vendredi 19 mai 2017

En vrac avant les vacances

Je m’apprête à partir quelques jours à moto (j’ignore où, je vais choisir un endroit sec, beau et avec des virages). D’ici là, voici un peu de lecture. Je compte sur vous pour ne pas casser l’Internet d’ici à mon retour !

Votre serviteur à moto dans le Vercors

jeudi 11 mai 2017

En vrac, vers le ministère (ou pas)

En vedette

Tout à commencé par un tweet de Robin Berjon :

Les cop•a•in•e•s du Web: le gouvernement sera annoncé dans une semaine. Si vous aviez le choix de votre ministre de tutelle, qui serait-ce?

Florian Rivoal a eu cette drôle d’idée de répondre :

@nitot serait pas mal, je trouve.

Julien Wajsberg a dégoupillé la grenade :

URGENT: @nitot près à prendre l’économie numérique sous le PM approprié !

J’allais répondre que non, je n’étais pas intéressé. Et alors que je rédigeais le tweet, je me suis demandé : “et si ça arrivait, qu’est-ce que ça changerait pour mon pays ?”. Alors j’ai touitté ça :

Si je devenais ministre du numérique, quelle priorités choisir ? #libre #standards #crypto #privacy #innovation #empowerment #education

Un ouragan d’idées a déferlé sur Twitter en réponse. L’ami Daniel Glazman a eu la bonne idée de faire une compilation des ces idées : Et si je devenais ministre du numérique ?.

C’est Karl Dubost, qui a pris le temps de mettre ses idées par écrit, dans un format plus long : Tristan, Ministre de l’économie numérique.

Donc non, je ne serais pas ministre du numérique (sauf si on me force), pourtant ça pourrait changer pas mal de choses. En tout cas, c’était sympa de voir toutes ces suggestions émerger sur Twitter. Un immense merci à ceux qui ont participé à la conversation !

En vrac

Note

[1] Justement, les Conférences France Culture viennent de référencer ce débat sur les données personnelles, les algorithmes et la surveillance.

mardi 25 avril 2017

En vrac du mardi

En vedette

Google ne résistera pas à l’envie d’écouter vos conversations, explique DHH à propos de Google Home, “l’enceinte à commande vocale qui fonctionne avec l’Assistant Google” :

Online advertising and privacy has always been at war. Listening in on your conversations because you placed an always-on microphone in your home is just the next obvious hill to capture. Google has already normalized reading your emails for context-aware advertisement. Listening to your dinner conversations is just a natural jump.

En français :

La publicité en ligne et la vie privée ont toujours été en guerre l’une contre l’autre. Écouter vos conversations parce que vous avez placé dans votre salon un micro toujours allumé est la prochaine étape à conquérir. Google a rendu normal le fait de lire vos emails pour générer de la publicité ciblée. Écouter vos conversations à table est naturellement la prochaine étape.

En vrac

Il y a déjà 15 jours, Cozy V3 sortait (enfin !) en version Alpha. Enfin, je dis “enfin”, mais nous étions quasiment à l’heure, mais c’est juste que le temps de cette réécriture nous a paru bien long. Une version Beta, qui sera testable à grande échelle, sortira avant l’été, avec une version finale à la rentrée de septembre. Sortie de Cozy V3 Alpha ! aka la lumière au bout du tunnel

mercredi 5 avril 2017

En vrac du mercredi

En vedette : loi Renseignement, le retour

Max Schrems, l’étudiant autrichien en droit devenu avocat qui se bat contre Facebook est interviewé par Rue89 et il explique pourquoi on doit protéger sa vie privée.

Je pense qu’il existe deux niveaux de vie privée. Le premier, c’est le sentiment d’intimité. On est bien plus libéré, bien plus naturel, quand personne ne nous regarde. C’est une sensation globale de “liberté de vie”, que l’on veut protéger.

Et ensuite, il y a une autre problématique, plus réelle celle-ci, qui est celle de l’abus d’utilisation de nos données. Pas seulement la sensation que quelqu’un nous regarde, mais le fait que quelqu’un nous regarde et utilise ce qu’il voit pour faire quelque chose de mal.

Ce qui est amusant, c’est que dans un autre onglet de mon Firefox (excellent navigateur, vous devriez essayer !), on trouve l’info suivante, extraite du rapport relatif à l’activité de la délégation parlementaire au renseignement pour l’année 2016 (haut de la page 78) [1] :

L’algorithme est un système qui permet de déceler des comportements dangereux. Il n’a trait qu’à des données de connexion et il ne permet pas bien entendu – comme on a pu l’affirmer parfois au moment où le Parlement débattait sur la loi relative au renseignement – d’écouter directement l’ensemble des citoyens. Il permet seulement d’identifier des comportements particuliers. De la sorte, il respecte les principes fondamentaux qui régissent les libertés publiques, et, tout particulièrement, l’esprit de la loi du 6janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés – loi que la CNCTR est également chargée d’appliquer (article 41).

Je vous la refait en court, sans les incises ni le « bien entendu » de circonstance :

L’algorithme ne permet pas d’écouter directement l’ensemble des citoyens.

C’est factuellement vrai, mais c’est avant tout mensonger, ca là n’est pas la question. « L’algorithme » (on mettra des guillemets) fait que tout le monde est susceptible d’être mis sous écoute via ses méta-données. Donc tout le monde est potentiellement surveillé. Donc tout le monde perd cette « Liberté de vie » que décrit Max Schrems. Donc non, il NE respecte PAS les principes fondamentaux qui régissent les libertés publiques. Et c’est bien toute la raison qui fait que j’ai perdu beaucoup trop d’énergie dans la bataille (perdue, donc) contre la loi Renseignement et rend d’autant plus risible la fameuse photo de Bernard Cazeneuve avec mon livre Surveillance:// en main[2].

À propos de Surveillance://

En Vrac

Par exemple, pour une participation globale de 79 % avec 44 % d’intention de vote pour Marine Le Pen, elle obtient une majorité de 50,25 % si la participation pour elle s’élève à 90 % contre 70 % pour son challenger. Ainsi, un différentiel d’abstention de 20 points permet de gagner 6,25 points, et transforme 44 % d’intention de vote en 50,25 % de votes exprimés faisant élire Marine Le Pen.

Notes

[1] Trouvé via @OlivierTesquet, auteur du blog Boites Noires, un blog à suivre.

[2] Rappelons que Bernard Cazeneuve était à l’époque ministre de l’Intérieur avant de devenir premier ministre.

lundi 20 mars 2017

En vrac du lundi

En vedette

Tim Berners-Lee, inventeur du Web, à l’occasion du 28e anniversaire du jour où il a soumis le rapport qui devait donner naissance au Web, fait part de ce qui l’empêche de dormir la nuit. La première de ses préoccupations correspond bigrement à ce qui m’occupe chez Cozy Cloud :

1) Nous avons perdu le contrôle de nos données personnelles

Le modèle d’affaires actuel de beaucoup de sites est offrir des contenus gratuits en échange de nos données personnelles. Nous sommes nombreux à l’accepter – ne serait-ce que par l’approbation d’un long et obscur contrat de conditions d’utilisation. Fondamentalement, nous ne voyons pas d’inconvénients à la collecte de certaines informations personnelles en échange de services gratuits. Cependant, quelque chose nous échappe. Quand nos données sont conservées dans des silos propriétaires, hors de notre vue, nous perdons les bénéfices que nous pourrions en tirer si nous en avions le contrôle direct et si nous pouvions choisir quand et avec qui les partager. Qui plus est, nous n’avons souvent aucun moyen de signaler aux entreprises quelles données nous préférerions NE PAS partager, particulièrement avec des tiers. Les conditions générales sont du tout ou rien.

Cette collecte très systématique de données par les entreprises a aussi d’autres implications. En collaborant avec les entreprises du Web – ou en leur forçant la main – les gouvernements surveillent toujours plus nos moindres mouvements en ligne, et votent des lois radicales qui piétinent nos droits à la vie privée. Dans les régimes répressifs, il est facile de constater les torts ainsi causés : des blogueurs peuvent être arrêtés ou assassinés, les opposants politiques peuvent être espionnés. Même dans les pays où nous croyons que le gouvernement a l’intérêt des citoyens à cœur, la surveillance de tous, tout le temps, va tout simplement trop loin. Les conséquences sur la liberté d’expression sont effrayantes et le Web cesse d’être utilisé comme espace d’expression sur nombre de sujets sensibles comme la santé, la sexualité ou la religion.

La réponse — forcément au vitriol — d’Aral Balkan est intitulée Nous n’avons pas perdu le contrôle, il nous a été volé, traduit en français par l’indispensable Framablog.

Bien sûr, et on pourra le regretter, Tim Berners-Lee est un peu coincé et n’ose pas citer comme coupables les vrais responsables de la perte de contrôle de nos données personnelles, à savoir Google, Facebook et les innombrable start-ups pour qui les données sont le pétrole du XXIe S. En effet, ce sont ces sociétés qui contribuent et financent en bonne partie le W3C, l’organisme de standardisation du Web, créé par Tim Berners-Lee. Paradoxalement, ce dernier appelle les géants du numérique au secours pour nous défendre contre les fakes news. À coté de cela, il met un lien vers le projet Solid du MIT, un genre de Cloud personnel (Comme Cozy Cloud !) avec une architecture un peu différente, qui permet, comme Cozy, aux utilisateurs de reprendre le contrôle des données personnelles par chacun… J’en parle dans un récent billet du blog Cozy.

En vrac

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