de soleil en roulant vers San Francisco

Le coucher de soleil en roulant vers San Francisco

Coucher de soleil dans le rétro

Coucher de soleil dans le rétro

La nuit est maintenant tombé, et pourtant nous sommes encore loin de la maison. Fred appelle Alix, sa femme, pour lui annoncer qu'on ne sera pas là pour diner. On se rabat sur un restau mexicain à coté de l'autoroute.

Murillos, restau mexicain

Murillos, restau mexicain

Et puis c'est reparti dans la nuit. On sent la fraicheur s'installer et l'océan se rapprocher. La traversée de Bay Bridge, l'arrivée sur San Francisco de nuit est magique. On prend la 101 vers le sud, puis on bifurque vers la 280. Je suis claqué, il est 10h du soir passé, et nous sommes sur les motos depuis 8h du matin ! Fred roule vite, il prend souvent cette autoroute et la circulation est dense. Enfin, nous arrivons, claqués mais heureux, en limite d'overdose de bécane, des images plein la tête et des tas de trucs à raconter. Comme témoin de notre virée, mon compteur partiel affiche 980 miles en 3 jours :

Le compteur après 3 jours de bonheur : 980,9 Miles

Le compteur après 3 jours de bonheur : 980,9 Miles

L'ensemble du parcours :

San Francisco - Mono Lake - Reno

San Francisco - Mono Lake - Reno

jeudi 4 août 2011

Sierra Nevada 2eme jour - de Mono Lake à Lake Tahoe via Sonora Pass

  1. Introduction à ce voyage
  2. 1er jour - En direction de Mono Lake
  3. 2eme jour - Que de la montagne !
  4. 3 eme jour - deux crochets par le Nevada avant le retour

Itinéraire 2eme jour

Itinéraire du deuxième jour

La destination du jour, c'est Lake Tahoe, un lac situé comme Mono Lake - dont nous partons - sur le coté Est de la Sierra Nevada, juste 111 miles (178 km) plus au Nord. Nous pourrions prendre la route 395 qui s'y rend directement, mais ça serait trop facile. Fred nous a concocté un itinéraire qui nous fait traverser deux fois ladite Sierra Nevada au lieu de se contenter de la longer ! (Ce garçon a du goût très sur en ce qui concerne les routes, c'est un plaisir de l'avoir comme guide).

Fred dort encore, il est 5 heures du mat', et le décalage horaire continue de faire des siennes. Je m'habille pour aller faire un tour. Il fait un froid polaire et le soleil n'est pas encore levé, mais ça ne devrait pas tarder. Je vais voir le lac et le soleil pointe ses premiers rayons :

Lever de soleil sur Mono Lake depuis Lee Vining

Lever de soleil sur Mono Lake depuis Lee Vining

Peu après, je rejoins Fred pour prendre le petit dej' dans un restau du coin. Avant de partir pour Lake Tahoe, nous allons faire un tour plus près du lac, à moto. On se retrouve sur une piste sablonneuse, et c'est rien de dire que les 380kg de l'Electra sont impossibles à gérer dans de telles conditions. Je m'arrête donc pour une photo, alors que Fred fait demi-tour pour me retrouver.

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La piste qui longe le lac

Devant Mono Lake (j'ai failli me vautrer dans la terre du chemin !

Devant Mono Lake (j'ai failli me vautrer dans la terre du chemin !)

L'Electra Glide devant Mono Lake

L'Electra Glide devant Mono Lake

Mono Lake dans le rétro

Mono Lake dans le rétro

L'Electra-Glide devant les concrétions de Mono Lake

L'Electra-Glide devant les concrétions de Mono Lake

Ensuite, c'est direction le nord, avant de bifurquer vers l'Ouest un peu après Bridgeport. Nous passons devant la base d'entrainement en montagne des Marines, où je suis survolé par un hélicoptère à très basse altitude. Je me croyais dans l'Ouest américain, en l'espace d'un bref instant, c'est le Vietnam ! ;-)

Hélico en exercice sur la base des Marines du coin

Hélico en exercice sur la base des Marines du coin

Un peu plus loin, les choses sérieuses commencent, puisqu'on va traverser à nouveau la Sierra Nevada, cette fois-ci d'Est en Ouest, via la Sonora Pass (col de Sonora), qui est superbement viroleuse. Je m'arrête pour prendre en photo la moto à coté de mon panneau préféré, qui indique des virages pour les 38 prochains km !

Curves next 24 miles

Curves next 24 miles

A ce moment là passe ma voiture préférée, une Chevrolet Corvette cabriolet des années 70, dont je rêvais en étant gamin :

Corvette

Corvette

La route qui suit est tout simplement irréelle. Pas un gravillon, un revêtement parfait, un ciel bleu immaculé, personne sur la route et l'air parfaitement pur. Les virages s'enchaînent comme dans un rêve :

IMG_0213

IMG_0213

Nous voici à Sonora Pass (9624 pieds, soit 2933m d'altitude) :

Sonora Pass

Sonora Pass

Sonora Pass

Sonora Pass

Puis ça redescend de l'autre coté

En descendant de Sonora Pass

En descendant de Sonora Pass

J'ai attaché la dragonne de mon appareil photo à une sangle autour de mon cou pour pouvoir prendre des photos sans perdre de temps pour ne pas ralentir Fred. Notez la neige sur la montagne en face, dans les zones peu exposées au soleil !

On déjeune à Sonora, à l'Ouest de la Sierra Nevada, sur la route 49, celle des chercheurs d'or et des villes fantômes, qu'on va emprunter vers le Nord jusqu'à Jackson avant de reprendre vers l'Ouest et South Lake Tahoe, notre destination de ce soir (Alix, la femme de Fred, nous y a réservé un motel). Et c'est donc reparti pour traverser une troisième fois la Sierra Nevada !

On fait une pause près du Silver Lake, qui paraît bien irréel, tellement il fait cliché de carte postale :

Silver Lake

Silver Lake

Nous arrivons le soir à South Lake Tahoe, où se trouve notre motel. La ville est en Californie mais touche la frontière avec le Nevada, où les casinos sont autorisés et le divorce et le mariage sont de simples formalités. Après une Californie sauvage, nous irons dîner à State Line, la partie au Nevada de la ville, où flotte dans les casinos comme un goût de débauche que nous n'aurons pas l'occasion de goûter...

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