vendredi 26 mars 2021

L'Octet Vert #04 avec la députée Paula Forteza

L_Octet_Vert_Episode__4_Paula_Forteza.png, mar. 2021

Pour ne rien vous cacher, je suis fier comme un bar-tabac de recevoir une députée, à savoir Paula Forteza, pour parler de numérique et de climat. Paula est une grande défenseur/défenseuse/défenseure du logiciel libre et de l’open data à l’assemblée nationale. Elle nous raconte comment elle est venue progressivement à prendre en compte la problématique écologique. Cela l’a amenée à publier une tribune dans Le Monde, « Le projet de loi Climat et résilience fait l’impasse sur les enjeux du numérique » pour augmenter la durée de vie des équipements, imaginer un “coup de pouce numérique” sur le modèle du coup de pouce vélo etc. J’espère que vous aimerez cet épisode !

Où écouter cet épisode ?

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  11. Pour les rebelles, les barbus, les partisans du old school, ceux qui écoutent des podcasts en ligne de commande, le fichier MP3 est disponible  !

Les bons liens de Paula Forteza

jeudi 25 mars 2021

Faut-il faire le ménage dans ses mails pour être écolo ?

iphone_casse.jpg, mar. 2021

TL; DR : un petit résumé pour ceux qui sont trop pressés pour lire l’article :

  1. Supprimer ses mails pour sauver la planète, c’est comme faire pipi sous la douche, l’effet est extrêmement limité en plus d’être désagréable[1]
  2. Pour être efficace, il faut se concentrer là où c’est important, et c’est particulièrement vrai dans le cas présent
  3. L’essentiel de l’empreinte carbone du numérique (70 % !) provient de la fabrication et distribution des terminaux (smartphones, ordinateurs portables ou de bureau, télévisions, tablettes). C’est donc là qu’il faut agir en premier
  4. Comment faire durer son terminal ?
    1. Smartphone : le faire durer plus de deux ans. Pour cela, j’indique des solutions ;
    2. Ordinateur : d’autres solutions, par exemple passer au SSD ;
    3. La TV ? Éviter de passer au modèles 4K et faites réparer votre TV HD si nécessaire ;
  5. Faire le ménage sur son ordinateur ou son smartphone (supprimer les gros fichiers inutiles, telles que les vidéos, les mails avec des grosses pièces jointes, les vieux dossiers) ne sont intéressants que dans la mesure où votre machine sature et faire ce ménage pourrait éviter d’avoir à la changer.

Aujourd’hui, c’est le Cyber World Cleanup Day, la version numérique du World Cleanup Day, et de nombreux événements sont organisés dans toute la France pour « créer une première prise de conscience autour du sujet des émissions de gaz à effet de serre liées au numérique », comme l’explique le site.

Beaucoup de gens, souvent bien intentionnés, vont vous dire qu’il faut supprimer ses emails pour être écolo. Comme souvent, c’est bien plus compliqué que ça… Du coup j’ai décidé de faire un petit article sur le sujet.

Alors je supprime mes mails ou pas ?

Oui, supprimer ses emails est une bonne idée, d’autant plus qu’on vide la corbeille de sa messagerie après. Mais la vraie question est plutôt : quel est le geste qui a le plus d’impact et qui me demande le moindre effort ? Car c’est ça l’enjeu : le temps et l’énergie que j’investis à supprimer mes mails pourraient être plus utiles et plus efficaces à faire autre chose. C’est sur ces points là qu’il faut focaliser nos efforts.

Alors on va déjà voir comment passer le moins de temps possible pour supprimer le plus de volume de données en moins de temps possible.

Trier ses mails vite et bien

Comme on était à parler messagerie, on va partir de là et rapidement passer à autre chose.

Déjà, il faut savoir que tous les mails ne sont pas égaux : certains sont très légers (quelques kilo octets / ko), d’autres ont des pièces jointes qui peuvent peser beaucoup plus lourd (plusieurs dizaines de Mo, soit 1000 fois plus que les messages légers). C’est là qu’il faut agir en priorité !

La méthode est simple : on trie les mails par taille. (Attention, j’ignore si cela fonctionne dans Gmail : je n’ai pas trouvé comment faire. Par contre, ça fonctionne très bien dans Thunderbird et autres “clients lourds”).

Donc on trie ses messages par taille décroissante (les plus lourds en haut de la liste). On s’assure que la taille de chaque message est affichée et on clique dans l’en-tête de la colonne, sur la taille. Et si ça apparait dans le mauvais sens, on re-clique. Si vous avez réussi, les messages sont maintenant listés par taille décroissante.

On regarde quels messages méritent d’être conservés, peut-être les plus récents et ceux qui n’ont pas encore été traités, et on sélectionne tous les autres. Ensuite on les supprime. Puis on vide la corbeille.

De même, on fait le tri dans les dossiers de messagerie (pour ceux qui s’en servent) : quels sont ceux qui méritent d’être conservés ? Dans certaines entreprises, on considère que les dossiers d’un certain âge n’ont pas besoin d’être conservés. Ma femme a tendance à dire quand elle fait le ménage dans ses placards que si elle trouve un vêtement qu’elle n’a pas mis depuis plus d’un an, elle le donne à une association. J’ai tendance à faire la même chose avec mes dossiers de mail que j’offre alors à ma corbeille !

Et voilà, ça suffit, pas besoin de passer des heures à trier à la main des milliers de petits messages : leur poids sur le disque de votre machine et/ou de votre serveur est équivalent à celui d’un ou deux messages avec des grosses pièces jointes.

Trier ses photos sur son smartphone

Même approche pour gagner de la place sur son smartphone. Avec leurs appareils photos qui sont de plus en plus performants, on a tendance à multiplier les films et les vidéos. Et, la plupart du temps, on ne retourne pas les regarder. Comment faire le ménage efficacement ? Même méthode que pour les mails : se concentrer sur ce qui compte et faire un max de place en un minimum de temps.

Il faut savoir qu’une vidéo, c’est beaucoup consommateur de place sur dans la mémoire Flash d’un smartphone ou le disque dur d’un ordinateur. Par exemple, une vidéo d’une minute, c’est 120 Mo de données. Soit l’équivalent de 120 millions de caractères. Pour une seule minute de vidéo ! Une photo, c’est de l’ordre de 2 Mo, soit 60 fois moins. Conclusion, il faut faire la chasse aux vidéos ratées ou inutiles en priorité. Pour cela, allez dans l’application qui recense vos photos et vidéos et supprimez tout ce qui n’a pas d’intérêt, en faisant les vidéo en priorité. Comme ça, c’est du ménage rapide et efficace !

En faisant cela régulièrement, cela prend peu de temps à chaque fois et on évite au maximum le renouvellement du smartphone (et la consommation d’espace disque dans le cloud pour la sauvegarde de vos appareils, le cas échéant).

Supprimer les vieux fichiers sur son disque

Sur sujet est plus complexe car il est possible de faire des bêtises en supprimant des fichiers sur son disque dur, s’il s’agit de fichiers système (nécessaires au bon fonctionnement de l’ordinateur). C’est donc une démarche à réserver à ceux qui savent ce qu’ils font.

Si tel est le cas un utilitaire d’analyse de disque sera très utile pour visualiser les répertoires les plus volumineux. Voici quelques suggestions :

Le mail est l’arbre qui cache la forêt des terminaux

Il convient d’appliquer notre méthode consistant à se focaliser sur ce qui consomme le plus, et pourtant, j’ai commencé par le mail, qui était notre sujet de départ. Mais justement qu’est-ce qui fait notre empreinte carbone dans nos usages numériques ?

On a de la chance, le Sénat a fait réaliser une étude sur le sujet[2] en 2020, et le résultat peut surprendre :

Les terminaux sont à l’origine d’une très grande part des impacts environnementaux du numérique (81 %)

Là, on parle des terminaux sur l’ensemble de leur cycle de vie : Extraction des matières premières, fabrication, distribution, utilisation (et réutilisation) et recyclage[3]. Autrement dit, les datacenters et les équipements réseaux représentent 19 % du problème. Ça n’est pas négligeable, mais si on veut être efficace, il vaut mieux s’attaquer au 81 % qu’au 19 % :-)

Comme en France l’électricité est peu émetteur de carbone (grâce au fait que l’électricité française est produite essentiellement à base de nucléaire et d’hydraulique), ça n’est pas l’utilisation qui pollue, mais la fabrication !

La fabrication et la distribution (la « phase amont ») de ces terminaux utilisés en France engendrent 86 % de leurs émissions totales et sont donc responsables de 70 % de l’empreinte carbone totale du numérique en France

Voilà, la fabrication et la distribution des terminaux (ordinateurs portables ou non, smartphones, télés connectés, tablettes, imprimantes) sont responsables de 70 % de l’empreinte carbone totale du numérique en France.

Donc c’est avant tout là qu’il faut agir pour réduire l’empreinte carbone. Si on fait durer son terminal, c’est là qu’on fait le geste le plus utile, celui qui a le plus d’impact.

Comment faire durer son terminal ?

Le smartphone

Ça, c’est facile :

  1. J’achète une coque pour le protéger
  2. Je choisis une marque qui ne pousse pas à l’obsolescence via le logiciel. Par exemple, Apple fait que les nouvelles versions de son logiciel iOS est compatible avec des appareils qui ont 5 ans. C’est moins le cas du coté de chez Android[4]
  3. Je choisis un modèle étanche, surtout si j’ai tendance à le laisser tomber dans les toilettes (beurk !)
  4. Je fais le ménage dans mes messages (pas merci les copains qui m’envoient des tonnes de vidéos par messagerie instantanée), mes mails, mes vidéos, mes photos pour ne pas saturer le stockage du téléphone[5]
  5. Je choisis un modèle dont on peut changer la batterie facilement (là, Apple est plutôt moins bon que sa concurrence car ils forcent à passer chez un professionnel agréé pour cela).
  6. Je choisis un matériel qui est facilement réparable (chouette, il y a un nouvel indice de réparabilité mis en place sur ces équipements !)
  7. Je fais réparer mon appareil quand c’est nécessaire
  8. Et surtout je résiste aux sirènes du marketing pour éviter de changer de modèle trop tôt !

Pour l’instant, la durée de vie d’un téléphone en France est de 23 mois en moyenne. Un smartphone peut durer beaucoup plus longtemps que cela !

L’ordinateur

Là aussi il y a des choses à faire pour faire durer votre machine. Si vous trouvez que votre ordinateur se traîne un peu trop à votre goût, il existe une recette miracle pour ceux qui sont encore équipé de disque durs magnétiques (ceux qui font un petit bruit quand ils tournent) : il suffit de les remplacer par des disques dit SSD (Solid State Drive). Les bricoleurs pourront le faire eux-même mais il est aussi possible de passer par un réparateur de quartier qui a l’habitude de ce genre d’opération. Il faut savoir que les processeurs Intel (qui équipent la majorité des PC) ont fait moins de progrès ces dernières années que les décennies précédentes. Par contre, le passage du disque dur au SSD a permis d’énormes gains de performance. Mon ordinateur de bureau a maintenant 9 ans est il est toujours utilisable, surtout depuis le passage au SSD !

Les plus téméraires ou plus proches de la technique pourraient envisager un passage à une version légère de GNU/Linux, qui peut faire des merveilles là où Windows 10 fait ramer une machine. Mais attention, cela demande de pas mal changer ses habitudes !

La télévision

Évitez d’en changer, c’est tout ! Et pas besoin d’acheter un modèle 4K pour se faire mousser, ça ne va pas du tout dans le sens de la limitation de l’empreinte numérique (et les contenus format 4K sont encore très rares).

Si elle fonctionne mal, faites-la réparer. Et si vraiment il faut la changer car elle est irréparable, achetez-en une de qualité en évitant les premiers prix dont la fabrication bon marché ne permet pas d’assurer une longue vie au matériel.

Le bon coté du numérique

Le numérique, c’est génial pour des tas de raisons, et on a pu vérifier que ça pouvait même aider à réduire l’empreinte carbone en permettant par exemple le télétravail, lequel permet de réduire les trajets domicile-travail. Mais il ne faudrait pas que le coté positif du numérique soit effacé par son empreinte carbone et sa pollution…

Notes

[1] Vous aimez les éclaboussures de pipi sur les pieds, vous ?

[2] Plus précisément : « étude relative à l’évaluation des politiques publiques menées pour réduire l’empreinte carbone du numérique (juin 2020), réalisée par le cabinet Citizing, épaulé par Hugues Ferreboeuf et le cabinet KPMG, à la demande de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat ».

[3] Soyons clair, je mentionne le recyclage pour lister tous les aspects du cycle de vie, mais très peu de terminaux sont recyclés pour l’instant, encore moins les smartphones que les ordinateurs…

[4] Et pile au moment où je dis ça, Fairphone annonce qu’Android 9 est supporté par le Fairphone 2 d’il y a 5 ans, et c’est cool ! Bravo à la team Fairphone, qui est vraiment en avance sur les autres en terme de modularité, réparabilité et sourcing éthique !

[5] C’est là qu’on réalise que finalement, faire le ménage dans ses mails et ses photos était finalement une bonne idée !

mercredi 24 mars 2021

Pouvoir voler en 2050

Patrouille de France en contre-jour

J’écrivais il y a quelques semaines que le changement climatique change tout, dans tous les secteurs. En voici un nouvel exemple, dans un secteur qui fait face à sacré défi. Ici, nous avons une partie de l’industrie qui prend le lead face à la difficulté, et c’est passionnant !

Pouvoir voler en 2050 : Quelle aviation dans un monde contraint ? présente le dernier rapport du Shift Project, avec une belle déclaration que de nombreuses professionnels de l’aérien devrait adopter, et que tout le monde devrait transposer à son domaine d’activité, du pétrole à la chimie, au tourisme et au numérique :

« Nous qui aimons l’aviation et qui pour beaucoup en ont fait leur métier, nous qui aimons la technique, les grandes découvertes, toute cette prodigieuse intelligence humaine mobilisée pour faire voler des machines, nous affirmons aimer plus encore la vie, la nature et la science – cette science qui décrit aussi rigoureusement les phénomènes aérodynamiques et climatiques, cette science dont on ne peut à la fois jouir des bienfaits et ignorer les bouleversements qu’elle projette.

Nous, ingénieurs aéronautique, pilotes, contrôleurs aériens, employés de compagnies aériennes, usagers ou simples amoureux de l’aviation, las des discours clivants à son égard, signons ce rapport avec l’ambition de créer les conditions d’un débat apaisé sur sa capacité à réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre, dans des proportions compatibles avec un monde vivable en 2100. Nous, aérophiles climato-concernés, revendiquons pouvoir faire partie de la solution plutôt que du problème, en portant une parole transparente, désintéressée et scientifiquement étayée sur ce que peut faire – mais aussi ne peut faire – le secteur aérien pour se décarboner. »

Le changement climatique change tout, et certains sont capables de faire face, là où d’autres n’y arrivent pas (encore).

vendredi 19 mars 2021

L'Octet Vert #03 avec Louise Vialard

L_Octet_Vert_Episode__03_Louise_Vialard_-_petit.png, mar. 2021

Cet épisode est particulièrement différent des précédents dans la mesure où enfin j’ai le plaisir d’accueillir une femme, en l’occurrence Louise Vialard. Après trois épisodes où un mâle blanc interrogeait un autre mâle blanc, voici enfin un semblant de diversité, il était temps !

L’autre bonne nouvelle, c’est que Louise a le sourire, et que ça s’entend. On y parle donc de numérique, de climat, et ce qu’elle fait avec ses casquettes multiples, en particulier en tant qu’élue au numérique responsable et à l’open data à la ville de Nantes…

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Les bons liens évoqués avec Louise Vialard

vendredi 12 mars 2021

L'Octet Vert Episode #02 avec Pierre d'OpenFoodFacts

C’est le troisième épisode de l’Octet Vert (donc numéroté #2, vu qu’on a commencé au #0 !) et on va parler… de nourriture ! Rassurez-vous, la bonne humeur, le numérique et le climat sont aussi convoqués, car je reçois Pierre Slamich, co-fondateur d’OpenFoodFacts.org.

application OpenFoodFacts sur un smartphone

Pierre nous explique comment il utilise le numérique pour faire le Wikipédia de l’alimentation, avec des infos fournies par des bénévoles, pour tout savoir sur les produits alimentaires. Là où c’est intéressant, c’est qu’ils ont étendu leur travail à l’Eco-score, qui révèle, pour chaque produit alimentaire quel est son impact sur la santé du consommateur mais aussi sur celle de la planète !

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