mardi 31 janvier 2017

Peter Thiel et Koober.com

J’ai essayé le service Koober.com, un site qui propose moyennant un abonnement de 8€/mois de lire ou d’écouter le résumé de certains best-sellers. C’est mon collègue Pierre qui me disait ce matin “ah, j’ai commencé à écouter From Zero to One de Peter Thiel sur Koober”. Et ça m’a motivé. D’une part, Peter Thiel est sur mon écran radar car je suis la politique américaine (C’est le soutien de Trump de plus visible de la Silicon Valley, il l’a conseillé pendant la phase de transition précédant l’investiture, et il est au coeur du scandale Hulk Hogan / Gawker) et d’autre part j’avais entendu parler du livre et je me demandais s’il y avait des choses à y apprendre, sans pour autant passer plusieurs heures de mon temps dessus.

Bref, je m’inscris sur Koober et j’installe leur application sur mon smartphone et c’est parti pour écouter dans le métro un résumé audio de Zero to One en 32 minutes.

Pour être clair, je n’ai pas aimé du tout, mais l’énervement suscité par l’écoute m’a poussé à deux choses : 1 — Aller jusqu’au bout du livre et 2 — écrire ce billet. Ca n’est pas rien !

J’ai donc détesté, mais je ne saurais pas bien dire pourquoi. Ce que j’ai entendu pendant 32 minutes, c’est une belle voix masculine grave qui parle lentement me débiter des platitudes sur les start-ups avec une régularité de métronome, un peu comme si Peter Thiel les enfilait comme des perles qui seraient autant de clichés sur l’entrepreneuriat.

Une fois de temps en temps, alors qu’on pourrait avoir tendance à s’assoupir, Thiel change de couleur de perle et au lieu de sortir une platitude, il décide de balancer une énormité sans crier gare. Quelques conneries entendues dans le livre :

  • Il faut que votre équipe soit homogène au maximum, il faut que les gens pensent tous la même chose[1] ;
  • Le télétravail est incompatible avec une start-up, idem pour le travail à temps partiel ;
  • Une situation de monopole est bonne pour l’innovation ?!
  • La rumeur dit que Palantir aurait aidé à trouver Ben Laden. AAAAAAhhhhhhhh. Le fondateur qui relaye par écrit des rumeurs flatteuses sur sa boite sans confirmer ni infirmer, c’est quand même le summum de la malhonnêteté intellectuelle !

Bref, j’ai passé deux sales quarts d’heure, mais dans un sens, c’était finalement distrayant.

Il me faut être honnête et préciser quelques points :

  • Il n’est pas impossible que l‘a priori négatif que j’ai sur Thiel ait joué sur mon expérience ;
  • J’ignore si la forme résumée, qui implique la suppression de la plupart des anecdotes du récit, n’est pas la source du préjudice ;
  • Je n’ai pas l’habitude d’écouter des audiobooks, donc peut-être qu’on s’y fait.
  • Il est probable que la diction monotone du lecteur ait eu un effet négatif sur mon expérience.

Enfin, ce n’est pas parce que cette expérience fut mauvaise qu’il faut éviter le service Koober.com. En effet, la promesse de pouvoir comprendre les grandes lignes d’un livre le temps d’un trajet de métro a beaucoup de valeur à mes yeux (ça veut infiniment mieux qu’une n-ième partie de 2048 ou de Candy Crush Saga). Je vais essayer d’autres livres audio chez Koober, le temps que s’écoule la période d’essai. On verra ensuite si je prolonge l’utilisation du service, quitte à lire “en vrai” les livres dont le résumé m’aura interpelé…

Et vous, vous avez essayé Koober ? Si oui, quelle est votre expérience avec le service ?

Mise à jour le lendemain :

Depuis la rédaction de ce billet, j’ai écouté deux autres AudioKoobs :

Une bonne nouvelle : l’expérience a été bien meilleure avec ces deux autres livres qu’avec le premier ! Difficile de dire pourquoi… Est-ce la qualité du livre de départ, la qualité de son résumé, le ton de son lecteur ? La biographie d’Elon Musk semblait bien plus vivante que le navet de Peter Thiel, même si le lecteur avait le nez un peu bouché.

Pour ce qui est du livre de psychologie, il faut savoir que l’original est très long et que l’auteur met longtemps d’avant d’arriver au fait. En version résumée audio, il faut parfois bien s’accrocher pour suivre (pas toujours facile dans le métro, quand il s’agit de descendre à la bonne station ou de prendre la bonne sortie !) mais on a le mérite de la concision et de la synthèse, à se demander finalement si l‘audiokoob n’est pas meilleur que l’original !

En conclusion, l’offre Koob semble plus alléchante que je ne le pensais : et si j’arrivais à lire absorber deux livres par jour pendant mes trajets de métro ? Voilà une idée carrément séduisante ! J’imagine assez bien que j’achèterais les livres dont les résumés m’ont semblé les plus intéressants pour les lire à tête reposés…

Mise à jour du 9 février 2017

Ma période d’essai étant terminée, j’ai finalement décidé de prendre un abonnement mensuel à Koober (si vous vous abonnez avec ce lien, ça vous fait économiser sur le prix et ça peut me donner des mois gratuits). Je compte mettre ce billet à jour suite à mon expérience.

Note

[1] De la part d’un mec qui a des opinions politiques tranchées et très différentes de son entourage géographique, en plus de faire partie d’une minorité sexuelle, ça ne manque pas d’air !

vendredi 30 décembre 2016

4 leçons de vie

Coucher de soleil depuis le pont de Bir-Hakeim

Ça fait longtemps (plus d’un an !) que je n’ai rien publié dans la catégorie Life Hacking, et je me dis que c’est une bonne façon de terminer 2016.

Nataly Kogan a publié une liste de 40 leçons de bonheur qu’elle aurait voulu connaître plus tôt, et c’est une belle liste. Voici 4 items parmi 40 que je retiendrai, 4 choses que j’ai apprises tardivement et que tout le monde gagnerait à savoir :

  • On ne peut changer que soi-même. Ni les autres, ni les relations, que soi-même. Si tu veux changer quelque chose, y compris le monde, commence par toi-même.
  • Les gens s’intéressent bien moins qu’on ne le pense à ce que tu fais ou ce à quoi tu ressembles. Nous sommes surtout préoccupés par nous, alors arrête de t’inquiéter de la façon dont tu es perçu et vis ta vie.
  • Être vulnérable n’est pas être faible, mais ça te rend vrai. Sois vrai. C’est un cadeau pour toi et aussi pour tous ceux qui sont autour de toi.
  • Prends soin de toi. Ça n’est pas égoïste, c’est ta responsabilité envers les personnes que tu aimes. Il n’y a aucune gloire à être un martyr.

mardi 15 décembre 2015

2 astuces pour rester serein

Ça fait des mois que je pense à écrire un article sur l’hygiène mentale, mais c’est Adrienne Charmet qui a su me convaincre en touittant ceci :

Vous croyez que 2016 va être moins pourrie que 2015 ? Parce que là, perso j’en peux plus, sur tous les plans. :( #ChercheEspoirDésespérément

Nous sommes nombreux dans ce cas-là, surtout des gens comme Adrienne, qui ont un travail lié à des sujets “pesants”.

J’expliquais sur Twitter que j’ai deux règles de vie pour bien vivre. Cela mériterait un long article bourré de détails et de précisions, voire de précautions oratoires. Mais voilà, si j’attends que le billet soit vraiment bon, il ne sortira jamais. Voici donc, sans autre forme de procès, les deux règles de vie qui évitent de finir en sanglots ou pire, au bout d’une corde, dans les moments difficiles.

1 - Regarder ce qui va bien dans la vie.

Regarder ce qui va bien dans ce monde. Pas facile quand on a tendance (surtout en France ?) à avoir un regard critique. Le problème, c’est que notre cerveau prend l’habitude de ce regard critique, au point qu’on regarde tout ou presque avec cette perspective, en jugeant (négativement) ce qui nous entoure. Parfois aussi ceux qui nous entourent. Et aussi trop souvent nous-même. Alors il faut s’habituer à regarder ce qui va bien autour de nous. Au début, ça demande un peu d’efforts, mais ça en vaut le coup, histoire d’être plus heureux au quotidien.

Exercice : repérer et noter les 3 kifs chaque jour

Un super exercice pour réussir à changer ses habitudes consiste à prendre un carnet et chaque soir, à noter trois instants plaisants de la journée. Ca peut être insignifiant, mais peu importe du moment que c’était un moment positif. Ca peut être un un sourire dans le métro, un morceau de ciel bleu qu’on n’attendait pas, un geste généreux d’un collègue… On les note, on se les remémore, et puis on se surprend le lendemain à chercher ces petits moments positifs, histoire de ne pas se retrouver face à une page blanche le soir. Pour que ça fonctionne bien, il faut le faire pendant 3 ou 4 semaines, pour que l’habitude prenne racine.

Les lecteurs parlant anglais et ayant une très haute tolérance au style américain chercheront dans leur moteur de recherche préféré les mots clés “Celebrate what’s right with the world” de Dewitt Jones (qui a malheureusement tendance à faire un énorme business sur ce sujet, avec des DVD à 795$ le bout).

2 - Choisir ses combats

C’est un principe qui m’est venu en écoutant Sinead O’Connor, et particulièrement sa chanson Feel so different, qui commence ainsi :

God grant me the serenity to accept the things I can not change / Courage to change the things I can / And the wisdom to know the difference

En français, ça pourrait donner ceci :

Seigneur, donne moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer / Le courage de changer ce que je peux / Et la sagesse pour faire la différence.

Wikipedia a d’autres versions et tout l’historique.

Il ne faut pas se détourner de cette citation sous prétexte qu’elle a la forme d’une prière : son message est essentiel ; tous les combats ne se valent pas, et il faut choisir ceux dans lesquels on veut s’engager, ceux sur lesquels on va se concentrer et qu’on a des chances de gagner car on est concentré.

Pour aller plus loin

J’ai lu quantité de livres sur ces sujets (et celui du bonheur en particulier), et le meilleur d’après moi est Comment devenir un optimiste contagieux (il vient de sortir en poche !). J’ai aimé au point d’en faire une série d’articles, c’est dire !

En français, il faut mentionner 3 kifs par jour de Florence Servan-Schreiber, ne serait-ce que parce qu’il a pour titre le fameux exercice ci-dessus. Je trouve Shawn Achor meilleur pour ma part.

En ce moment, je relis Positive Intelligence de Shirzad Chamine, qui existe aussi en français : L’intelligence positive. Dès que j’ai le temps, je vous en fais un compte-rendu !

jeudi 13 novembre 2014

Journée de la gentillesse

Il paraît qu'aujourd'hui c'est la journée de la gentillesse. Je pense que ça devrait être tous les jours le cas. Mais au moins, ça fait passer le message que la gentillesse est importante, y compris dans le monde des affaires, au bureau, dans la vie quotidienne.

Je laisse à mes lecteurs le soin de méditer cette phrase de Paul Watzlawick, psychologue et membre fondateur de l’école de Palo Alto :

La relation (de gentillesse) prime sur le plus beau des contenus.

Franck Martin, patron de Congruences, l'explique plus en détail :

Vous avez beau être le meilleur technicien du monde dans votre matière. Si vous n’êtes malheureusement pas capable de créer une relation de confiance – qui s’exprime elle-même par des comportements de bienveillance, de respect et d’honnêteté, donc de gentillesse – ce que vous aurez à donner, à vendre, à communiquer ne sera pas pris en considération.

Cette phrase m'a été rappelée par un excellent article du Monde : Franck Martin : « Etre gentil n’implique pas d’être con ». Bonne lecture !

jeudi 5 septembre 2013

Remplacer le perfectionnisme par l'optimalisme et vivre plus heureux

Trois tomates

Je suis en train de lire 3 kifs par jour le livre de Florence Servan-Schreiber. Un passage a particulièrement résonné chez moi. J'ai recopié quelques extraits ci-dessous, autant pour moi que pour mes lecteurs :

La quête de la perfection n'est pas une panacée mais une malédiction. La perfection est la cousine germaine du pessimisme. En voici les principales manifestations

  • Se sentir condamné à la victoire ou à l'échec. Il n'y a pas d'entre-deux.
  • S'obstiner, quitte à s'enliser dans les détails que l'on est seul à percevoir.
  • Dénigrer ses propres victoires
  • S'autocritiquer de manière excessive
  • S'imposer de faire toujours mieux.
  • Utiliser ses échecs comme confirmation de sa nullité.
  • Ne pas ou peu savourer ses succès.
  • Vouloir que le chemin menant à ses objectifs soit dépourvu d'obstacles.
  • Se montrer défensif face aux suggestions et remarques.

Le perfectionniste trouve ses exigences parfaitement fondées, puisqu'elles le poussent à travailler. Pense-t-il… Elles le poussent surtout à s'accabler. A force de pression et de remontrances intérieures, il n'est finalement jamais satisfait. Ni de ce qu'il a accumulé ou même réussi, ni de lui-même. (…)

Un perfectionniste se juge si sévèrement qu'il en éprouve aussi des peurs invalidantes qui le retardent ou l'empêchent d'agir dans des domaines importants de sa vie. Ses critères démesurés lui coupent tout simplement l'herbe sous le pied. Et plus quelque chose compte sur lui, plus c'est difficile. C'est la paralysie face au risque qui égratigne l'estime de soi, ce n'est pas le risque.(…)

Le perfectionnisme sous sa forme extrême est classé parmi les névroses. Excessif, il entraîne beaucoup de déceptions et de souffrances. C'est une pression abusive que l'on s'inflige au nom des exigences de la société, du système scolaire et parfois simplement pour obéir à son orgueil. (…)

Mais il existe un pendant "positif, adaptatif et sain" au perfectionnisme, que (Tal) Ben-Shahar a baptisé l'optimalisme. C'est la capacité à changer le dialogue avec soi-même. L'optimaliste est plus réaliste. Il accepte l'idée de devoir faire des choix et des compromis. Plutôt que d'édicter ce qui est digne de lui il se demande quelle est, pour lui, la meilleure vie possible. Il accepte ce que l'existence lui offre et il en tire le meilleur parti. Il définit ce "qui lui ira" plutôt que ce "qu'il doit…".

Voici ce que sait faire l'optimaliste :

  • Apprécier les demi-succès et les échecs sans gravité.
  • Changer de point de vue sans se sentir remis en cause.
  • Savourer ses victoires.
  • Analyser ses actions pour progresser.
  • Faire de son mieux.
  • Utiliser ses échecs comme information.
  • Profiter du chemin qui mène au succès et en éprouver de la fierté.
  • Considérer que les échecs font partie de la vie et en tirer des leçons.
  • Solliciter les suggestions des autres et les mettre à profit.

Tout cela mis bout à bout permet à l'optimaliste d'éprouver de la reconnaissance pour ses actions. Mais aussi, et surtout, d'accueillir ce que la vie lui offre et d'en tirer le meilleur partie sans courir sans cesse à coté de lui-même.

Ceux que cela intéresse pourront lire le livre de Florence Servan-Schreiber ou se reporter aux travaux de Tal Ben-Shahar : The pursuit of Perfect: How to stop casing perfection and start living a richer, happer life, traduit en français chez Belfond en 2010, L'apprentissage de l'imperfection.

Je me suis (en partie) reconnu dans la description du perfectionniste faite par Florence Servan-Schreiber, de même que je réalise que cette approche tend à me paralyser de plus en plus que je progresse dans ma vie. J'ai aussi retrouvé dans l'optimalisme certains approches que je mets en place pour mieux vivre et sortir de ma paralysie perfectionniste quand elle me frappe.

Et vous, le perfectionnisme vous est-il familier ? Quelles sont vos stratégies pour limiter la paralysie et le mal-être qui en découlent ? Avez-vous des lectures à recommander ? J'attends vos contributions dans les commentaires !

Mise à jour : je vous recommande tout particulièrement la lecture du commentaire de Hussein #19 qui est riche d'enseignement...

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