lundi 6 janvier 2020

En vrac de nouvelle année 2020

Lever de soleil sur Paris, janvier 2020

Meilleurs vœux 2020 pour le(s) lecteur(s) du Standblog !

En vedette : le New York Times sur la surveillance

Article énorme du New York Times : Total Surveillance Is Not What America Signed Up For. Les journalistes ont mis la main sur un fichier recensant les déplacements de plus de douze millions d’américains, avec plus de 50 milliards de coordonnées GPS. Un extrait traduit par mes soins :

En analysant ces coordonnées, nos journalistes ont pu pister les mouvement des gardes du corps de Donald Trump et de personnalités du Pentagone. Ils ont pu suivre des manifestants jusque chez eux et espionner des lycéens de Los Angeles. Dans la plupart des cas, c’était un jeu d’enfant de relier une piste prétendument anonyme à un nom et une adresse, et donc une personne identifiée.  ;

Votre smartphone peut diffuser votre lieu exact des milliers de fois par jour, via des centaines d’apps, instantanément à des dizaines de sociétés. Chacune de ces entreprises a la capacité de suivre individuellement des téléphones où qu’ils soient, quasiment en temps réel. Ça n’est pas un bug dans le système. C’est le système.

Le même New York Times a publié une Visualisation ‘One nation, tracked’ des données récupérées. Extraordinairement révélateur sur la vie de personnes qui devraient pourtant rester discrètes pour des raisons d’État (ou leurs propres opinions politiques ou orientation sexuelle).

En vrac

jeudi 19 décembre 2019

Le possible succès du vélo

En allant vélotaffer ce matin à coté du Louvre

Alors que nous vivons avec la grève pour le système des retraites, les vélos sont devenus beaucoup plus nombreux dans les rues des grandes villes. Cela m’a amené à relire un article datant de cet été : Qu’est-ce que le « système vélo » ? C’est un concept expliqué par le l’économiste et urbaniste Frédéric Héran, auteur de Le retour de la bicyclette. En voici un résumé :

Comme tout mode de transport, le vélo est un système, il faut, pour bien fonctionner :

  1. un véhicule en bon état et les services associés ;
  2. un réseau dense et continu, bien maillé ;
  3. des usagers capables de se servir de ce véhicule sur ce réseau et de respecter quelques règles ;
  4. un environnement accueillant et suffisamment sûr.

En plus de cela, depuis quelques années, quatre cercles vertueux se sont mis à tourner :

  1. Un effet de parc : plus les vélos sont nombreux, plus l’offre de vélos et d’accessoires s’étoffe et peut être adaptée à la diversité des clients, ce qui renforce l’usage du vélo. Que l’on songe, par exemple, aux vélos cargos : plus il y en a, plus il est facile de trouver un fournisseur et réparateur, et plus il y en a.
  2. Un effet de réseau : plus le réseau des aménagements cyclables est dense, plus il devient efficace et attractif. Le territoire est rendu plus accessible, au point que le choix du vélo finit par s’imposer jusqu’à saturer le réseau qu’il faut agrandir.
  3. Un effet de club : plus la communauté des cyclistes s’agrandit, plus elle accède à des avantages spécifiques (comme le double-sens cyclable ou le laisse-le-passage au feu rouge), accroît son pouvoir d’influence et tend à imposer la pratique du vélo comme nouvelle norme de comportement.
  4. Un effet de sécurité : plus les cyclistes sont nombreux, plus ils sont en sécurité. On constate que, quand la pratique augmente, les accidents diminuent (ou s’accroissent moins vite). Car les cyclistes deviennent plus visibles, les aménagements sont plus nombreux, de plus en plus d’automobilistes sont aussi par ailleurs cyclistes et font donc plus attention… ce qui encourage en retour la pratique. (Dans le jargon cycliste, on appelle cela la masse critique). C’est pour cela qu’aux Pays-Bas, les cyclistes ne portent pas de casque et n’en voient pas l’intérêt : ils sont suffisamment nombreux pour qu’on fasse attention à eux et donc qu’ils soient en sécurité à vélo.

Paris, en cette fin d’année 2019, est intéressant à plusieurs titres : d’une part les pistes cyclables sont de plus en plus nombreuses, ce qui rend la pratique plus facile. Par contre, le réseau de boutiques s’effondre sous la demande des néo-cyclistes ! Je voulais offrir une lumière pour son vélo à un collègue cycliste pour Noël, impossible d’en trouver une dans les différentes grandes surfaces. Pareil pour les pantalons de pluie !

Mais j’ai bon espoir que certains néo-cyclistes qui auront découvert la pratique du vélotaf vont continuer à prendre leur vélo pour aller travailler, peut-être justement parce que leurs débuts ont été dans les pires conditions, de nuit, sous la pluie et le froid. Après tout, n’ai-je pas commencé à vélotaffer un premier décembre ?

mercredi 18 décembre 2019

En vrac du mercredi

En vedette :

L’ONG Climate Interactive vient de lancer un outil interactif en ligne qui permet à chacun de mieux comprendre comment interagissent les différentes variable de l’équation climatique. Ce simulateur s’appelle EN-roads Simulator. Le voici.

  • Il est accompagné d’un jeu de rôle, permettant à des groupes de travailler sur le sujet sous la forme d’un jeu ;
  • Voici un modèle que j’ai créé (c’est super facile de cliquer sur des boutons, mais c’est l’exécution qui est « non-triviale » !).

Ce que je trouve assez génial, c’est la possibilité de mesurer l’impact des différentes options sur le réchauffement, sans pour autant plonger dans des modèles mathématiques forcément ultra-complexes. J’adorerais jouer à une partie de ce jeu de rôle !

En vrac :

vendredi 13 décembre 2019

Il faut d'urgence réduire les émissions de gaz à effet de serre

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt un article du Monde : Climat : après une décennie perdue, les Etats doivent réduire drastiquement leurs émissions (réservé aux abonnés, malheureusement).

Je vous préviens, c’est du brutal :

Les pays devront abaisser de 7,6 % leurs rejets carbonés chaque année entre 2020 et 2030 s’ils veulent contenir le réchauffement climatique à un seuil soutenable. Les émissions augmentent au contraire irrépressiblement.

Deux graphiques très intéressants issus de l’article :

La trajectoires émissions gaz effet de serre

Trajectoires emissions gaz effet de serre, déc. 2019

Ce qui est intéressant dans ce graphique, c’est de constater plusieurs choses :

  1. Si on continue à ce rythme là, nous allons arriver à 3,4°C et 3,9°C à la fin du XXI S.
  2. Même si les 196 pays signataires de l’accord de Paris respectent leur engagmeent, nous sommes partis pour une hausse de 3,2°C (c’est qui est une catastrophe).
  3. pour rester sous les 1,5°C à 2°C de réchauffement, il faut réduire de façon très très brutale la production des gaz à effet de serre. (Il faut diviser par deux les émissions en 30 ans pour rester sous 2°C et par 9 pour rester sous 1,5°C).

Autrement dit, si on reste comme ça, les enfants nés en 2019 n’auront pas une planète qui ressemble à la nôtre. Pour rappel, au delà de 1,5°C de réchauffement, les choses commencent à s’emballer. à 2°C, c’est déjà très problématique.

Si on veut éviter cela, il faut changer radicalement le mode de fonctionnement de notre société en terme de consommation, déplacement etc.

Les émissions de CO2 par habitant

Emissions de CO2 par habitant, déc. 2019

Ce second graphe est plus optimiste. On voit que par habitant, la production de CO2 baisse aux USA et en Europe. Bien sûr, elle augmente en Chine et en Inde. Ce que cache le graphe, c’est que la population de ces deux pays est en forte hausse, ce qu’il ne faut pas oublier, car c’est une grosse partie du problème.

Une autre chose est visible, mais de façon moins distincte : c’est que la Chine est certes productrice de CO2, mais c’est partiellement du au fait qu’elle est l’usine du monde. Si on retire de son bilan carbone ce qu’elle exporte et qu’on le réattribue aux pays qui importent, on voit que la Chine, toujours par habitant, produit beaucoup moins de CO2 que les USA (3 fois moins) ou que l’Europe (25% de moins).

Les émissions mondiales sont largement tirées vers le haut par la Chine et, à un moindre degré, par l’Inde. Mais, note le rapport du PNUE, « les pays développés ne peuvent pas se contenter de réduire leurs émissions nationales en les exportant vers les économies émergentes ». Lorsque l’on inclut les émissions de CO2 générées par la production des biens importés, un Européen pollue un peu plus qu’un Chinois – avec respectivement 8,1 et 6,1 tonnes par an et par habitant.

mardi 3 décembre 2019

En vrac du mardi

Velo dans le bois de Boulogne

En allant travailler à vélo via le bois de Boulogne

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