lundi 20 mars 2017

En vrac du lundi

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Tim Berners-Lee, inventeur du Web, à l’occasion du 28e anniversaire du jour où il a soumis le rapport qui devait donner naissance au Web, fait part de ce qui l’empêche de dormir la nuit. La première de ses préoccupations correspond bigrement à ce qui m’occupe chez Cozy Cloud :

1) Nous avons perdu le contrôle de nos données personnelles

Le modèle d’affaires actuel de beaucoup de sites est offrir des contenus gratuits en échange de nos données personnelles. Nous sommes nombreux à l’accepter – ne serait-ce que par l’approbation d’un long et obscur contrat de conditions d’utilisation. Fondamentalement, nous ne voyons pas d’inconvénients à la collecte de certaines informations personnelles en échange de services gratuits. Cependant, quelque chose nous échappe. Quand nos données sont conservées dans des silos propriétaires, hors de notre vue, nous perdons les bénéfices que nous pourrions en tirer si nous en avions le contrôle direct et si nous pouvions choisir quand et avec qui les partager. Qui plus est, nous n’avons souvent aucun moyen de signaler aux entreprises quelles données nous préférerions NE PAS partager, particulièrement avec des tiers. Les conditions générales sont du tout ou rien.

Cette collecte très systématique de données par les entreprises a aussi d’autres implications. En collaborant avec les entreprises du Web – ou en leur forçant la main – les gouvernements surveillent toujours plus nos moindres mouvements en ligne, et votent des lois radicales qui piétinent nos droits à la vie privée. Dans les régimes répressifs, il est facile de constater les torts ainsi causés : des blogueurs peuvent être arrêtés ou assassinés, les opposants politiques peuvent être espionnés. Même dans les pays où nous croyons que le gouvernement a l’intérêt des citoyens à cœur, la surveillance de tous, tout le temps, va tout simplement trop loin. Les conséquences sur la liberté d’expression sont effrayantes et le Web cesse d’être utilisé comme espace d’expression sur nombre de sujets sensibles comme la santé, la sexualité ou la religion.

La réponse — forcément au vitriol — d’Aral Balkan est intitulée Nous n’avons pas perdu le contrôle, il nous a été volé, traduit en français par l’indispensable Framablog.

Bien sûr, et on pourra le regretter, Tim Berners-Lee est un peu coincé et n’ose pas citer comme coupables les vrais responsables de la perte de contrôle de nos données personnelles, à savoir Google, Facebook et les innombrable start-ups pour qui les données sont le pétrole du XXIe S. En effet, ce sont ces sociétés qui contribuent et financent en bonne partie le W3C, l’organisme de standardisation du Web, créé par Tim Berners-Lee. Paradoxalement, ce dernier appelle les géants du numérique au secours pour nous défendre contre les fakes news. À coté de cela, il met un lien vers le projet Solid du MIT, un genre de Cloud personnel (Comme Cozy Cloud !) avec une architecture un peu différente, qui permet, comme Cozy, aux utilisateurs de reprendre le contrôle des données personnelles par chacun… J’en parle dans un récent billet du blog Cozy.

En vrac

mardi 28 février 2017

En vrac du mercredi (ou du mardi, c'est pareil ;-)

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Si tu souhaites, cher lecteur, gagner un exemplaire de mon livre Surveillance://, il suffit de participer au sondage Linux Pratique (et d’avoir un peu de chance), puisque 5 exemplaires seront distribués gratuitement aux tirés au sort à la suite de ce sondage, le 20 avril. Ce sondage-concours est organisé à l’occasion du numéro 100 de Linux Pratique, à qui je souhaite longue vie !

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jeudi 23 février 2017

Se croiser en vrai

Je vais faire quelques apparition publiques en mars, de Lyon à Bruxelles en passant par Paris. Les voici, et si vous souhaitez une dédicace de mon livre Surveillance://, pensez à venir me voir avec votre exemplaire, ne vous laissez pas impressionner, ça sera avec plaisir !

  • Lyon — 3 mars 2017 à 17:00 dans le cadre du salon Primevère (salle Orange) - conférence « Les libertés au défis du numérique » (il y aura bien sûr un stand Cozy) ;
  • Paris — 14 mars 2017 chez Mozilla Paris (merci les copains !) - Meetup Cozy Cloud avec la participation de l’excellent Benjamin Bayart !
  • Paris — 21 mars à 20:00 à l’IEJ (Paris) - « Face au numérique, sommes-nous tous Moutons ? » avec Philippe Vion-Dury, auteur de la nouvelle servitude volontaire
  • Paris - 25 mars 2017 - Salon du livre, stand Normandie / C & F Éditions.
    • 16:00 débat avec Olivier Ertzscheid (Affordance.info) : « Le rôle des plateformes internet dans la surveillance » (et comment y échapper ;-)
    • 17:00 séance de dédicaces sur le stand C & F Éditions
  • Bruxelles — probablement le 30/03/2017 (à confirmer) — RightsCon, « The Internet does not have to be centralized. Let’s explore how and why it should be decentralized » où je vais présenter l’approche Personal Cloud de Cozy

dimanche 12 février 2017

En vrac du dimanche

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Democracy_vs_Despotism.jpg

Hervé Le Crosnier, mon éditeur, me fait passer ce lien, Le despotisme, expliqué en 1946 par l’Encyclopedia Britannica. Cette vidéo explique en substance que le despotisme (on dirait plutôt dictature, aujourd’hui) peut être caractérisé par deux choses :

  1. un respect limité à quelques groupes de personnes et
  2. un pouvoir concentré dans les mains de quelques personnes.

Par ailleurs, la vidéo note qu’il y a deux conditions ont souvent permis l’arrivée du despotisme dans l’histoire :

  1. la distribution inégale des richesses et
  2. le contrôle de l’information.

Ces 4 points sont particulièrement saillants en ce moment :-( . Un critique de ce petit film relève très justement qu’en ce début de XXIe S., ce n’est pas tant l’information qui est contrôlée que dévaluée. Surabondante, contradictoire, bourrée de fake news et d‘alternative facts, fait qu’elle perd en qualité et en crédibilité alors qu’elle gagne en quantité. C’est Garry Kasparov (le champion d’échecs devenu défenseur des droits de l’homme) qui le dit très bien :

L’objectif de la propagande moderne n’est pas juste de vous désinformer ou de promouvoir des idées. C’est d’épuiser votre pensée critique, pour détruire la vérité.

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mercredi 8 février 2017

En vrac du mercredi

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How to #StayOutraged Without Losing Your Mind, quelques conseils pour résister au mandat de Trump. Tout à fait valable ailleurs (la neutralité du Net, la vie privée, les conditions des minorités…) et résister à l’insupportable sans y laisser sa santé mentale :

  • déconnectez-vous régulièrement. Faites des pauses entre les mauvaises nouvelles. Ne vous sentez pas coupable de ne pas tout savoir sur le mandat de Trump (ou ce qui vous rend dingue). On a le droit de déconnecter de temps en temps !
  • Concentrez votre énergie sur un ou deux sujets. La défense du féminisme, de l’immigration, etc. On ne peut pas lutter contre toutes les injustices à la fois en étant tout seul !
  • Amusez-vous quand vous faites de l’activisme. Allez manifester avec des copines, allez boire un coup après une opération activiste, etc.
  • Prenez soin de vous ! Prenez soin de votre santé, allez chez le docteur et le dentiste, chez un psy ou un coach, dormez suffisamment, prenez du temps pour vous, sortez et profiter de la nature, voyez vos amis, mangez sainement.

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