mardi 12 mars 2019

Le Web a 30 ans

Il y a 30 ans aujourd’hui, naissait le Web. Je ne l’ai découvert que quelques années plus tard, et j’ai été ébahi par son potentiel. Soudain, l’Internet devenait utilisable par beaucoup plus de gens : il suffisait d’avoir un navigateur et de cliquer sur les liens bleus soulignés. C’était à la portée de tous !

Fin 1996, je postule chez Netscape, pour faire partie de l’aventure. Rapidement, j’ai vu une entreprise essayer de prendre le contrôle du Web en diffusant un navigateur avec son système d’exploitation, dont elle avait le monopole. C’était illégal, un abus de position dominante. C’était aussi toxique pour le Web, et cela m’a mis en colère. Coup de bol, au même moment (début 1998), mes collègues californiens lançaient le projet Mozilla, que j’ai rejoint. Vous connaissez peut-être la suite : AOL/Netscape essaye longuement de faire marcher le projet Mozilla jusqu’en 2003 avant de l’abandonner. Mozilla Foundation est créée, je monte Mozilla Europe avec Peter, Pascal,Axel et d’autres. Nous savions que Firefox était dans les tuyaux, et qu’il pouvait jouer un rôle décisif. Son succès a dépassé toutes nos attentes : il est massivement adopté en Europe et dans une moindre mesure aux USA et au Japon. Exit Internet Explorer, le monopole est renversé, la diversité des navigateurs est rétablie.

Février 2015 : je quitte Mozilla après 17 ans d’implication dans le projet. Pour moi, il est toujours très important de proposer un navigateur au service des utilisateurs. Le problème s’est même étendu aux téléphones mobiles, depuis l’avènement des smartphones en 2007. Mais le faire n’est pas suffisant si cela revient à pousser les utilisateurs dans les bras des géants de l’Internet qui collectent les données personnelles de chacun pour mieux servir leurs vrais clients : les annonceurs, à qui est vendue de la publicité ciblée. L’une de ces plateformes est sur le point d’obtenir le monopole des navigateurs… L’histoire est un éternel recommencement !

Juin 2018 : j’arrive chez Qwant. Mon objectif : aider le projet Qwant dans son adoption par les utilisateurs et aussi l’accompagner dans l’open-source / logiciel libre. Qwant a deux particularités :

  1. c’est un projet français et donc européen.
  2. c’est un moteur de recherche qui ne piste pas ses utilisateurs.

C’est la combinaison de ces deux qualités qui m’a séduit, en plus de la volonté d’aller vers plus de Libre.

Car en fait, je pense que le modèle des Google et de Facebook est toxique pour la démocratie. Tout savoir sur tout le monde, c’est une responsabilité que personne ne devrait avoir à porter, pas même un État. Car inévitablement, ça attise les convoitise, ça pousse à la manipulation. Les révélations Snowden (surveiller tous les internautes pour assoir l’hégémonie d’un pays) ou plus récemment Cambridge Analytica (utiliser les données d’un réseau social pour faire basculer des élections démocratiques) démontrent que ces dangers sont réels.

Évidemment, vouloir changer le Web, ça peut sembler naïf. Effectivement, il serait bien prétentieux d’affirmer qu’on est sûrs d’y arriver. Mais faut-il être certain du succès pour s’engager dans un projet ?

Heureusement, Tim Berners-Lee nous le rappelle :

Le Web est fait pour tous, et nous avons collectivement la capacité de le changer. Ça ne sera pas facile. Mais si nous rêvons un peu et travaillons beaucoup, nous pouvons obtenir le Web que nous voulons.

Le rêve, nous l’avons, chez Qwant. Et mon expérience avec Mozilla me laisse croire qu’effectivement, avec beaucoup de travail, c’est possible de changer le Web pour le meilleur. Je sais : j’ai déjà eu la chance de participer à un tel effort chez Mozilla. Vingt et un ans après, je continue de croire qu’il est possible de remporter cette bataille. Et je sais de façon certaine que la cause est juste : le monde a besoin d’un Web où nous, utilisateurs, ne sommes pas considérés comme du bétail. Alors au boulot !

jeudi 7 mars 2019

En vrac sur la technologie

samedi 23 février 2019

En vrac sur le climat du samedi

lundi 18 février 2019

Agir pour le climat à titre individuel

Velo et tour Eiffel

Comme vous le savez peut-être, j’ai pris en 2018 de nouvelles habitudes pour réduire mes déchets et ma production de CO2 et de rouler à vélo. En substance, j’ai décidé de faire ma part pour limiter le changement climatique. Bien sûr, on pourra me rétorquer que les actions individuelles ne suffisent pas[1]. Et pourtant, elles sont importantes. Voici pourquoi :

Je suis un individu et c’est bon pour moi

Pour moi, le sujet est important et mon action sur ces sujets est réelle et quotidienne. Elle a la grande qualité de faire que je suis dans l’action, et même si c’est minime, c’est déjà ça. Je suis cohérent dans mes actions et dans mes convictions, et c’est vraiment bien positif au quotidien. Attention toutefois de ne pas tomber dans le punitif, à faire qu’on s’interdit trop de choses, ce qui rendrait ce changement trop lourd à porter sur le long terme. J’ai revendu ma grosse Harley Davidson et finalement c’était un soulagement pour moi. J’ai gardé ma vieille Royal Enfield qui consomme 4 litres au 100km et je sais que je remonterais dessus un jour.

Pour les industriels, je suis un consommateur

Les industriels adaptent leur production en fonction de la demande des consommateurs, sinon ils n’arrivent pas à la commercialiser. Je reprends donc à mon compte l’adage popularisé par Coluche : “Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas !”. Et les mêmes industriels finiront par faire des produits plus respectueux de l’environnement, avec moins d’emballage, plus faciles à réparer, etc. Je suis aussi vigilant de ne pas devenir une victime de la publicité : quand je veux acheter un truc, je me demande d’où vient l’envie, et si c’est un vrai besoin. Si oui, j’achète un objet de qualité, qui va me durer longtemps.

Pour mes proches, je suis l’exemple qui suscite le débat puis l’action

Quand j’agis d’une certaine manière, pour moi, pour me sentir cohérent avec mes valeurs, les gens le remarquent parfois, et on en parle. Pourquoi ne manges-tu plus de bœuf ? Pourquoi roules-tu à vélo ? Pourquoi as-tu décidé de ne plus prendre l’avion pour aller en vacances en 2019 ? Ça peut sembler fou, mais ça fonctionne. Au bureau, il y a de plus en plus de “vélotaffeurs” (personnes prenant le vélo pour aller bosser), et pourtant c’est l’hiver. Le simple fait de faire, d’avoir une démarche, ça rend socialement acceptable le fait d’être écolo. Et d’autres suivent. Peut-être avez-vous vu cette vidéo TED qui démontre la naissance d’un mouvement, où l’on constate que c’est le premier suiveur qui transforme un marginal en un leader. À nous d’être le premier suiveur local, celui qui diffuse localement le mouvement pour le climat. (Attention de ne pas devenir un gros lourd qui embête tout le monde avec ces sujets !)

Pour les élus, je suis un électeur

Fondamentalement, les politiciens sont des suiveurs. Presque tous aujourd’hui connaissent le problème du changement climatique et les enjeux (à part une poignée de climatosceptiques qui sont payés pour ne pas comprendre). Mais un politicien cherche avant tout à être élu, condition sine qua non pour pouvoir exercer son métier. Autrement dit, un politicien ne prendra des mesures que dans la mesure où cela mènera à sa réélection. S’affirmer respectueux de la planète, conscient des enjeux écologiques, c’est rendre possible des politiques qui sont nécessaires mais que les élus ont peur de mettre en place car leur carrière pourrait en pâtir.

Voilà pourquoi je pense que le changement passe par moi !

Mise à jour

Je lis ça et là que ce que fais, dis et écris ne suffira pas. Je suis bien d’accord. Arrêter de manger du bœuf, limiter les déplacements en avion ou faire du vélo ne suffira pas. Mais c’est un premier pas. Indispensable pour faire le second pas, par exemple participer à une manifestation pour le climat. Qui lui non plus ne suffira pas. Mais qui permettra un troisième pas. Et ainsi de suite. Refuser de faire le premier pas sous prétexte que l’objectif semble trop loin est lâche, car l’enjeu est de taille. Je dirais même qu’il n’y a pas de plus grand enjeu au XXIe S.

Pour faire un grand voyage, vous avez sûrement remarqué que c’est le premier pas qui coûte. Certes. Mais faire ce premier pas est un accomplissement, d’autant plus que qu’en nous voyant avancer, d’autre se mettent à faire de même.

dimanche 17 février 2019

En vrac du dimanche

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