Standblog

Tristan Nitot sur les standards du Web, les navigateurs et la technologie

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Recherche - bidouillabilité

mercredi 25 août 2010

En vrac

Notes

[1] Au passage, mais ça n'a aucun rapport avec Mozilla, on notera que le numéro de septembre 2010 du magazine féminin people/mode Glamour a un article de plusieurs pages sur Diaspora !

mercredi 21 juillet 2010

En vrac

Oulah, 15 jours déjà sans billet sur le Standblog ! En voici un, long, qui démontre bien que je ne suis pas (encore) mort !

vendredi 11 juin 2010

En vrac

C'est en vrac et en retard, mais ça fait toujours un peu de lecture pour le week-end :

mardi 1 juin 2010

iPad : au delà de l'esthétique

Pub pour l'iPad : saisie interdite

iPad: No entry (pas d'entrée / pas de saisie)

Vendredi dernier, Apple a sorti en France l'iPad. Ca fait pile 4 semaines que j'ai celui du bureau, et qui me donne souvent l'occasion de rigoler. La scène ressemble généralement à ceci :

  • J'arrive, détendu, l'iPad sous le bras, devant quelqu'un, et je lui lance "t'as déjà vu un iPad ?"
  • On me répond par la négative, des points d'interrogation dans les yeux…
  • Je montre l'engin et, magnanime, je le prête, démontre où il faut cliquer pour les applications les plus spectaculaires (Safari, Plans et Photos) et je laisse la personne jouer 3 minutes.
  • On me le rend à regret, la bave aux lèvres[1] et demande presque toujours : "alors Tristan, t'en penses quoi de l'iPad ?"
  • Et moi de répondre, très sérieusement : "c'est vraiment de la merde !".

Évidemment, après avoir ainsi choqué l'interlocuteur, j'ai du mal à garder mon sérieux. Évidemment, l'iPad est superbe. Finition, interface, rapidité, tout est fait pour en jeter plein la vue. Mais un fois qu'on s'est fait dépouiller d'un demi SMIC pour pouvoir toucher le "futur de l'informatique" du bout des doigts, il reste à savoir ce qu'on va faire de l'iPad, cet iPod Touch géant qui nous ramène à l'époque des CD-ROM… ;-)

Cory Doctorow nous l'explique :

on dirait vraiment le retour de la « révolution » CD-ROM, quand l’industrie du « contenu » proclamait qu’elle allait réinventer les médias, en concevant des produits hors de prix (à fabriquer et à acheter). J’ai commencé ma carrière dans l’informatique en tant que programmeur pour des CD-ROM, et j’ai moi aussi ressenti cet engouement, mais j’ai fini par comprendre que c’était une impasse et que les plateformes ouvertes et les amateurs inventifs finiraient par surpasser les pros roublards et disposant de gros budgets.

Je me rappelle les premiers jours du Web - et les derniers jours du CD-ROM - quand tout le monde s’accordait à dire que le Web et les PC étaient trop « geek », trop compliqués et trop imprévisibles pour « ma mère » (c’est incroyable le nombre de technophiles qui mettent leur mère plus bas que terre). Si on m’avait donné une action d’AOL à chaque fois qu’on m’a dit que le Web allait mourir parce qu’AOL était simplissime et que le Web était un vrai dépotoir, je serais un gros actionnaire. Et mes parts ne vaudraient pas grand-chose.

Je recommande la lecture de l'ensemble de l'article qui est un vrai plaisir.

Pour continuer, une autre lecture, en français aussi, La boutique contre le bazar. C'est un peu plus ardu, mais passionnant[2]

Ce qui me chagrine avec l'iPad, c'est justement qu'il est beau, qu'il va réussir à établir une nouvelle plate-forme matérielle là où d'autres vont échouer. Ce qui me chagrine, c'est qu'Apple, qui donnait le pouvoir aux utilisateurs en 1977 avec l'Apple ][, qui continuait avec le Mac en 1984 en en faisant la machine des créatifs, cherche aujourd'hui avec l'iPad à enfermer ses clients pour les gaver de contenu numérique payant[3] tout en prétendant détester les DRM.

Je pense que l'iPad va avoir du succès. Pas besoin d'être devin pour faire une telle prédiction : le produit est sexy, l'envie a été amplifiée par une presse qui espère trouver en Apple le sauveur du modèle payant. Du coup, deux millions d'iPad ont été vendus en deux mois.

Mais ce que je n'aime pas chez l'iPad d'Apple, c'est la direction dans laquelle nous nous dirigeons en tant que société, où l'utilisateur est réduit à consommer, où la bidouille et la créativité[4] sont interdites, où un gardien décide de ce qui est bon pour vous et donc ce qu'il daigne vous autoriser à utiliser. Et ça, c'est à peu près l'opposé de la société que je souhaite, en tant que père, citoyen numérique et du monde, activiste et et producteur de contenu numérique.

Notes

[1] Et la banane comme un canon, pour ceux qui connaissent leurs classiques ! ;-)

[2] Au passage, on remarquera que Mozilla est le seul des éditeurs de navigateurs à se situer dans le "bloc du centre", celui qui partage et dissémine l'information. Et ça n'est pas un hasard : c'est un choix qui structure tout le projet.

[3] Souvenons-nous que pour Steve Jobs, le Web sur l'iPad est un mal nécessaire et Apple ressemble de plus en plus à AOL.

[4] Et la bidouillabilité et la générativité qui en découlent.

mercredi 26 mai 2010

À propos de l'iPad

L'iPad, nouveau Minitel 2.0

Il y a trois semaines, j'ai acheté un iPad pour le bureau. Trois semaines à le faire passer de main en main, à discuter de la chose, de ce qu'on aime ou qu'on déteste... La liste est longue, car le moins que l'on puisse dire, c'est que la machine ne laisse pas indifférent ! Je vais dans un premier temps parler de l'utilisation de l'iPad, et je compte parler des dangers de la politique d'Apple dans un prochain billet, qui risque fort d'être moins flatteur.

La première impression de l'iPad est positive pour à peu près tout le monde. J'ai l'exemple d'une amie qui commençait à en dire du mal de peur que son mari ne veuille en acheter un, et puis qui est tombée sous le charme... L'objet est beau. Apple sait s'y prendre pour susciter l'envie des consommateurs ! Quelques applications toutes simples d'utilisation démontrent la puissance de l'interface utilisateur : Photos, Plans et Safari sont un bonheur à utiliser et font une forte première impression. On perçoit le potentiel d'une interaction tactile avec l'ordinateur, surtout pour les utilisateurs les plus âgés. Tout parait simple !

Pourtant, sur une longue durée, les sources de frustrations se font nombreuses, et elles rendent très frustrante l'utilisation sérieuse de l'iPad. Par exemple, il n'y a pas de gestionnaire de mots de passe dans Safari (ou s'il y en a un, je n'ai pas réussi à m'en servir). Du coup, impossible de se connecter à des applications Web professionnelles avec le même niveau de confort qu'un Netbook. La saisie de texte dans l'application Notes (non, pas Lotus Notes !) nécessite un nouvel apprentissage. La saisie est certes rapide, mais si vos fautes d'orthographe ne sont pas corrigées à la volée par l'application, on se retrouve à devoir faire de l'édition avec un outil très rudimentaire, donc très frustrant. La saisie des accents est difficile (ils ne sont pas visibles sur le clavier tactile, il faut donc laisser le doigt appuyé pour faire apparaitre une "pop-up") et déplacer le curseur au doigt est pénible et lent. La saisie de texte est pourtant moins pénible qu'on aurait pu le croire au départ. La preuve, ce billet est saisi sur l'iPad !

Aucun doute, la machine fait preuve d'un WOW factor d'autant plus fort que les gens à qui je la montre en ont entendu parler mais n'en ont jamais vu "en vrai". Mais une fois passé cette étape, est-ce vraiment un outil qui peut remplacer un ordinateur portable, un Netbook ou un e-book ?

Probablement pas. Pour moi, l'iPad vient se glisser entre Netbook et e-book, sans avoir l'avantage de ces deux catégories.

Ça n'est pas un ordinateur[1], c'est un bel outil de consommation de contenu, sans pour autant offrir le confort de lecture d'un e-book comme le Kindle d'Amazon. Par contre, la lecture vidéo, l'affichage des photos et de contenu interactif (cartes, pages Web) est assez fascinant.

Au final, je dirais que l'iPad est un outil impressionnant au premier abord par sa facilité d'apprentissage, surtout pour ceux qui ont déjà eu un iPhone entre les mains. Pourtant, à l'usage, on sent bien que le produit n'est pas vraiment fini, car on bute trop souvent sur ses limitations. Il est très probable qu'une version prochaine du système d'exploitation résoudra une partie des ces problèmes, mais je doute que tous seront résolus, car la volonté d'ultra-simplicité fait que l'ajout de fonctionnalités ressemble à autant de verrues (ceux qui ont vu arriver le copier/coller sur l'iPhone comprendront de quoi je parle)...

Conclusion

Damien Douani déclare sur Twitter

je joue avec mon iPad depuis 1 mois, j'encourage les autres à faire la queue vendredi pour obtenir ce magnifique objet pour geeks.

J'ai une opinion très différente sur l'iPad, qui vient du fait que Damien et moi avons une définition différente de geek. Si un geek, c'est quelqu'un qui est dans l'accumulation des derniers gadgets pour le plaisir, alors oui, il faut acheter un iPad. C'est d'autant plus vrai si c'est pour consommer du contenu (vidéos, applications vendues exclusivement sur l'AppStore, consultation de pages Web, utilisation en tant que cadre photo).

Si au contraire vous voulez acheter un outil utile pour remplacer un Netbook et produire du contenu, être productif et multi-taches, créatif et innovant, alors l'iPad n'est pas pour vous, comme il n'est pas pour moi. J'ai du plaisir, comme tout le monde à vivre un instant dans le futur, mais je sens bien que cet objet n'est pas fait pour moi, et son manque totale de bidouillabilité n'est qu'une des raisons, même si ça n'est pas la dernière. Si vous êtes comme moi, débrouillez-vous pour taxer un iPad à un pote, ça vous économisera 500 ou 600 Euros pour un joli device à l'obsolescence programmée (il sera remplacé par un modèle plus abouti dans moins de 18 mois) et à la batterie non rechargeable remplaçable.[2]

Alors, pour ou contre ?

Limitations de l'iPad

  • Plantages fréquents de l'application photo lors de manipulations de photos en haute résolution (21 Mpix dans mon cas)
  • nécessité de le connecter à un ordinateur "maître" pour beaucoup de choses
  • pas de multi-taches pour l'instant, ce qui est probablement un atout pour les seniors et les personnes peu habituées aux ordinateurs
  • les opérations d'édition de texte (sélection, copier/coller, déplacement dans le texte) sont fastidieux
  • les traces de doigts sur l'écran sont très visibles et ça gâche l'esthétique du gadget
  • le poids de l'iPad est trop élevé, ce qui le rend fatigant à la longue
  • la forme de la coque fait que l'étui de protection Apple — qui permet d'incliner l'iPad - est presque indispensable
  • à l'usage, on sent que le système manque de maturité, ce qui n'est pas surprenant.
  • je n'ai pas encore compris à qui cette machine se destine. Probablement pas à moi, en tous cas... Les seniors, les enfants, sûrement...
  • on ne peut pas développer sur cette machine, et c'est regrettable. Si les ordinateurs des années 80 avaient eu ce défaut, s'ils avaient été aussi fermés, on n'aurait jamais eu les informaticiens d'aujourd'hui, de Richard Stallman à Bill Gates, de Linus Torvalds à Valentin Lacambre. (J'ai prévu de parler ce ceci dans un prochain billet).
  • Les applications iPhone peuvent tourner sur l'iPad, mais c'est soi très frustrant (car c'est réservé à un tout petit bout de l'écran), soit ça donne la migraine (car tout est flou). On peut espérer que les applications seront mises à jour pour bénéficier de l'iPad et devenir vraiment utilisables.

Les points positifs

  • c'est beau et rapide !
  • on a un peu l'impression d'utiliser l'ordinateur du futur
  • l'autonomie est excellente (8 ou 10h, je ne suis jamais allé jusqu'au bout)
  • c'est suffisamment simple pour les gens qui ne se font pas à l'ordinateur (jeunes enfants, seniors)
  • Ca va vous faire passer encore plus de temps dans votre canapé, vautré à consommer du contenu abrutissant. Ah zut, j'avais dit que je faisais un billet équilibré ! Ca va "révolutionner la consommation de contenu dans votre salon"

Notes

[1] Techniquement, c'en est un, mais le logiciel qui tourne dessus fait qu'il n'est pas possible de l'utiliser comme tel.

[2] Je me demande si au fond, ce que vend Steve Jobs, c'est pas une preuve (très temporaire) de coolness, comme certains fabricants d'automobiles vendent des 4x4 "statutaires" qui prétendent démontrer votre réussite sociale.

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