dimanche 1 décembre 2019

Bilan un an de Velotaf

VTT au bord de la mer

Un peu de contexte

Il y a un an jour pour jour, le 1er décembre 2018, j’ai fait un changement qui pourrait sembler anodin : j’ai décidé de changer de moyen de transport pour aller bosser. Six mois plus tôt, j’ai commencé à travailler dans une entreprise dont les locaux sont à coté de la Porte Dauphine, un coin peu pratique pour moi. Soit j’y vais à pieds (45 mn) soit j’y vais à métro (35 mn dont 30 à pieds) soit c’est le RER, mais les horaires sont trop irréguliers. J’ai envisagé de racheter un scooter (j’ai roulé 20 ans à Paris en scooter), mais il était hors de question de revenir en arrière et retrouver les problèmes qui vont avec : manque d’exercice, stress et danger, sans parler de la pollution sonore, du CO2 et des micro-particules rejetés dans l’atmosphère. Bref, j’ai craqué pour un vélo pour me déplacer au quotidien.

Velo Moustache Samedi 27 X-Road

Le choix de l’assistance électrique

Compte tenu de ma forme physique pas franchement éblouissante, le fait qu’il faille monter une côte (le bureau est en haut de la colline de Chaillot, celle où se trouve le Trocadéro) et mon besoin de porter une veste pour certains rendez-vous, j’ai opté pour un vélo à assistance électrique. Il y a à coté de la maison un magasin qui me fait de l’oeil depuis plusieurs années. J’ose enfin y rentrer, et j’opte pour un vélo Moustache X-Road équipé d’une motorisation Bosch. Au fil du temps, je l’équipe d’un cartable spécial qui s’accroche facilement au porte-bagages, je fais monter une tige de selle dotée d’un amortisseur et ensuite un meilleur phare. Toujours pour des raisons de sécurité, je « mochifie » l’engin avec du scotch réfléchissant. Une petite sacoche pour y stocker mon pantalon de pluie, une autre pour une chambre à air de secours et une bombe anti-crevaison, une loupiote clignotante rouge à l’arrière pour compléter le feu de série. Ma chérie me pousse à acheter un casque, et en vieux motard prévoyant, je porte des gants (ce sont les mains qui prennent toujours en premier en cas de chute).

Vélo au bois de Boulogne, en bord de lac

À l’usage

Les premiers tours de roues sont un peu intimidants : pas facile de rouler sans carrosserie au milieux de ces gens qui roulent comme des dingues avec leurs moteurs vrombissants ! Et puis il faut trouver son chemin, découvrir les pistes cyclables, appréhender les trajets et redécouvrir les côtes. Heureusement, l’électrique aide bien ! Une pente et pas envie ou pas possible de faire l’effort à cause des vêtements, de la température ou du rendez-vous qui vient ? Hop, on augmente l’assistance et ça va mieux ! Au bout de quelques mois de pratique, on mémorise les pistes cyclables, les meilleurs chemins à prendre et les coins à éviter. On gagne aussi en assurance (tout en restant prudent) dans le chaos de la circulation parisienne.

Quelques changements inattendus

La perte de poids

Une des raisons pour prendre un vélo était de ne pas revenir au scooter et à la sédentarité qu’il implique : quand on a un scooter, on se gare tout près du bureau et de la maison, et donc on fait très peu d’exercice. C’est à peine mieux en voiture. J’avais déjà perdu du poids en passant aux transports en commun, je voulais continuer à faire de l’exercice. Grand bien m’en a pris, puisque j’ai perdu 6 kilos supplémentaires, ce qui fait que je me sens beaucoup mieux dans ma peau.

L’équilibre mental

Mon médecin me disait récemment de faire de l’exercice pour être moins stressé. C’est bien ce que je fais ! J’ai un job pas reposant, mais le vélo m’aide beaucoup à trouver l’équilibre, à prendre du recul. Je trouvais mon trajet de 4 km (en aller simple) un peu court, j’ai donc cherché comment le rallonger. C’est ce que je fais quasiment tous les matins en passant par le bois de Boulogne, ce qui double la distance le matin. Le soir, étant souvent pressé, je prends le chemin le plus direct, ce qui me fait généralement 12 km par jours si je n’ai pas de rendez-vous à l’extérieur. C’est d’autant meilleur que le passage par le bois de Boulogne fait une véritable coupure dans la journée. La plus grande surprise du vélo, c’est la sérénité qu’il m’a apporté.

Velo au bois de Boulogne

Mon vélo au bois de Boulogne, devant le kiosque de l’empereur

La piquouse vélo

Étant du genre obnubilé par mes occupations et ayant envie de les partager, j’ai proposé à mon épouse de lui offrir un vélo à assistance électrique. Elle a refusé avant d’accepter un vélo dit “sec” (ou “musculaire”), c’est à dire sans assistance… ce qui a inévitablement impliqué que je m’en achète un aussi. Nous voici donc tous deux équipés de « randonneuses », ces vélos de route prévus pour la randonnée. Nous les avons pris pour faire un tour sur les pistes cyclables du Calvados pendant l’été. Depuis leur achat, nous avons fait plus de 800 km avec !

Avec mon épouse vers la fin du voyage

Le gain de temps

Avant, aller au bureau et en revenir me prenait 1h10 par jour. Maintenant, c’est 30 mn (en direct) à 45 mn (si je rallonge), mais avec la vraie sensation de m’être dépensé et ce, 5 jours par semaine (souvent plus car je fais aussi du vélo le week-end). Du coup, j’ai résilié mon abonnement à la salle de sport ! Ça tombe bien, ça me gonflait d’y aller et ça ne m’apportait pas grand chose…

Un an et quelques chiffres

  • Près de 4000 km en un an :
    • 2800 km parcourus avec le vélo à assistance électrique
    • 800 km avec le vélo sec
    • 300 km environ avec mon vieux VTT
  • 6 kilos perdus et une forme physique largement meilleure
  • 1 crevaison
  • une demi-douzaine de cyclistes dépannés avec mes talents de bricoleurs
  • une demi-douzaine de fois où j’ai du utiliser mon pantalon de pluie

Bref, si votre trajet maison-travail fait moins de 10 km (aller) et que vous n’habitez pas en haute montagne, il y a de grandes chances que vous puissiez le faire à vélo. Oui, le changement peut faire peur. C’est normal, et du coup on a vite fait de se dire « le vélo, ça n’est pas pour moi car [insérez ici l’excuse de votre choix] ». Et pourtant. Il y a plein de choses qu’on peut changer si on prend le problème à bras le corps. Besoin de transporter une guitare ? C’est possible. Des enfants ? C’est possible aussi. Du matériel lourd ? Oui, aussi. Besoin de prendre le train ? Fastoche !

En fait, en terme de vélo, je n’ai qu’un regret : n’avoir pas commencé plus tôt !

mardi 9 juillet 2019

En vrac environnement du mardi

Vélo en bord de mer

jeudi 6 juin 2019

En vrac sur le climat

Vallon dans le Morvan au printemps

samedi 23 février 2019

En vrac sur le climat du samedi

lundi 18 février 2019

Agir pour le climat à titre individuel

Velo et tour Eiffel

Comme vous le savez peut-être, j’ai pris en 2018 de nouvelles habitudes pour réduire mes déchets et ma production de CO2 et de rouler à vélo. En substance, j’ai décidé de faire ma part pour limiter le changement climatique. Bien sûr, on pourra me rétorquer que les actions individuelles ne suffisent pas[1]. Et pourtant, elles sont importantes. Voici pourquoi :

Je suis un individu et c’est bon pour moi

Pour moi, le sujet est important et mon action sur ces sujets est réelle et quotidienne. Elle a la grande qualité de faire que je suis dans l’action, et même si c’est minime, c’est déjà ça. Je suis cohérent dans mes actions et dans mes convictions, et c’est vraiment bien positif au quotidien. Attention toutefois de ne pas tomber dans le punitif, à faire qu’on s’interdit trop de choses, ce qui rendrait ce changement trop lourd à porter sur le long terme. J’ai revendu ma grosse Harley Davidson et finalement c’était un soulagement pour moi. J’ai gardé ma vieille Royal Enfield qui consomme 4 litres au 100km et je sais que je remonterais dessus un jour.

Pour les industriels, je suis un consommateur

Les industriels adaptent leur production en fonction de la demande des consommateurs, sinon ils n’arrivent pas à la commercialiser. Je reprends donc à mon compte l’adage popularisé par Coluche : “Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas !”. Et les mêmes industriels finiront par faire des produits plus respectueux de l’environnement, avec moins d’emballage, plus faciles à réparer, etc. Je suis aussi vigilant de ne pas devenir une victime de la publicité : quand je veux acheter un truc, je me demande d’où vient l’envie, et si c’est un vrai besoin. Si oui, j’achète un objet de qualité, qui va me durer longtemps.

Pour mes proches, je suis l’exemple qui suscite le débat puis l’action

Quand j’agis d’une certaine manière, pour moi, pour me sentir cohérent avec mes valeurs, les gens le remarquent parfois, et on en parle. Pourquoi ne manges-tu plus de bœuf ? Pourquoi roules-tu à vélo ? Pourquoi as-tu décidé de ne plus prendre l’avion pour aller en vacances en 2019 ? Ça peut sembler fou, mais ça fonctionne. Au bureau, il y a de plus en plus de “vélotaffeurs” (personnes prenant le vélo pour aller bosser), et pourtant c’est l’hiver. Le simple fait de faire, d’avoir une démarche, ça rend socialement acceptable le fait d’être écolo. Et d’autres suivent. Peut-être avez-vous vu cette vidéo TED qui démontre la naissance d’un mouvement, où l’on constate que c’est le premier suiveur qui transforme un marginal en un leader. À nous d’être le premier suiveur local, celui qui diffuse localement le mouvement pour le climat. (Attention de ne pas devenir un gros lourd qui embête tout le monde avec ces sujets !)

Pour les élus, je suis un électeur

Fondamentalement, les politiciens sont des suiveurs. Presque tous aujourd’hui connaissent le problème du changement climatique et les enjeux (à part une poignée de climatosceptiques qui sont payés pour ne pas comprendre). Mais un politicien cherche avant tout à être élu, condition sine qua non pour pouvoir exercer son métier. Autrement dit, un politicien ne prendra des mesures que dans la mesure où cela mènera à sa réélection. S’affirmer respectueux de la planète, conscient des enjeux écologiques, c’est rendre possible des politiques qui sont nécessaires mais que les élus ont peur de mettre en place car leur carrière pourrait en pâtir.

Voilà pourquoi je pense que le changement passe par moi !

Mise à jour

Je lis ça et là que ce que fais, dis et écris ne suffira pas. Je suis bien d’accord. Arrêter de manger du bœuf, limiter les déplacements en avion ou faire du vélo ne suffira pas. Mais c’est un premier pas. Indispensable pour faire le second pas, par exemple participer à une manifestation pour le climat. Qui lui non plus ne suffira pas. Mais qui permettra un troisième pas. Et ainsi de suite. Refuser de faire le premier pas sous prétexte que l’objectif semble trop loin est lâche, car l’enjeu est de taille. Je dirais même qu’il n’y a pas de plus grand enjeu au XXIe S.

Pour faire un grand voyage, vous avez sûrement remarqué que c’est le premier pas qui coûte. Certes. Mais faire ce premier pas est un accomplissement, d’autant plus que qu’en nous voyant avancer, d’autre se mettent à faire de même.

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