dimanche 7 août 2011

Sierra Nevada 3eme jour - de Lake Tahoe à la Silicon Valley

  1. Introduction à ce voyage
  2. 1er jour - En direction de Mono Lake
  3. 2eme jour - Que de la montagne !
  4. 3 eme jour - deux crochets par le Nevada avant le retour

Californie, Septembre 2010, carte du 3eme jour

Californie, Septembre 2010, carte du 3eme jour

Lever à l'aube dans notre motel de South Lake Tahoe. La nuit n'a pas été très bonne, avec des poivrots sous ma fenêtre qui ont beuglé jusqu'à des heures impossibles, et un lever avant celui du soleil pour cause de décalage horaire. Je m'habille chaudement et je décide d'aller visiter le coin à pieds. Manque de bol, nous sommes du coté Sud-Est du lac, lequel est entouré de montagnes, qui nous font de l'ombre. Du coup, je ne vais pas voir le soleil se lever, contrairement à Mono Lake.

Je vais me rapprocher du lac, bordé de très jolies maisons. Ici, contrairement à l'océan, presque tout est privé. La plage n'échappe pas à l'exception : elle est réservée aux propriétaires des maisons environnantes. Je n'y aurais donc pas accès.

Le soleil se lève doucement et éclaire les montagnes de la rive opposée :

Lake Tahoe

Lake Tahoe

Les bikers sont venus nombreux ce week-end à Lake Tahoe, et je vois plein de motos sur les trottoirs.

Harleys à Lake Tahoe

Harleys à Lake Tahoe

Harley à Lake Tahoe

Harley à Lake Tahoe

Certaines maisons sont moins jolies que d'autres, mais celle-ci a tout du cliché, avec son barbecue et ses drapeaux, (il faut dire que nous sommes le week-end du 11 septembre, de sinistre mémoire).

Maison à Lake Tahoe

Maison à Lake Tahoe

Je retrouve Fred un peu plus tard au Starbucks (le pauvre sembler avoir une dépendance forte à la caféine !) et nous décidons d'aller prendre le petit dej' ailleurs. Il me propose Carson City, capitale du Nevada, toute proche. On repart pour un peu d'autoroute de montagne, car la ville est dans la vallée (1460m d'altitude tout de même). La descente vers Carson City est interminable, bourrée de virages, à faire rougir la portion d'autoroute A75 qui passe du coté d'Issoire, pour ceux qui connaissent. Je m'arrête pour faire une pause et contemple la plaine que nous allons rejoindre.

Heading to Carson City

En direction de Carson City

Carson City est une toute petite ville, à peine plus de 50 000 habitants, mais c'est la capitale du Nevada. On y trouve donc les batiments administratifs classiques. En face du restau où nous prenons notre petit déj' se trouve un vieil hotel, le Firkin & Fox :

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Firkin & Fox

En terrasse du restau, alors que nous nous apprêtons à reprendre la route, on discute avec un cow-boy (un vrai du cru). Sympa, ouvert, sur son 31 (bottes cirées, chapeau immaculé et tout).

On se décide ensuite à aller à la concession Harley de Carson City, mais elle est fermée.

Tristan devant le magasin Harley de Carson City, Nevada

Votre serviteur, photo prise par Fred Cirera

On fait quelques photos vite fait, puis nous sommes rejoints par Mike, mineur à la retraite et biker presque caricatural. Le bonhomme est aussi impressionnant que sympathique. Sur sa vielle Road King kittée à 1800cc, il est venu depuis Los Angeles avec sa femme.

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Portrait de Mike et moi par Fred Cirera

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Le casque de Mike et se sétranges autocollants

Les routes sont toujours aussi fantastiques. Fred en profite pour me prendre en photo en situation :

La grosse attaque ! ;-)

La grosse attaque ! ;-)

Nous revenons sur Lake Tahoe pour faire le tour du lac par le Nord

Rive Est de Lake Tahoe

Rive Est de Lake Tahoe

Rive Est de Lake Tahoe

Rive Est de Lake Tahoe

L'eau est merveilleusement transparente et la température est très nettement remontée :

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Lake Tahoe

Lake Tahoe

Lake Tahoe

Du coup, les gens font du canöe :

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Canöes sur le Lake Tahoe

On se décide à aller faire un tour dans les hauteurs pour avoir un panorama :

Lake Tahoe

Lake Tahoe

Après, on repart, on se gourre de route, et on se retrouve... à Reno, encore une ville bardée de casinos, genre de Las Vegas passée de mode.

Reno

Reno

On y déjeune en terrasse, et c'est reparti !

Arrêt à la pompe à essence sur la Route 80. C'est paumé en pleine montagne. La station service fait aussi café. A coté, un magasin d'articles de pêche, des toilettes de chantier... et c'est tout !

Gas station on 80

Gas station on 80

J'en profite pour faire un auto-portrait dans le casque, briqué pour l'occasion :

Reflets dans le casque

Reflets dans le casque

On reviens sur Lake Tahoe pour finir notre tour du lac, cette fois-ci par le nord et l'ouest. Les paysages sont magnifiques :

Lake Tahoe

Lake Tahoe

Rive Ouest de Lake Tahoe

Rive Ouest de Lake Tahoe

La rive Ouest de Lake Tahoe

La rive Ouest de Lake Tahoe

Enfin, on arrive dans le coin Sud-Ouest de Lake Tahoe, où se trouve Emerald Bay, une baie où se situe une toute petit ile :

Emerald Bay

Emerald Bay

Emerald Bay et son ile, sur Lake Tahoe

Emerald Bay et son ile, sur Lake Tahoe

Il se fait tard, et il faut donc penser à rentrer à Redwood City, chez Fred, dans la Silicon Valley. Aucun de nous deux n'est très motivé, mais il reste beaucoup de route à faire et l'après-midi est déjà très entamée.

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IMG_0323

On prendra la route 50 jusqu'à Sacramento (capitale de la Californie) puis la 80 en direction de Berkeley et Oakland. On a le soleil dans la figure et on roule sans débander face à un superbe coucher de soleil à travers Central Valley.

Le coucher de soleil en roulant vers San Francisco

Le coucher de soleil en roulant vers San Francisco

Coucher de soleil dans le rétro

Coucher de soleil dans le rétro

La nuit est maintenant tombé, et pourtant nous sommes encore loin de la maison. Fred appelle Alix, sa femme, pour lui annoncer qu'on ne sera pas là pour diner. On se rabat sur un restau mexicain à coté de l'autoroute.

Murillos, restau mexicain

Murillos, restau mexicain

Et puis c'est reparti dans la nuit. On sent la fraicheur s'installer et l'océan se rapprocher. La traversée de Bay Bridge, l'arrivée sur San Francisco de nuit est magique. On prend la 101 vers le sud, puis on bifurque vers la 280. Je suis claqué, il est 10h du soir passé, et nous sommes sur les motos depuis 8h du matin ! Fred roule vite, il prend souvent cette autoroute et la circulation est dense. Enfin, nous arrivons, claqués mais heureux, en limite d'overdose de bécane, des images plein la tête et des tas de trucs à raconter. Comme témoin de notre virée, mon compteur partiel affiche 980 miles en 3 jours :

Le compteur après 3 jours de bonheur : 980,9 Miles

Le compteur après 3 jours de bonheur : 980,9 Miles

L'ensemble du parcours :

San Francisco - Mono Lake - Reno

San Francisco - Mono Lake - Reno

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jeudi 4 août 2011

Sierra Nevada 2eme jour - de Mono Lake à Lake Tahoe via Sonora Pass

  1. Introduction à ce voyage
  2. 1er jour - En direction de Mono Lake
  3. 2eme jour - Que de la montagne !
  4. 3 eme jour - deux crochets par le Nevada avant le retour

Itinéraire 2eme jour

Itinéraire du deuxième jour

La destination du jour, c'est Lake Tahoe, un lac situé comme Mono Lake - dont nous partons - sur le coté Est de la Sierra Nevada, juste 111 miles (178 km) plus au Nord. Nous pourrions prendre la route 395 qui s'y rend directement, mais ça serait trop facile. Fred nous a concocté un itinéraire qui nous fait traverser deux fois ladite Sierra Nevada au lieu de se contenter de la longer ! (Ce garçon a du goût très sur en ce qui concerne les routes, c'est un plaisir de l'avoir comme guide).

Fred dort encore, il est 5 heures du mat', et le décalage horaire continue de faire des siennes. Je m'habille pour aller faire un tour. Il fait un froid polaire et le soleil n'est pas encore levé, mais ça ne devrait pas tarder. Je vais voir le lac et le soleil pointe ses premiers rayons :

Lever de soleil sur Mono Lake depuis Lee Vining

Lever de soleil sur Mono Lake depuis Lee Vining

Peu après, je rejoins Fred pour prendre le petit dej' dans un restau du coin. Avant de partir pour Lake Tahoe, nous allons faire un tour plus près du lac, à moto. On se retrouve sur une piste sablonneuse, et c'est rien de dire que les 380kg de l'Electra sont impossibles à gérer dans de telles conditions. Je m'arrête donc pour une photo, alors que Fred fait demi-tour pour me retrouver.

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La piste qui longe le lac

Devant Mono Lake (j'ai failli me vautrer dans la terre du chemin !

Devant Mono Lake (j'ai failli me vautrer dans la terre du chemin !)

L'Electra Glide devant Mono Lake

L'Electra Glide devant Mono Lake

Mono Lake dans le rétro

Mono Lake dans le rétro

L'Electra-Glide devant les concrétions de Mono Lake

L'Electra-Glide devant les concrétions de Mono Lake

Ensuite, c'est direction le nord, avant de bifurquer vers l'Ouest un peu après Bridgeport. Nous passons devant la base d'entrainement en montagne des Marines, où je suis survolé par un hélicoptère à très basse altitude. Je me croyais dans l'Ouest américain, en l'espace d'un bref instant, c'est le Vietnam ! ;-)

Hélico en exercice sur la base des Marines du coin

Hélico en exercice sur la base des Marines du coin

Un peu plus loin, les choses sérieuses commencent, puisqu'on va traverser à nouveau la Sierra Nevada, cette fois-ci d'Est en Ouest, via la Sonora Pass (col de Sonora), qui est superbement viroleuse. Je m'arrête pour prendre en photo la moto à coté de mon panneau préféré, qui indique des virages pour les 38 prochains km !

Curves next 24 miles

Curves next 24 miles

A ce moment là passe ma voiture préférée, une Chevrolet Corvette cabriolet des années 70, dont je rêvais en étant gamin :

Corvette

Corvette

La route qui suit est tout simplement irréelle. Pas un gravillon, un revêtement parfait, un ciel bleu immaculé, personne sur la route et l'air parfaitement pur. Les virages s'enchaînent comme dans un rêve :

IMG_0213

IMG_0213

Nous voici à Sonora Pass (9624 pieds, soit 2933m d'altitude) :

Sonora Pass

Sonora Pass

Sonora Pass

Sonora Pass

Puis ça redescend de l'autre coté

En descendant de Sonora Pass

En descendant de Sonora Pass

J'ai attaché la dragonne de mon appareil photo à une sangle autour de mon cou pour pouvoir prendre des photos sans perdre de temps pour ne pas ralentir Fred. Notez la neige sur la montagne en face, dans les zones peu exposées au soleil !

On déjeune à Sonora, à l'Ouest de la Sierra Nevada, sur la route 49, celle des chercheurs d'or et des villes fantômes, qu'on va emprunter vers le Nord jusqu'à Jackson avant de reprendre vers l'Ouest et South Lake Tahoe, notre destination de ce soir (Alix, la femme de Fred, nous y a réservé un motel). Et c'est donc reparti pour traverser une troisième fois la Sierra Nevada !

On fait une pause près du Silver Lake, qui paraît bien irréel, tellement il fait cliché de carte postale :

Silver Lake

Silver Lake

Nous arrivons le soir à South Lake Tahoe, où se trouve notre motel. La ville est en Californie mais touche la frontière avec le Nevada, où les casinos sont autorisés et le divorce et le mariage sont de simples formalités. Après une Californie sauvage, nous irons dîner à State Line, la partie au Nevada de la ville, où flotte dans les casinos comme un goût de débauche que nous n'aurons pas l'occasion de goûter...

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mercredi 3 août 2011

Sierra Nevada 1er jour - Vers Mono Lake

  1. Introduction à ce voyage
  2. 1er jour - En direction de Mono Lake
  3. 2eme jour - Que de la montagne !
  4. 3 eme jour - deux crochets par le Nevada avant le retour

Je suis debout depuis l'aube, décalage horaire oblige... Le tarif habituel, 5h du matin. Fred prend son petit déjeuner tôt aussi, mais nous avons décidé de partir après 9h, histoire d'éviter les bouchons des bureaux le matin. Le ciel est bleu, il fait frais, je charge l'Electra-Glide, qui dispose d'un Tour-Pak[1] tellement vaste que je peux mettre mon sac d'affaires dedans sans sourciller ! Le maniaque que je suis met dans la sacoche droite de l'essuie-tout et du lave-glace, ainsi qu'une carte de la Californie et une bouteille d'eau. Pour l'instant, la sacoche gauche est vide. Grosses chaussures, treillis épais, casque jet prêté par le loueur et mon blouson coqué : je suis paré pour l'aventure !

Fred est un garçon prudent, il porte un sur-pantalon de moto, une veste de moto, un casque intégral, et il a fière allure sur sa Suzuki 1000cc :

Sur le départ

Sur le départ, à Redwood City

Carte du 1er jour

Carte du premier jour

En approchant de Central Valley

En approchant de Central Valley

Comme on peut le voir sur la carte (le départ se fait du coté ouest en direction de l'est), il faut traverser une petite zone de collines suivie de Central Valley avant d'attaquer le plat de résistance, à savoir la Sierra Nevada. Notre objectif est de dormir à Lee Vining (250 habitants), de l'autre coté de la Sierra Nevada, au bord du lac salé Mono Lake.

Sur la route, à travers le pare-brise de l'Electra-Glide

Sur la route, à travers le pare-brise de l'Electra-Glide

Nous approchons de Jamestown, une ancienne ville de chercheurs d'or (nous sommes dans la région des villes fantômes), où nous nous arrêtons pour déjeuner dans un diner minable mais qui fait très couleur locale. Je me suis même demandé si les toilettes ne dataient pas de l'époque des chercheurs d'or ! En face du restau, l'Emporium :

Emporium, un vieil immeuble

Emporium, un vieil immeuble du temps de la ruée vers l'or à Jamestown

Nous repartons ensuite vers l'est, avec un crochet par la célébrissime Yosemite Valley. J'y prends une photo de la falaise "El Capitan" :

El Capitan

El Capitan, falaise de granit de 910m de hauteur

Nous repartons vers Mono Lake, et nous montons de plus en plus haut, jusqu'à Tioga Pass, un col à plus de 3000m, souvent fermé l'hiver.

Depuis la route, nous apercevons le Half Dome, autre sommet emblématique de Yosemite.

Half Dome

Plus loin, je m'arrête faire une photo d'Ellery Lake (2907m) :

Ellery Lake

La température a considérablement baissé, et les neiges éternelles qu'on trouve dans les zones d'ombre des sommets nous le confirment ! A force de s’arrêter pour voir les paysages, on a perdu du temps, et l'approche de Mono Lake se fera à la nuit tombante :

Un dîner bien mérité dans un grill local (ah, les baby pork ribs sauce barbecue !), c'est l'heure d'aller se coucher dans un motel de Lee Vining...

Notes

[1] C'est le nom chez Harley pour un top case.

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mercredi 16 septembre 2009

Balade en Californie en Electra Glide Classic

Samedi, Paul Rouget, Fred Cirera[1] et moi sommes allé faire un tour à moto au départ de Santa Clara, avec une Harley Davidson Electra Glide Classic (modèle 2009) de location.

Paul et Tristan à coté de chez Alice's Restaurant

Paul et Tristan à coté de chez Alice's Restaurant

C'est Fred, qui habite la région, qui nous a guidé à travers les montagnes de Californie. On a eu le droit à des virages de montagne avec vue sur la vallée, puis un tour sur la mythique Route 1, 7 ans et demi après ma première visite à moto...

Itineraire balade avec Fred en Californie

Itineraire balade avec Fred en Californie

Avant d'arriver au bord de l'océan, on a fait une pause déjeuner au restaurant Alice's, repaire de motards bien connu. Les hamburgers y ont des noms en relation avec la moto, comme Harley ou The Hog.

Fred in front of Alice's restaurant

Fred in front of Alice's restaurant

La Highway One, c'est la route tortueuse qui longe l'océan Pacifique, entre le nord de San Francisco et le sud de Los Angeles (elle fait plus de 1000km en tout !). Elle est aussi appelée Pacific Coast highway, et c'est l'une des plus jolies routes que je connaisse.

Going South on Route 1

Going South on Route 1

Après un pot à Santa Cruz, sur la fameuse jetée (ses otaries, ses mouettes, ses pélicans), c'est l'heure de rentrer. Le retour se fait par le parc de Big Basin, où la route – très étroite – évolue entre les séquoias, des arbres géants. Nous n'avons fait que 250 km dans la journée, mais la fatigue se fait sentir. Heureusement, un bon dîner de sushi avec Alix nous remet d'aplomb !

La moto

La Harley Davidson Electra Glide Classic '09 n'est pas importée en France. Elle fait partie de la gamme Touring, et partage donc avec les autres modèles de cette gamme les attributs des grandes rouleuses : sacoches, pare-brise et moteur 96 ci (soit 1584cc). Equipée du célèbre carénage Batwing ("ailes de chauve-souris", ça sonne mieux que "nez de cochon" !), elle se glisse entre l'Electra Glide Standard (mais avec le Tour Pak, des roues à rayons et la sono) et l'Electra Glide Ultra Classic (qui rajoute quant à elle les hauts-parleurs arrière et le carénage pour les jambes). A ce titre, elle est plus légère que le vaisseau amiral de la gamme, tout en restant très confortable (la radio/CD est un must !) aussi bien pour le pilote que le passager.

Harley Davidson Electra Glide Classic '09

Harley Davidson Electra Glide Classic '09

Il s'agissait du modèle 2009, donc avec le nouveau cadre (parait-il plus rigide, mais je ne l'ai pas senti par rapport à mon modèle 2008), un pneu arrière plus large (pas gênant) et un chemin différent pour l'échappement. Ce dernier a le mérite de moins chauffer les pieds du passager, mais il est moins esthétique du coté gauche que pour les années précédentes.

Le son de l'échappement est relativement discret (échappement homologué en Californie) mais toutefois un peu plus présent que la version française, équipée il est vrai d'une valve qui ne s'ouvre qu'à partir de 80 km/h.

Photos

Notes

[1] Fred est connu pour avoir créé Mygale.org en 1996, devenu ensuite Multimania (oui, je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ;-) ).

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mardi 19 août 2008

Essai de la Harley-Davidson Electra Glide Ultra Classic

J'ai récemment réalisé un essai sur plusieurs milliers de kilomètres d'une Harley Electra Glide. Voici quelques notes à ce sujet, histoire de meubler une catégorie Moto du Standblog quasiment vide (7 articles en 4 ans !)...

Mise à jour : j'ai publié une vidéo de la Harley-Davidson Eletra Glide Ultra Classic.

Harley-Davidson Electra Glide Ultra Classic

La bête

Un monstre !

L'Electra Glide Ultra Classic, chez Harley, c'est un peu le vaisseau amiral, la moto de tous les superlatifs (rien que son nom le laisse supposer):

  • plus de 400 kg en état de marche
  • Moteur Twin Cam 96 de 1584 cc de cylindrée
  • sacoches et top-case d'origine (chez Harley, on dit Tour Pak)
  • "moto-radio" 4 hauts-parleurs avec lecteur de CD Harman-Kardon
  • Boite 6 vitesses et régulateur de vitesse cruise control
  • Carénage intégral

Elle a pour concurrentes la Honda 1800 GoldWing et la BMW K1200 LT. Chez Harley, l'Electra Glide Ultra Classic est la chef de file de la gamme touring.

Harley Davidson Electra Glide Ultra Classic, vue de face. On peut aussi la voir de derrière.

Premier contact

La bête est impressionnante, c'est sûr ! Je l'enfourche, la selle est basse, mais pour la redresser, il faut de la poigne. Il suffit d'avoir un porte-clé spécial sur soi pour désactiver l'alarme. Je tourne le gros interrupteur sur Ignition pour mettre le contact, un coup de démarreur, et hop, le gros (l'énorme) twin' s'ébroue dans une relative discrétion. Il faut dire que la machine est équipée des pots homologués en France. J'enclenche la première (Klonk !) et c'est parti. Dès les premiers tours de roues, on oublie le poids du monstre, et c'est parti ! La position est sympa, pieds bien à plat sur les plates-formes, guidon qui tombe bien sous les mains, commodos'' avec des boutons partout (radio / CD / CB oblige), leviers de grande taille qui conviennent bien à mes paluches d'ours.

En ville

L'équilibre est excellent. Vu la largeur et le prix du bestiau, on hésite à faire l'andouille, et pourtant, ça serait envisageable, tellement on a l'impression d'être sur un vélo. Le bruit réduit évite limite la pollution sonore, et c'est bien. Seul gros point noir : la chaleur qui se dégage du moteur au niveau du cylindre arrière. C'est pénible pour le pilote, mais ça devient carrément intenable pour le passager, surtout quand la température ambiante est élevée. Je suis à peu près persuadé que c'est du à un réglage très pauvre de l'injection en vue de passer l'homologation. Il paraît qu'une nouvelle cartographie d'injection, offerte tant que la moto est sous garantie, permet de réduire ce problème, mais je suppute que c'est au prix d'une consommation augmentée et d'une non-conformité à la norme anti-pollution...

Emporter des bagages

C'est la grande force de l'Electra Glide : elle permet de partir avec armes et bagages. Les deux sacoches sont raisonnablement grandes (pas au point de pouvoir y mettre un casque homologué, toutefois) et j'ai eu le droit aux sacs sur-mesure adaptés aux sacoches. Très pratique ! Le Tour-Pak contient lui deux casques sans problème et ferme à clé. L'intérieur est recouvert de moquette. Il est très moche à mon avis, mais son coté pratique rachète presque le déficit esthétique ! On dispose en plus de vides poches à l'avant, devant les tibias. Ils sont toutefois mal fichus : ils contiennent peu et le système de fermeture est indigne de la machine. Roulant en solo, je sangle un sac polochon à la place du passager. J'aurais aussi pu accrocher un petit sac sur une grille située sur le Tour-Pak, au dépend de l'aérodynamique et de l'équilibre général.

Sur la route

La machine est chargée, j'ai inséré dans le lecteur un CD gravé pour l'occasion, et c'est parti ! La première mauvaise surprise arrive au premier rond point, alors que frotte la béquille. La surprise fait que ma trajectoire n'est pas très orthodoxe. Ca le fera par la suite à chaque rond point et chaque épingle à gauche. On finit par s'y faire, voire même à attendre que cela arrive ! A la fin du voyage, l'ergot de béquille est très usé et j'ai du le tordre un peu : ça devient de plus en plus difficile de faire frotter. En ligne droite, rien à redire, ça accélère de façon moelleuse, sur le couple, et on sent que le moteur, malgré sa puissance faible pour une telle cylindrée, est de bonne composition, très coupleux et volontaire. Je vous parlerais volontiers de "Force tranquille" pour évoquer ce moteur, mais c'est déjà pris ;-) .

Coté sono, c'est Byzance ! Tant qu'on roule en dessous de 110km/h, le son est bon. En fait, il est excellent jusqu'à 90km/h et acceptable jusqu'à 110. Au delà, c'est toujours distrayant, mais il vaut mieux écouter du heavy metal que du classique si on veut reconnaître la mélodie :-) . Il n'en reste pas moins que c'est la première fois que j'ai la musique sur une moto et franchement, c'est une révélation : conjuguée avec le confort de la selle, c'est l'arme ultime pour abattre des bornes par centaines, y compris pour le passager, qui dispose d'un véritable fauteuil et d'une paire d'enceintes.

Tableau de bord de l'Electra Glide Ultra Classic

Tableau de bord

La jauge à essence laisse même entendre qu'on va pouvoir dépasser les 300km sans s'arrêter, mais une fois la moitié de la jauge atteinte, elle descend très très vite, ce qui rend difficile l'estimation de l'autonomie effective. J'ai pour ma part testé le modele 2007, mais il apparaît que les modèles 2008 et postérieurs disposent d'un réservoir plus grand de presque 4L, ce qui augmente l'autonomie, surtout si on roule calmement en 6ème (seulement sur autoroute, car l'overdrive est inutilisable en dessous de 130km/h à moins de vouloir faire souffrir l'embiellage. Le problème semble résolu avec le modèle 2009, tout juste annoncé, avec un rapport de boite plus court.

Le confort, pour sa part, est excellent. La selle n'appelle aucune critique (sauf après la pluie, où les coutures rendent de l'eau) en terme de confort. Les jambes sont protégées, le buste aussi, le casque n'a que peu de turbulences pour mon mètre 85 (sauf si j'ai la visière ouverte). L'ergonomie des commandes n'appelle pas de commentaires particuliers pour moi, mais ça pourrait être différent pour qui a des mains plus petites (poignées de fort diamètre, gros leviers). Le levier double branche pour les vitesses est franc, sauf pour retrouver le point mort quand le moteur est très chaud (c'est alors rageant, surtout quand on a très envie de pouvoir passer au point mort alors que le moteur chauffe les cuisses).

En ce qui concerne les freins, c'est plutôt décevant sans être catastrophique. Il faut dire que je ne suis pas léger, et que la moto est très lourde. L'ergonomie est bonne, mais la puissance manque un peu.

En montagne

Même si l'Electra Glide est surtout faite pour les grands espaces américains, il se trouve que mon terrain de prédilection, c'est plutôt la départementale de montagne. J'y ai donc emmené cette Ultra Classic ! Bon, une chose est sûre, la béquille frotte encore plus !

La béquille en fin de parcours

La béquille en fin de parcours

Sinon, le couple du moteur permet de s'extraire des virages tranquillement, en souplesse, alors qu'il convient de rentrer dans ces mêmes virages avec prudence... Vu le poids de l'engin, la marge d'improvisation est forcément limitée quand on tombe sur une plaque de graviers !

En approchant de Serre-Ponçon

En approchant de Serre-Ponçon

L'Electra-Glide en statique

Une des qualités de cette moto, et c'est valable pour tous les modèles de forte cylindrée chez Harley, c'est le niveau de finition. On constate aisément qu'ils ne chipotent pas au niveau de la qualité des matériaux. Evidemment, ça se ressent sur le prix (plus de 26 000 EUR pour l'Electra-Glide Ultra Classic) et sur le poids (plus de 400kg). Mais une fois qu'on est passé outre ces deux (grosses) difficultés, on a une machine d'exception...

Inscription Ultra-Classic, sur le garde-boue

Ultra-Classic, sur le garde-boue

Conclusion

Avec cette machine très confortable, véritable auditorium à roulettes, on est bien loin de l'image du rebelle en Harley. On est ici dans le domaine de la berline à deux roues, du véhicule de luxe. Mais cette machine se révèle particulièrement efficace pour rouler loin, avec discrétion (au moins d'un point de vue sonore), avec un caractère qui ne pousse pas au crime, ce qui permet donc rouler sans perdre ses points... On pourrait s'attendre à un bruit plus agressif, plus conformem à l'idée qu'on s'en fait en entendant d'autres Harley. On y gagnerait très probablement en puissance (pas forcément nécessaire) ce qu'on perdrait en confort sonore : le faible bruit des pots contribue à l'absence de fatigue. J'ai par exemple pu faire plus de 900km en deux jours essentiellement par des petites routes, avec armes et bagages, sans avoir les oreilles en capilotade, la tête comme un canon ni le postérieur endolori, et je crois que peu de de motos de caractère peuvent s'enorgueillir de cette performance.

Auto-portrait dans le rétroviseur de l'Electra Glide Ultra Classic

En remontant par les Alpes

J'ai aimé

  • La qualité perçue : tout respire le haut de gamme, la solidité... C'est cher, mais on sait pourquoi ! On notera que Moto Mag a fait un test longue durée d'une Electra Glide, et que le moteur est comme neuf après 50 000 km) ;
  • L'alarme à transpondeur (surtout quand elle fonctionne) ;
  • Le bruit raisonnable ;
  • La boite 6 avec overdrive pour baisser la consommation sur autoroute ;
  • La capacité d'emport : quel bonheur de pouvoir ranger les deux casques dans le Tour Pak pour aller faire une promenade en ville les mains libres !

Je n'ai pas aimé

  • L'autonomie réduite, mais le modèle 2008 offre un réservoir plus grand, contenant 3,8l d'essence supplémentaire, ce qui augmente sensiblement l'autonomie.
  • La jauge à essence, très peu progressive, et donc stressante.
  • Le freinage un peu limite, mais le modèle 2008 dispose de freins Brembo plus puissants et même de l'ABS?.
  • Le 6eme rapport trop long, mais cela a été corrigé avec le modèle 2009.
  • La chaleur qui se dégage du cylindre arrière. Une nouvelle cartographie d'injection corrigerait ce problème. Une amélioration est possible, mais qu'en est il de la consommation ? Et la température baisse-t-elle vraiment ?
  • L'alarme à transpondeur qui m'a joué un tour de cochon sur un parking de péage d'autoroute.
  • Le Tour Pak, qui casse la ligne générale de la moto. Peut-être est-il possible d'en mettre un qui soit facilement déposable ?
  • Le caractère moteur, qui est probablement bridé par les limites imposées à l'admission et à l'échappement par la législation française.

P.S : si d'aventure vous avez envie d'en louer une, c'est possible chez Paris V-Twin passion et demandez Gilles de ma part. Ils sont sympas et arrangeants !

Mise à jour : Contrairement à ce que laisse entendre un commentaire, la moto ne m'a pas été pretée à des fins publicitaires. J'ai loué la moto avec mes propres deniers, et j'ai décidé d'en faire un billet pour mon plaisir. Rien d'autre ! Le loueur, Paris V-Twin Passion, ne sait pas que je suis blogueur, et ne m'a donc pas consenti la moindre faveur. De même, Harley France n'a été impliqué en rien. Je pensais que cela coulait de source, mais je vois qu'il est nécessaire de mettre les points sur les I, ce qui est franchement regrettable. Ca en dit long sur le manque de crédibilité de la blogosphère et les relations malsaines que certains de ses membres entretiennent avec les marques...

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