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jeudi 19 février 2009

Conférence en ligne sur l'énergie et le réchauffement climatique

Un lecteur dont le nom m'échappe (désolé) m'a envoyer un lien vers la passionnante Conférence de Jean-Marc Jancovici (vidéo et diapos) donnée aux cadres de Spie.

Je suis un lecteur de la prose de J.M. Jancovici depuis bien longtemps et j'en ai déjà parlé à plusieurs reprises sur le Standblog.

Jean-Marc Jancovici : 'Plus ça va (le PIB) moins ça va (le CO2)'

Jean-Marc Jancovici : 'Plus ça va (le PIB) moins ça va (le CO2)'

Ce qui est intéressant dans cette présentation, c'est qu'elle est extraordinairement documentée, solide, mais aussi (relativement) courte : 1h40. (Pour ceux qui veulent, il y en a une version longue donnée dans le cadre de cours aux élèves ingénieurs de l'école des Mines, mais ça dure 16 heures !).

Oui, bon, 1h40, ça peut sembler beaucoup, mais c'est juste le temps d'un film Hollywoodien (ou d'une soirée télé devant TF1) et c'est encore plus intéressant. On peut se demander comment ce sujet dont on nous rebat les oreilles peut encore être intéressant. Ca tient à plusieurs choses :

  • Jean-Marc Jancovici n'est pas partisan ni politique : il a une approche d'ingénieur qui fait face à un double problème (la consommation de pétrole et le réchauffement climatique) et il disseque le sujet avec brio.
  • La présentation est particulièrement fournie en données. C'est l'antithèse d'un discours militant, et c'est ça qui est convaicant.
  • Il est très bon orateur (1h40 sans mollir, c'est fort !)

Si les rapports entre économie, croissance, énergie, pétrole et réchauffement climatique vous intéressent, je ne saurais trop vous recommander de réserver 1h40 à cette présentation.

Réflexion faite, même si ces sujets là ne vous intéressent pas plus que ça, mais si vous voulez savoir quel monde on risque de réserver à nos enfants (monde qui sera très différent du nôtre, à n'en pas douter), vous devez voir cette présentation.

Chapeau, M. Jancovici !

mardi 10 juin 2008

En vrac, en direct de Paris

(bah oui, pour une fois que je suis au bureau, ça vaut la peine de le dire ;-) )

jeudi 29 mai 2008

Citation du jour

Trouvée dans le Figaro, édition du 29 mai 2008, cahier saumon, page 18 (l'emphase est de mon fait) :

Vous pourrez toujours faire un peu plus d'exploration, aller chercher du pétrole dans des zones plus difficiles... mais ça ne ramènera jamais le niveau de production des belles années. Le pétrole en tant qu'énergie sur laquelle tout repose, c'est un modèle dépassé.

Philippe Armand, patron de Total en Indonésie, suite à l'annonce du ministre indonésien de l'énergie que le pays quittera l'OPEP à la fin de l'année.

mardi 27 mai 2008

Spéculation, consternation, éducation ?

Vague à Saint Aubin sur Mer, Calvados

Vague à Saint Aubin sur Mer, Calvados

Le prix de l'essence s'est envolé récemment, au point de battre des records historiques. Mais si on regarde l'évolution de ce prix au fil du temps, on constate des hausses et des baisses (que les économistes se font un plaisir de nous expliquer a posteriori). Aujourd'hui, le pétrole coûte cher parce qu'il y a une pression sur les prix. En gros, la demande augmente alors que la production stagne, et qu'il y a des incertitudes sur des tas de paramètres. Quelques exemples :

  • c'est le début de saison pour les cyclones, et ça risque de toucher les installations pétrolières, et en particulier les raffineries. Vous vous souvenez des dégâts générés par Katrina en 2005 ? Au niveau pétrolier, ça a été très sensible.
  • Les difficultés géopolitiques sont multiples (instabilité dans plusieurs pays exportateurs de pétrole), en particulier en Irak, Nigéria et Vénézuela (source : Short-Term Energy Outlook, Administration américaine, une vraie mine d'information).
  • le tremblement de terre en Chine pose de gros soucis énergétiques car il gène l'acheminement du charbon vers les centrales électriques et les barrages hydroélectriques sont fragilisés. Du coup, la production électrique se reporte sur les centrales utilisant du pétrole, qui provoque une demande supplémentaire dans un système déjà sous tension.

Bref, j'ai une bonne nouvelle, et une moins bonne. Je commence par la bonne : le prix du pétrole va baisser. La mauvaise : le prix du pétrole va ensuite repartir à la hausse. Bref, ça va jouer les montagnes russes, avec un impact certain sur notre portefeuille. Ca me rappelle un peu les vagues sur la plage à marée montant. un coup on est au sec, ensuite on est mouillé, puis l'eau se retire. On a du mal à dire si la marée monte ou pas. Mais sur le moyen terme, le message est clair : rester immobile est de plus en plus dissuasif ! :-)

Le prix pétrole va donc baisser un de ces jours, mais sur le long terme, une chose est claire : il va bien falloir apprendre à vivre avec un pétrole à plus de 200$ le baril.

La question que je me pose est la suivante : saura-t-on apprendre les leçons de ces hausses successives du prix de l'essence ? Ou va-t-on jouer la politique de l'autruche lors de la prochaine baisse des prix en se disant "ouf, on a eu chaud, heureusement que les prix baissent" sans vouloir voir que l'ère du pétrole bon marché est derrière nous...

dimanche 25 mai 2008

Chronique d'un désastre annoncé

Hausse du pétrole : tout va changer

Hausse du pétrole : tout va changer

Il y a quelque chose de fascinant à voir cette deuxième crise pétrolière se dérouler. Il y a plusieurs années, je publiais Pétro-cauchemar sur le Standblog. Je ne suis pas un spécialiste de l'énergie, rien d'autre qu'un citoyen ordinaire qui essaye de voir un peu plus loin que le bout de son nez. Et pourtant, ce qui se passe maintenant, je l'ai anticipé il y bien longtemps. C'est incroyable de lire ici et là des gros titres dans les journaux que j'avais anticipé dans mes cauchemars, sont devenus réalité. En core aujourd'hui, le JDD titre Hausse du pétrole : tout va changer. Le temps me manque pour chroniquer ce bouleversement en route...

Bien sûr, le pire n'est jamais certain, et je souhaite que l'inévitable mutation que va vivre l'humanité, liée à la raréfaction du pétrole, se passe le mieux possible.

Il y a deux choses qui me font enrager à ce sujet. La première, c'est l'absence totale de courage politique des dirigeant occidentaux, quels que soit leur bord. A cet égard, la décision d'abaisser artificiellement le prix de pétrole pour les marins-pêcheurs est édifiante. A leur décharge, il faut bien dire qu'ils sont coincés entre l'opinion publique d'une part et la pression des grandes entreprises de l'autre. Les mots de Churchill, qui qualifiait la démocratie de "pire des systèmes à l'exception de tous les autres" n'a jamais été autant d'actualité.

La deuxième chose qui me faire enrager, c'est que tout le système économique, accro à la croissance et au pétrole bon marché comme un camé à sa seringue, fait que chacun de nous se trouve écartelé entre

  1. son propre intérêt à long terme en tant que citoyen de la planète Terre, et
  2. son confort à court terme en tant qu'acteur de la vie économique.

Chacun de nous, dans un système tel qu'il existe, doit toujours faire plus de chiffre (de vente), faire consommer plus à ses concitoyens. C'est un fait accepté dans les entreprises : il faut toujours plus de croissance, d'efforts, de clients, de production... Cette fuite en avant économique mène la planète droit dans le mur... Qui aura le courage de réformer le système ? Est-ce seulement possible, sachant que le système n'est pas piloté, et que la plus haute autorité, l'OMC a pour principale mission de renforcer le système plutôt que de le remettre en cause ?

Du coup, on voit mal comment notre société, française, occidentale et même mondiale, pourrait éviter une catastrophe, compte tenu de cet indispensable changement à l'échelle du globe, changement pourtant prévisible qui n'a pas assez été préparé, ni par les entreprises, ni par les gouvernements trop concernés par leurs échéances respectives à court terme.

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