lundi 14 janvier 2013

Aaron Swartz se suicide a 26 ans

J'ai appris samedi le suicide d'Aaron Swartz à l'age de 26 ans. Ce nom ne vous dit probablement pas grand chose. Aaron était un brillant hacker précoce et un combattant pour les libertés numériques. Il s'est retrouvé à 14 ans co-auteur de la spec RSS1.0 et a participé à plusieurs projets que je soutiens : Creative Commons, l'EFF et la lutte contre les lois liberticides SOPA et PIPA. Il a eu maille à partir avec le gouvernement américain pour avoir essayé de "libérer" des documents (d'abord avec le système PACER/RECAP puis avec JSTOR). C'est cette dernière affaire qui semble l'avoir poussé au suicide, alors qu'il avait téléchargé sur le réseau du MIT des millions de documents[1]. Le monde a perdu un surdoué (peut-être même un génie), un garçon curieux de beaucoup de chose, et qui voulait changer le monde à travers la technologie, le logiciel, le Web et les standards ouverts… J'aurais aimé être aussi brillant, aussi précoce et aussi déterminé que lui.

Aaron Swartz (à droite), en 2002 avec Larry Lessig (Creative Commons). Photo Rich Gibson sous license CC-BY.

Note

[1] Dont beaucoup étaient du domaine public !

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vendredi 30 novembre 2012

Régulation d'Internet par les Etats : le danger de Dubai et de l'ITU

J'ai déjà écrit à plusieurs reprises l'une des choses que j'aime le plus à propos du et de l'Internet, c'est qu'il n'est pas nécessaire de demander la permission à qui que ce soit pour pouvoir participer et créer sur Internet, contrairement à des plates-formes propriétaires.

Il faut dire qu'à l'origine, l'Internet a été construit autour de ce principe. Il n'a pas été créé par une société unique ou un gouvernement avec une approche centralisée et hiérarchique. Les standards techniques qui ont rendu l'Internet possible ont été créés par des ingénieurs et des scientifiques qui avaient la volonté de partager et de voir les réseaux s'interconnecter.

Le résultat est que personne n'est propriétaire de l'Internet, et tout le monde peut participer.__

Cela pourrait bien changer, alors que les gouvernements vont se rencontrer la semaine prochaine à Dubai, à huis clos, pour déterminer si les Etats peuvent ou non réguler et contrôler la structure d'Internet.

Je laisse mon collègue Harvey Handerson, directeur juridique de Mozilla, expliquer pourquoi c'est problématique (l'emphase est de mon fait) :

Savoir si l'Internet doit être régulé par des traités gouvernementaux et jusqu’où il peut l'être est une question vitale. A dire vrai, c'est tellement important qu'une telle discussion ne peut pas avoir lieu à huis-clos. L'Internet tel qu'on le connaît a une importance telle dans nos vies qu'on ne peut pas laisser les gouvernements décider de son sort.

Voici pourquoi chacun de nous, citoyens du Net, devons prendre position sur cette question essentielle. Comment faire ?

  • Lisez le papier de l'Internet Society, qui liste les dangers qui se cachent derrière la conférence de Dubai :
    • Changement des accords sur les coûts des services Internet
    • Comment cela peut amener à plus de censure via le filtrage DNS
    • Protection des données privées
    • Contrôle par les Etats sur le contenu et l'accès aux réseaux
    • La gestion des adresses Internet
    • changement fondamental du modèle de développement de l'Internet
    • Abus de la notion de spam et d'utilisation abusive pour couper l'accès à Internet
  • Visionnez la vidéo sous-titrée en français (pensez à sélectionner les sous-titres en français[1])
  • Utilisez et partagez le ITU Engagement Kit.
  • Parlez-en autour de vous, sur les réseaux sociaux, votre blog, dans la vraie vie.

La liberté de participer est l'un des piliers de l'Internet et l'une des raisons qui font que c'est une telle révolution. C'est à nous de la défendre !

Note

[1] Ecrits et validés par votre serviteur et d'autres internautes.

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samedi 12 mai 2012

Bientôt Sud-Web !

J'ai le plaisir de poser quelques questions à Loïc Mathaud, l'un des organisateurs (en l'occurrence président) de Sud-Web, un événement qu'il est tellement bon que Mozilla a décidé de le sponsoriser :-) [1]

Tristan : Bonjour Loïc, peux-tu nous expliquer ce qu'est Sud-Web ?

Loïc : Sud Web est une conférence pour tous les professionnels du web (développeurs, designers, experts accessibilité...) qui veulent profiter de l’expérience des autres. Pour construire un web de qualité, nous devons travailler ensemble. Nous ne devons donc pas hésiter à nous questionner constamment et à apprendre des autres. Sud Web permet d’ouvrir sa perception du web et de s’améliorer dans sa pratique via le partage d’expériences concrètes.

Tristan : Comment est née l'aventure ?

Loïc : Sud Web découle de Paris Web. Une partie de l’équipe s’y rend chaque année depuis la première édition et très tôt des discussions ont eu lieu sur la création d'un évènement de ce type en dehors de Paris et à une autre époque de l'année. Longtemps resté au stade d'idée vague, Sud Web a réellement pris forme lors de Paris Web 2010. Après de nouvelles discussions à ce sujet durant le trajet en voiture - grève oblige - menant un petit groupe vers Paris, il s'avère que le staff de Paris Web m'a permis de monter sur scène pour lancer publiquement l'idée d'un Sud Web.

Quelques minutes plus tard, quelques-uns de mes futurs compagnons venaient déjà me voir pour participer à l'aventure. Quelques jours plus tard, le groupe se constituait et commençait à s'organiser. Quelques semaines plus tard, l'association Sud-Web voyait le jour. Et enfin 6 mois plus tard, après un très gros travail de la part du staff, Sud Web 2011 avait lieu à Nîmes, sous le joli soleil du mois de mai !

Tristan : En venant à Sud-Web, avec quoi vont repartir les participants ?

Loïc : Sud Web 2012 a lieu à Toulouse les 25 et 26 mai prochains et cette année nous avons décidé de proposer deux journées différentes mais complémentaires.

Une première journée de conférences où l’on mise sur la transmission de retours d’expériences de la part des orateurs, suivant un programme concocté par notre équipe. Le tout conclu par une séance de questions à l’ombre où participants et orateurs pourront se rencontrer de manière plus informelle au sein d’une cour intérieure.

La deuxième journée sera participative. Nous l’avons appelé l’Élaboratoire. Elle se situe à mi-chemin entre les BarCamp et les CodingDojo. Notre objectif sera de favoriser les échanges inter-participants en mettant en avant des débats. Le lieu le permettant, chacun sera libre d’utiliser une des salles à disposition pour 1 ou 2 heures afin de s’y retrouver en petit groupe pour échanger, tester, apprendre sur le thème de leur choix. À titre d'exemple, vous aurez l'opportunité de débattre avec Bert Bos, un des co-inventeurs des CSS.

Tristan : Excellent ! Avec quoi vous, organisateurs, allez repartir de Sud Web ?

Loïc : Avec des nouvelles idées et points de vues, des choses à tester une fois de retour au travail afin d'améliorer vos projets, des rencontres riches avec des passionnés du Web, et, on l’espère, un immense sourire suite à ces 2 jours passés tous ensemble avec une équipe de bénévoles qui n'aura pour objectif que votre bien-être.

Tristan : Merci Loïc pour ces précisions, et bonne chance pour l'organisation de Sud-Web !

Note

[1] Merci à l'excellent Anthony Ricaud pour son aide lors de cette interview.

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vendredi 16 décembre 2011

Mozilla, les Appstores et le Web

Mozilla invite les développeurs à tester Mozilla Labs Apps project (le nom est temporaire).

On peut se demander pourquoi Mozilla se lance dans les applications. Le billet l'explique très bien :

La mission de Mozilla est d'améliorer le Web. Nous pensons que les applications (apps) devraient être disponibles sur tous les appareils connectés au Web, tous les systèmes d'exploitation, tous les navigateurs, de façon à permettre à des milliards de gens dans le monde d'utiliser et d'interagir avec ces applications.

Aujourd'hui, les applications sont liées à des écosystèmes fermés. Les applications ne peuvent pas être utilisées sur tous les appareils. Les données dans ces applications sont stockées dans des silos et sont inaccessibles pour les autres applications et services Web. Du coup, le choix de l'utilisateur est limité et dévalué.

Dans un écosystème ouvert, les développeurs devraient avoir la possibilité d'écrire des applications en utilisant les technologies et ressources du Web. Ils devraient ensuite pouvoir distribuer et vendre ces applications avec toute la flexibilité, le choix et l'audience qui sont offerts par le Web.

Quelques liens :

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mardi 21 juin 2011

Hypervidéo : un nouvel exemple militant

Tristan Mendès-France et Gaël Bordier ont fait un Web-documentaire tout à fait intéressant reposant sur HTML5 et la technologie Popcorn.js selon le concept d'hyper-vidéo. En gros, il s'agit d'un contenu vidéo, avec des hyperliens sur le coté, qui donnent accès à des ressources complémentaires (exemple : Naypyidaw ou des bonus).

Owni et Boing-Boing en parlent :

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